Arrêt sur image : sur le tournage de l’Eclat, la fiction « patrimoine » de Rodolphe Viémont, avec Aurélien Recoing et Olivier Py

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Lundi 4 décembre, comme je l’annonçais, je me suis rendu à Cunault (Maine-et-Loire) où se déroulait le tournage d’une des scènes importantes du court-métrage que réalise actuellement Rodolphe Viémont. Ce court-métrage à la production duquel Pèlerin et son concours Un patrimoine pour demain se sont associés. Un film de 26 minutes qui visite avec beaucoup de finesse et de sensibilité le sens profond que beaucoup d’entre nous donnent à la sauvegarde de notre patrimoine.

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(Photos BS)


C’est la très belle église romane de Notre-Dame de Cunault, sur les bords de la Loire, près de Saumur (visitez l’église), qui offrait son cade majestueux à la scène finale de la fiction que tourne Rodolphe Viémont en Anjou jusqu »au 10 décembre. Une église lumineuse et rayonnante, imposante et malgré cela chaleureuse. Le cadre idéal pour le dénouement de cette histoire qui met en scène un artisan d’art nommé Lumens, incarné par le comédien Aurélien Recoing (remplaçant Jean-François Stévenin initialement prévu mais devenu indisponible) restituant un crucifix du 13eme siècle qu’il vient de restaurer, au jeune curé de la paroisse, incarné par l’homme de théâtre Olivier Py.

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Aurélien Recoing, entouré d’Olivier Py (à gauche) et de Rodolphe Viémont (à droite).

A travers l’histoire de la restauration d’une oeuvre d’art, c’est aussi le récit de la vie d’un homme qui se joue. Un homme révolté par un drame qui lui fait perdre ceux qu’il aimait, un homme à l’âme noircie par le désespoir et noyée dans l’alcool, un homme enfin, qui entrant en relation avec un Christ d’une grande beauté, redécouvre l’Autre, la lumière…<

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« On ne fait pas des films par hasard, explique Aurélien Recoing. Lorsque j’ai reçu le scénario, j’ai été très intéressé par la souffrance de cet homme, l’artisan Lumens, et par son désespoir total après la perte de sa famille. Comment survivre après un tel drame ? Cette histoire fait écho dans nos propres vies. Puis on se rend compte que rien n’est définitif. On se perd, on s’est perdu, puis on se retrouve. Par sa dimension méditative et sa capacité à être touché par la beauté, l’artisan entre peu à peu dans une véritable relation avec l’objet qu’il doit restaurer, jusqu’à inventer un dialogue avec lui. C’est une véritable leçon d’amour qu’il apporte là. En retrouvant le goût et la vie, le dialogue redevient possible avec lui-même. Il « ressuscite » en quelque sorte en renaissant à soi-même. Je crois dans cette ouverture incroyable dans le cœur humain que peut créer la rencontre avec l’art, avec l’homme, avec Dieu ».

A observer Aurélien Recoing interpréter le rôle de l’artisan, on vite saisi par sa capacité à habiter pleinement le personnage. Sa carrure imposante s’arrondit au fur et à mesure qu’il pénètre dans l’église, portant le crucifix dans ses bras. L’homme parait alors s’intérioriser, se laisser dominer par la majesté des lieux, par leur transcendance aussi. L’homme devient petit, comme un enfant, ou comme ces personnages que Sempé aime à croquer, perdus sous les voûtes immenses des cathédrales. Le poids de la souffrance pèse visiblement sur ses épaules, mais l’espoir naît aussi dans ce dialogue simple mais tout empreint de gravité qu’il entame avec le prêtre du lieu. « J’ai beaucoup de chemin à faire », déclare Lumens au jeune curé, d’une voix dense et profonde qui donne à chaque mot prononcé un horizon sans fin, une détermination à vivre une aventure redevenue possible. « Moi aussi, il m’arrive d’être pris de vertige quand je pénètre dans une église », confie Aurélien Recoing.

« Il y a un peu de Bernanos dans cette histoire, explique Olivier Py qui interprète le prêtre de Cunault. Il y a de cette poésie de l’absence de Dieu. Pour cet ce comédien qui de déclare doublement « minoritaire » parce qu’il a choisi la théâtre et parce qu’il se dit catholique. Pourquoi avoir accepter de participer à cette fiction ? « Pour une fois, j’ai reçu un scénario qui voulait dire quelque chose », répond-il comme s’il s’agissait d’une évidence…

L’art qui ouvre les cœurs à la vie, à l’amour, à la foi, c’est bien la source profonde du film de Rodolphe Viémont. Elle rejoint en cela notre mission au service du patrimoine, car si nous tenons tant à restaurer tant de vieilles pierres et d’œuvres d’art, c’est bien pour qu’elles puissent parler à nouveau et nous transmettent le précieux témoignage de ceux qui les ont créées.

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En attendant de découvrir ce film en projection et en DVD (on parle de la mi-février), souhaitons bonne chance à Rodolphe et à son équipe pour l’achèvement de cet œuvre. Il reste encore beaucoup à faire et le maître n’a pas encore dit son dernier mot…

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solange S.
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solange S.

j’ai ete touchée par cette histoire de la rencontre de cet homme avec ce christ à restaurer,de celui bléssé par la vie avec celui bléssé par les ans …et ce qui s’en suivi