Eglises de l’Aube : oui la menace est réelle !

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Dans une note datée du 13 décembre, un lecteur nous interpellait sur « l’état de délabrement des églises de l’Aube ».

Jacky Provence, éditorialiste du site internet champenois auboisementcorrect.com, me confime que la menace est bien réelle. Ce sujet devrait faire l’objet de prochains articles sur le site.

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Voici l’intégralité de sa réponse :


 » L’orchestre symphonique de l’Aube voulait donner un concert dans l’église de Bar-sur-Seine pour son 500e anniversaire, mais elle n’a pu le faire ; on craignait qu’un tel concert soit dangereux. Un tel exemple n’est-il pas révélateur ? Il suffit de faire le tour extérieur puis intérieur pour se rendre compte de l’état de l’Eglise : des voûte maintenues depuis longtemps une armature de poutrelles d’acier, des filets tendu sous voûte, de l’eau qui s’écoule depuis ces voûtes lors de grandes pluies et détériorant tableaux, bancs et statuaire, déambulatoire nord-est et ses chapelles interdits…

Mais il n’y a pas que Bar-sur-Seine, la communes des Riceys a trois églises (C’est presque l’histoire de Cadet-Roussel). Celle de Riceys-Bas a été remarquablement restaurée, mais les autres sont interdites. A Fouchères, il serait urgent de consolider les deux piliers du chevet… Elus et Bâtiments de France sont conscients du problème, mais le nerf de la guerre c’est le financement !!!

Il ne faut cependant pas dramatiser, toutes les églises ne sont pas dans cet état et certaines communes ont fait de gros efforts pour mettre en place une politique de restauration, Je peux en citer quelques unes, celles que je connais le mieux, mais il y en a beaucoup d’autres : Villerets, Chappes, Chauffour-les-Bailly, Beurey, Polisy, Riceys-Bas, Villemoyenne, Courtenot, Bourguignons… »

Je vous conseille également cet excellent article de Jacky Provence publié le 16 décembre sous le titre La valorisation du patrimoine aubois : quels enjeux ? ». Il s’agit d’un superbe plaidoyer « fédérateur » en faveur de la sauvegarde et de la valorisation de tous nos héritages, y compris religieux. N’en déplaise à ceux qui au nom d’une conception de la laïcité que je ne partage pas, voudraient interdire aux pouvoirs publics le devoir d’entretenir les églises, les temples et leur mobilier.

Constatant que le patrimoine de l’Aube est essentiellement religieux, l’auteur explique notamment : « La société française avant la Révolution ne peut se concevoir et se comprendre sans une dimension religieuse. L’élément le plus commun de notre patrimoine est l’édifice religieux qui est au centre de chaque village ou de chaque quartier : l’église. Aujourd’hui, ce sont les communes qui sont propriétaires de cet héritage. Sa conservation et sa valorisation relèvent donc du service public. Les chercheurs qui étudient ce patrimoine, les professionnels du patrimoine, ceux qui oeuvrent à assurer ce service public, ne le font pas dans un but de prosélytisme. Leur rôle n’est pas de diffuser une croyance, mais une connaissance, afin de mieux comprendre ce patrimoine, de comprendre son contexte, comprendre pourquoi toutes ces oeuvres ont été réalisées, sur quels modèles, comment ont circulé les idées, les techniques. « 

Et je le rejoins également quand il écrit : « Ne pas entretenir les églises auboises et leurs riches collections, c’est offrir moins de travail à bien des corps de métiers. C’est plus encore participer à la désertification du milieu rural. C’est faire disparaître une partie du caractère identitaire des villages. Ainsi, ne faut-il pas préserver un héritage et une culture légués par nos ancêtres, même si on n’adhère pas à cette culture religieuse ? C’est avant tout apprendre à la respecter, c’est un premier pas vers le respect des autres cultures et religions. L’intolérance est souvent le fait d’une incompréhension et d’une méconnaissance. L’historien, l’architecte, le chercheur amateur et bien d’autres encore travaillent pour donner des clés afin de mieux connaître et mieux comprendre ce patrimoine. « 

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Couverture du guide des « Eglises accueillante de l’Aube »,
édité en 2001 par la Pastorale des Loisirs et du Tourisme.

Lire également mes notes précédentes :
Les églises de l’Aube sont-elles en péril ? »
Une mission parlementaire visite le patrimoine angevin
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1 Commentaire sur "Eglises de l’Aube : oui la menace est réelle !"

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buffard
Invité

Un article du Parisien parlait d’églises en bois dans l’Aube vouées à la destruction. Est-ce vrai ? Qu’en est-il ? De quelles communes s’agit-il ? Merci.