Le patrimoine religieux dans la presse (2007)

Article pouvant être lu en 89 minute(s) (hors éléments audio ou vidéo)

Au sommaire de ma revue de presse
(Rubrique régulièrement actualisée)

Polémique autour de la cathédrale d’Amiens le Figaro 27 décembre 2007
Un parvis restauré pour la cathédrale de Reims L’hebdo du vendredi 21 décembre 2007
Aude – Littoral Limoux: la vierge noire décapitée La Dépêche du Midi 2 octobre 2007
Bayeux (Calvados) Le vitrail de la cathédrale restauré à Trévières Ouest France 27 septembre 2007
Albi Le feu dans l’église serait bien criminel La Dépêche du Midi, 17 septembre 2007
Albi présente les rares manuscrits anciens de la cathédrale Sainte-Cécile 20 Minutes, 15 septembre 2007
Nos églises sont-elles menacées ? Pèlerin 13 septembre 2007
Sondage Les Français sont « choqués » par la destruction d’églises Pèlerin 13 septembre 2007
Enquête Peut-on démolir des églises ? Le Monde.fr 12 septembre 2007
Michel clément : « Je ne crois pas que le patrimoine cultuel soit en péril » La Croix 11 septembre 2007
Patrimoine: l’avenir des églises est affaire de concertation, estime Mgr Dagens Le Monde.fr 11 septembre 2007
Trésors sous haute surveillance La Dépêche du Midi 24 aout 2007
Finistère Une chapelle bretonne du 16e siècle incendiée et taguée Ouest France 17 juin 2007
Enquête Au nom du paganisme celte Le Monde, 27 juin 2007
La Russie revendique la propriété de l’église orthodoxe de NiceLe Monde.fr, 17 mai 2007
Nuits-Saint-Georges Jusqu’au 31 octobre L’église Saint-Symphorien s’expose au musée Le Bien Public, 17 mai 2007
Finistère Un calvaire du XIVe siècle vandalisé à Langolen Ouest France 14 mai 2007
Maine et Loire Valanjou veut détruire un de ses trois clochers Ouest France 4 mai 2007
Beaune Un centre européen pour la culture cistercienne Le Bien Public 3 mai 2007
Philippe de Champaigne, un peintre engageant 20 Minutes, 2 mai 2007
Montauban L’église du couvent des Augustins va ressusciter La dépêche du Midi, 3 avril 2007
Record battu pour les enchères de Toques et Clochers Midi Libre , 2 avril 2007
Rennes La chapelle de la Sainte Famille rouvre dimanche Ouest France, 30 mars 2007
Angers Grands travaux pour la Ville dans huit églises Ouest France 26 février 2007
La Seine maritime reprend l’abbaye de Jumièges Territrial.fr (vendredi 23 février 2007)
Découverte dans une église d’Isère d’immenses peintures murales du XIVe siècle (20 minutes, 9 février)
Notre-Dame de Kerluan (Finistère) Cachez ce sein… (Le Télégramme, 9 février)
Saint-PoL-de-Léon Les stalles des Ursulines partent à Vannes (Le Télégramme, 9 février)
Cathedrale St-Andre (Bordeaux) Sainte-Marguerite en pleine lumière (Sud Ouest, 9 février)
Cathédrale (Bayonne) L’hôte de la tour (Sud Ouest, 8 février)
Quimper Les pompiers en exercice incendie à la cathédrale (Ouest France, 7 février)
Lorraine Mémoire juive (Le Républicain Lorrain, 26 janvier 2007)
À Winnezeele, le ministre veut voir les panneaux de la chaire volés en 1977, puis restitués (La Voix du Nord, 7 janvier 2007)


Polémique autour de la cathédrale d’Amiens le Figaro 27 décembre 2007
La construction de deux petits immeubles au pied du monument suscite l’opposition des riverains. Le projet a cependant reçu l’aval des Monuments historiques.
Il suffit souvent que des grues se dressent dans un quartier historique pour que les riverains se hérissent. Alors, quand un chantier vient frôler la cathédrale d’Amiens, un monument du XIIIe siècle classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1981, l’exaspération pointe. Ainsi, certains Amiénois regardent ces temps-ci avec un œil peu amène la construction d’un ensemble de bâtiments sur le parvis nord, à une dizaine de mètres de la façade gothique.

Un parvis restauré pour la cathédrale de Reims L’hebdo du vendredi 21 décembre 2007
« Classée patrimoine mondiale par l’UNESCO, la Cathédrale de Reims dispose désormais d’un parvis digne de ce nom. Les travaux auront duré 16 mois et coûté près de 5,9 millions d’euros pour une restructuration et une rénovation totale…
Les architectes ont œuvré afin de retrouver l’esprit des lieux à partir d’un plan datant du XVIIIème siècle…
Mais aussi réussi soit-il, le parvis de la Cathédrale de Reims ne constitue que l’élément principal de ce grand chantier visant à redonner toute sa splendeur à ce quartier historique. En effet, d’autres travaux sont encore prévus et pourraient débuter dès 2008. Toutes les rues entourant l’imposant édifice subiront à terme un lifting et seront traitées dans un esprit piétonnier. »

Aude – Littoral Limoux: la vierge noire décapitée La Dépêche du Midi 2 octobre 2007
DDM
Faits divers. La célèbre madone noire a été décapitée à Notre-Dame-de-Marceille, dans la nuit de dimanche à lundi. Le manteau est également volé.
Connue depuis le Moyen Âge, la statuette limouxine, 55 centimètres de haut, taillée dans un bois dur et noir, a pourtant une valeur surtout spirituelle.
Selon les croyances, « celui qui voit la statue lui sourire est sûr d’obtenir la grâce qu’il désire. »
Le cambriolage s’est déroulé dans la nuit de dimanche à lundi, dans la basilique de Notre-Dame-de-Marceille à Limoux. Le manteau et la tête de la vierge de Marceille ont été dérobés. Seul le Jésus que la madone noire porte dans son bras gauche est resté intact. D’après les premières constatations, aucun autre objet n’a été volé dans la basilique cette nuit-là.
Hier matin, les électriciens de l’entreprise Robert ont donné l’alerte en arrivant sur le chantier de rénovation. « Je suis arrivé peu de temps après, vers 9 heures », raconte André Fenet, membre de l’association chargée de veiller sur l’édifice religieux de la route de Pieusse. « En rentrant dans la basilique, ils ont vu que l’électricité avait sauté durant la nuit. Quand j’ai vu la vierge dans cet état, j’ai été très choqué ».
Pourtant dimanche, à 19 heures, André Fenet se rappelle qu’il a verrouillé normalement Notre-Dame-de-Marceille : « J’ai fait mon tour d’inspection comme d’habitude, avant de fermer la porte d’entrée. Il me semblait qu’il n’y avait plus personne à l’intérieur. Mais le ou les auteurs du vol avaient dû se cacher dans le chœur pour opérer dans la nuit. L’alarme de la grille de protection de la vierge ne fonctionnait pas depuis quelques temps. Il était facile de la fracturer».
La gendarmerie de Limoux s’est très vite rendue sur place, accompagnée d’un technicien en identification criminelle pour relever les moindres indices. Aucun élément ne permet encore de privilégier une piste.
L’évêque dira une messe vendredi
Déjà volée dans les années « 80 », la vierge noire avait été récupérée un mois plus tard chez un antiquaire lillois. Y a-t-il eu un nouveau service commandé pour la voler ? Le réseau est-il le même que celui qui a dérobé ces derniers mois le trésor de la cathédrale de Perpignan et vandalisé l’église de Leucate ?
Connue depuis le Moyen Âge, la statuette limouxine, 55 centimètres de haut, taillée dans un bois dur et noir, a pourtant une valeur surtout spirituelle. Objet de dévotion depuis des lustres, elle possède aussi, selon la légende, des pouvoirs miraculeux. Selon les croyances, « celui qui voit la statue lui sourire est sûr d’obtenir la grâce qu’il désire. »
Mgr Planet, évêque de Carcassonne se dit scandalisé par cette « profanation commise au sanctuaire de Notre-Dame-de-Marceille. » Vendredi, à 18 heures, il se déplacera à la basilique Notre-Dame-de-Marceille pour dire une messe.

Bayeux (Calvados) Le vitrail de la cathédrale restauré à Trévières Ouest France 27 septembre 2007
La verrière axiale de la cathédrale de Bayeux a été constituée à partir d’un vitrail du XIIIe siècle. Restaurée elle est replacée aujourd’hui.
« C’est un très gros chantier. La verrière mesure 5 m sur 1,40 m et est composée de 24 panneaux », détaille le restaurateur Vincent Jaillette, meilleur ouvrier de France en 2 000. Avec Emmanuelle, il a passé des centaines d’heures à redonner de la lisibilité au vitrail. « Il était tellement noirci par le temps que personne ne savait plus ce qu’il représentait. Nous avons travaillé avec un protocole de nettoyage approuvé par le laboratoire des Bâtiments de France. Nous avons un agreement pour ce type de restauration dans le respect des techniques anciennes », explique Vincent. Passionné par son travail, il a redonné vie, pour un nouveau siècle, à la verrière. La restauration s’est faite dans le respect de l’origine et la particularité du verre à base de potasse. « Nous avons repris les restaurations grossières antécédentes pour effacer toutes les grosses réparations. Soit en utilisant une colle, soit en utilisant une soudure cuivre et étain toute en finesse. Le but est de redonner un maillage de plomb semblable à celui d’origine du XIIIe. »
Pas question de jeter quoi que se soit, le moindre fragment est utilisé et replacée par micro plomb. Et quand un morceau de verre est absent, Vincent pose une greffe qu’il a, au préalable, peinte et cuite au four comme par le passé. Le résultat sera visible aujourd’hui sur la cathédrale de Bayeux. Vincent et son équipe vont poser la verrière sur l’armature métallique également refaite pas un spécialiste de l’Eure. La restauration, demandée par le Service départemental d’Architecture et patrimoine du Calvados aura coûté 21 000 € pour redonner vie à une pièce vieille de huit cents ans

Le feu dans l’église serait bien criminel La Dépêche du Midi, 17 septembre 2007
ALBI. L’INCENDIE S’ÉTAIT DÉCLARÉ SAMEDI APRÈS-MIDI DANS LE CONFESSIONNAL DE SAINT-JOSEPH.
Par principe, « on part toujours sur l’hypothèse criminelle, quitte à l’éliminer ensuite si le feu est accidentel. Cela permet de mener d’entrée toutes les investigations et les auditions nécessaires pour ne pas laisser échapper un élément qui pourrait être utile à l’enquête. Le nom de toutes les personnes présentes sur les lieux de l’incendie est noté et tous les témoignages relevés. Les premières heures sont cruciales pour élucider ce genre d’affaire », explique un policier.
Malgré le week-end, le commissariat d’Albi a mis le paquet, après le feu survenu samedi en début d’après-midi, dans l’église Saint-Joseph, boulevard Montebello dans le centre d’Albi. Du personnel a été rappelé. Comprenant l’identité judiciaire et deux enquêteurs, une équipe a travaillé uniquement sur ce dossier.
Ce ne sont pas les dégâts, limités au confessionnal, aux trois bancs environnants et à un enfumage généralisé de la nef, qui motivent cette mobilisation, mais le principe. Un feu dans une église, cela ne se voit pas tous les jours. « Ce n’est jamais anodin. Ce type de bâtiment, ouvert en permanence au public, est difficile à protéger. On ne lâchera pas », promet un enquêteur.
LE BÂTIMENT RESTE FERMÉ PAR PRÉCAUTION
Confirmant les premiers doutes, la thèse criminelle semblait avérée, hier soir. Elle est confirmée par les constatations. Le confessionnal était lové dans une alcôve isolée, au fond à gauche dans le transept. Un feu ne peut pas partir tout seul dans ce genre de meuble. L’identité judiciaire a fait des prélèvements. Les résultats ne seront pas connus de suite. Les analyses permettront d’indiquer si un « comburant » a été utilisé pour enflammer le confessionnal et quelle est sa nature.
Toutes les personnes dans l’environnement de l’église susceptibles de fournir des renseignements ou d’orienter vers une piste sont aussi entendues.
Sur place samedi après-midi, Jean-Claude Vinceneau, curé d’Albi-Sud, jugeait « choquant et inquiétant qu’on s’en prenne à des objets religieux dans une église ».
La quantité de fumée dégagée était telle que le prêtre préfère laisser l’église fermée dans un premier temps. Une mesure de précaution pour protéger les fidèles, « au cas où il resterait des émanations ». A.-M.D.

Albi présente les rares manuscrits anciens de la cathédrale Sainte-Cécile 20 Minutes, 15 septembre 2007
Une trentaine de manuscrits allant du VIIe au XIIe siècles, témoins de l’âge d’or de la vie culturelle locale, dont la plus ancienne carte du monde connue et treize parchemins avec annotations musicales, sont exposés à la médiathèque d’Albi dans le cadre des Journées du Patrimoine.
L’exposition rassemble pour la première fois tous les manuscrits albigeois du Haut Moyen-Age aujourd’hui conservés, dont certains prêtés par la Bibliothèque nationale de France.
Ils démontrent que la cité tarnaise d’Albi, sans passé romain, a su forger son identité à l’aube du Moyen-Age par le travail raffiné des clercs de sa cathédrale Sainte-Cécile. Dès le VIIe siècle ces lettrés recopient et réunissent des livres juridiques, théologiques ou liturgiques. Leur scriptorium (atelier d’écriture) connaîtra son apogée au XIIe siècle.
La « mapa mundi » exposée, la plus ancienne carte du monde connue, date du milieu du VIIIe siècle. Elle atteste du renouveau intellectuel du haut Moyen-Age qui a vu Albi devenir un pont entre l’héritage antique et la naissance de la culture chrétienne médiévale.
Le plus célèbre de l’ensemble exceptionnel des treize manuscrits musicaux présentés est le « Graduel d’Albi » datant de la fin du IXe ou du début du Xe siècle. Il contient la plus ancienne attestation connue de notation musicale archaïque dite « protoaquitaine ». Les variations du rythme de la mélodie y sont indiquées sur le parchemin par des virgules, points ou traits. Il témoigne de la lente pénétration de nouveaux usages liturgiques francs dans le Midi.
L’exposition présente également des manuscrits de la période autour de l’an 1100. Le scriptorium, alors dirigé par l’archidiacre Sicard, connaît un âge d’or avec la réalisation de manuscrits à thèmes liturgiques d’une parfaite maîtrise technique et artistique. Trois des oeuvres présentées portent la signature du maître.
Enfin sont présentés quatre obituaires, ou livres des morts, dont les plus anciens datent du XIIe siècle. Les clercs y notaient les noms et les dates de mort des défunts pour lesquels ils célébraient des offices.
L’exposition ouvre le 13 septembre et se poursuivra jusqu’au 15 décembre 2007. © 2007 AFP

Nos églises sont-elles menacées ? Pèlerin 13 septembre 2007
Que vont devenir nos milliers d’églises de campagne fermées ? Des maires ne veulent pas les entretenir, dautres en détruisent pour en reconstruire des nouvelles. L’Etat investit beaucoup pour sauver des clochers. Comment faire pour que ces églises redeviennent des lieux vivants ? Enquête
L’Etat entretient, l’Eglise exerce le culte
Alors que des maires – une poignée – ont décidé d’abattre leur église, souvent pour édifier un lieu plus adapté -, 53 % de nos concitoyens s’avouent « choqués » dans le sondage Pèlerin TNS Sofrès. Et 67 % déclarent qu’il faut « chercher à préserver le plus grand nombre d’églises ».
Ce sondage en donne la raison : l’église, pour une majorité de Français, représente « un élément important du patrimoine », un témoignage du passé qu’il convient de préserver, même si son utilité n’est plus aussi évidente qu’autrefois. Les maires sont au cœur de cet enjeu.
Dans la foulée des lois de séparation des Eglises et de l’Etat (1905, 1907, 1908…), la propriété des 60 000 églises paroissiales de France a échu aux 36 679 communes, à charge pour elles de les entretenir.Parallèlement, la loi a « affecté » ces bâtiments – gratuitement et de façon pérenne – aux prêtres et aux fidèles pour l’exercice du culte. Seule, une « désaffectation » – autorisée par l’évêque – permet à la commune de vendre son clocher ou d’en faire un musée.
De même, toute destruction est censée recevoir l’accord de l’évêque.« Or, depuis 1905, les municipalités ont oublié d’entretenir convenablement leurs églises au profit des écoles, des routes… résume Frédéric Murienne, conservateur des Monuments historiques de la région Champagne-Ardenne. C’est pour cela qu’aujourd’hui, les urgences s’accumulent, alors que les zones rurales se sont dépeuplées et que la fréquentation des églises a diminué. »
Les efforts financiers des pouvoirs publics
A partir des années 1950, la population s’urbanise, tandis que « 80 % des églises sont à la campagne », souligne Béatrice de Andia, présidente de l’Observatoire du patrimoine religieux. « Ecoles, perceptions, tabacs ont fermé. L’église, elle, est demeurée, explique Félicité Gasztowtt, conseillère juridique à la Conférence des évêques. Les curés arpentent la campagne, parcourant des milliers de kilomètres pour assurer souvent le dernier et le plus essentiel des services de proximité ! »
Et la plupart des maires, courageusement, battent la campagne pour décrocher des subventions. Car les devis de sauvetage se chiffrent en millions d’euros… Certains n’hésitent pas à endetter la commune afin de sauver ce « cœur du village », susceptible d’attirer des touristes et de l’emploi. « La collectivité publique fournit d’énormes efforts financiers, même s’il y a des retards et des insuffisances », insiste Marie de Bouteiller, du Comité pour le patrimoine cultuel (ministère de la Culture).
Certains maires, plus rares, font des choix draconiens. La rénovation de la mairie plutôt que celle de l’église. L’abandon d’une église quand ils en possèdent plusieurs. La destruction pour reconstruire plus petit, plus adapté. Ceux-là se heurtent à la volonté farouche des défenseurs du patrimoine. Ainsi, l’association de René Cottenceau à Valanjou (Maine-et-Loire) a sauvé l’église Saint-Martin. Une autre, à Sury-ès-Bois (Cher), rassemblant la moitié des 300 habitants du village, a fourni au maire le complément nécessaire à la restauration d’une église du XIe siècle…
Les églises en mauvais état seront détruites
Evêques et prêtres interviennent prudemment. « Ils ne se reconnaissent pas le droit d’inciter les autorités à dépenser l’argent public, constate Marie de Bouteiller. Les relations avec l’Etat se sont apaisées, mais le sujet reste sensible. Et ils sont submergés de soucis pastoraux. Leur préoccupation première n’est pas le patrimoine ! »
Pourra-t-on sauver toutes les églises menacées ?
Non, conviennent leurs défenseurs les plus acharnés. « Dans les quinze prochaines années, affirme Philippe Richert, vice-président du Sénat, auteur d’un rapport sur les monuments classés, la question des églises de campagne se posera avec acuité. Sans doute faudra-t-il accepter que certaines en très mauvais état, qui ne sont pas des témoignages majeurs de l’architecture religieuse, soient détruites. Pour les autres, pas question de baisser les bras ! » Il propose d’affecter aux monuments protégés (dont 30 % soit 14 000 sont des bâtiments cultuels) une part des recettes de la Française des Jeux.
Mais le problème n’est pas tant financier qu’humain. « Comment faire pour que les églises redeviennent l’âme des villages, le lieu de rassemblement comme elles l’étaient il y a trente ans ? », demande le P. Raymond Baraché, organisateur d’un colloque sur ce thème, en 2005, dans le diocèse de Valence.
58 % des Français, selon notre sondage, souhaitent que les églises « soient utilisées pour d’autres types d’activités » que le culte et se disent majoritairement favorables à des « activités culturelles ». Des paroisses investissent dans l’art contemporain, profitent des travaux de rénovation pour développer une catéchèse. Cela suffira-t-il ?
Pas pour le P. André Gouzes, compositeur de musique sacrée et directeur de l’abbaye de Sylvanès (Aveyron) : « Avec la contre-réforme du XVIe siècle, l’église est devenue un lieu où s’expriment, avec génie et de façon solennelle, la piété et la liturgie. L’heure est venue de retrouver des traditions plus anciennes, celles du Moyen Age et de l’Orient chrétien, quand le peuple des baptisés se rassemblait aussi à l’église pour des activités civiles. Pourquoi celle-ci n’abriterait-elle pas des réunions, une bibliothèque religieuse, des repas ? Jean-Paul II a bien été à l’église Santa Maria in Trastevere, à Rome, participer à un repas de Noël avec des clochards ! »
Philippe Demenet avec Benoît Fidelin

Sondage Les Français sont « choqués » par la destruction d’églises Pèlerin 13 septembre 2007
Quasiment tous concernés par ces questions, les Français veulent préserver la plupart de ces églises menacés, qui, selon eux, pourraient être aussi utilisées pour des activités culturelles
1/Dans différentes régions de France, des églises en mauvais état ou peu utilisées sont aujourd’hui détruites. Vous, personnellement, comment réagissez-vous à cette situation ?
Cela vous choque : 53 %
Vous y êtes indifférent : 21 %
Vous pensez que c’est inévitable : 22 %
Sans opinion : 4 %
2/D’une manière générale, pensez-vous :
Qu’il faut chercher à préserver le plus grand nombre d’églises : 67 %
Qu’il est inévitable qu’un certain nombre d’entre elles soient détruites : 28 %
Sans opinion : 5 %
3/ Plus précisément, qu’est-ce qui correspond le mieux à ce que vous pensez ?*4/Vous-même, pensez-vous que les églises doivent être exclusivement réservées à l’exercice du culte catholique ou qu’elles pourraient aussi être utilisées pour d’autres types activités ?
Les églises sont des éléments importants du patrimoine : 64 %
Les églises font partie de la vie et des souvenirs de beaucoup de gens : 56 %
Les églises font partie de l’identité de la France : 49 %
Les églises sont des lieux et des symboles importants pour la vie spirituelle des Français : 41 %
Les églises coûtent cher à entretenir : 31 %
Les églises n’ont pas toutes un réel intérêt architectural : 26 %
Sans opinion : 2 %
4/ Vous-mêmes, pensez-vous que les églises doivent être exclusivement réservées à l’exercice du culte catholique ou qu’elles pourraient aussi être utilisées pour d’autres activités ?
Les églises doivent être exclusivement réservées à l’exercice du culte catholique : 37 %
Les églises pourraient être aussi utilisées pour d’autres types d’activités : 58 %
Sans opinion : 5 %
5/Et seriez-vous plutôt favorable ou plutôt défavorable à ce que les églises puissent être utilisées pour chacune des activités suivantes ?
Les églises doivent être exclusivement réservées à l’exercice du culte catholique : 37 %
Les églises pourraient être aussi utilisées pour d’autres types d’activités : 58 %
Sans opinion : 5 %
Sondage réalisé par TNS Sofres du 25 au 27 juillet 2007, auprès d’un échantillon national de 1 000 personnes, interrogées en face-à-face selon les méthodes des quotas (sexe, âge, profession) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

Enquête Peut-on démolir des églises ? Le Monde.fr 12 septembre 2007
Il n’est pas certain que les travaux débutent avant les élections municipales de mars 2008, mais le maire de Valanjou (Maine-et-Loire) est déterminé : la flèche et la chambre des cloches de l’église Saint-Martin-de-Joué seront détruites. Par seize voix contre une, le conseil municipal en a décidé ainsi au printemps. « Nous avons trois églises pour 2 000 habitants ; sur l’année, le coût moyen d’entretien d’une église s’élève à 12 000 euros. La mairie n’a pas les moyens de financer les travaux de remise en état », constate simplement Bernard Briodeau.
L’élu reconnaît avoir fait face à « un choix difficile » mais, en dépit de l’opposition d’une partie de ces administrés, ne regrette pas « avoir mis le pied dans cette affaire ». « Je comprends la charge symbolique de ce lieu ; mes propres enfants y ont été baptisés ! Mais cessons de parler de patrimoine », lance-t-il. « Le département compte plus de 300 églises de ce type. A Saint-Martin, seule la base date du XVe siècle et il n’a jamais été question pour nous de détruire cette partie-là ! » La destruction de la partie haute de l’église coûtera « dans les 280 000 euros ». Le maire est en quête de subventions.
A l’image de Valanjou, des milliers de communes rurales supportent la charge de lieux de culte construits avant la loi de 1905 et s’interrogent sur l’avenir de ces bâtiments. Le patrimoine cultuel français compterait de 40 000 à 100 000 édifices, dont 13 000 sont classés monuments historiques, selon le ministère de la culture. La politique de regroupements paroissiaux imposée ces dernières années par la baisse de la pratique religieuse a entraîné la fermeture totale ou partielle de centaine d’églises.
Pour autant, à peine une dizaine d’entre elles est directement menacée de destruction. Et quelques communes seulement sont passées à l’acte, reconstruisant souvent dans la foulée un lieu de culte mieux adapté à la population concernée. « Depuis une dizaine d’années, on constate que la destruction d’une église n’est plus un sujet tabou », relève quand même Alain Guinberteau, fondateur du site 40000clochers.com, qui effectue un recensement photographique des églises françaises.
L’Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association récente, qui milite activement pour la préservation des églises, estime « qu’un nombre important des 100 000 bâtiments religieux risque de tomber en déshérence dans les trente ans à venir ». L’OPR, dont la présidente d’honneur est Bernadette Chirac, s’efforce, avec une poignée d’associations locales de défense du patrimoine, de populariser un sujet porteur d’une forte charge symbolique. Selon un sondage publié dans le magazine Le Pèlerin daté du jeudi 13 septembre, et rendu public mardi, lors d’un colloque organisé au Sénat dans le cadre des Journées juridiques du patrimoine, 67 % des personnes interrogées estiment en effet qu’il faut chercher « à préserver le plus grand nombre d’églises ».
Dans certains endroits, le sujet donne lieu à des batailles juridiques sans fin entre association de défense et mairie. Fermée depuis près de vingt ans, l’église d’Arc-sur-Tille (Côte-d’Or) a été promise à la destruction par la mairie en 2005. Créée en 1991, l’association locale Une église pour Arc-sur-Tille (UEPA) s’efforce de sauver le bâtiment. Un ultime rapport d’expert est attendu pour le mois d’octobre. A Eréac (Côtes-d’Armor), c’est au sein même du conseil municipal que s’est manifestée l’opposition au projet porté par Elie Geffray, adjoint au maire et prêtre. « En 2004, au moment où des travaux sont devenus nécessaires sur l’église, j’ai proposé que ce lieu, restauré par des financements publics, puisse servir à toute la population et que l’on réserve la nef et les bas-côtés à des activités culturelles. » L’idée a été rejetée à une voix près. « Aujourd’hui, on a un édifice cultuel remis en état, mais qui ne sert à rien. On y célèbre une messe tous les deux mois, un enterrement de temps en temps. »
Avec d’autres responsables catholiques, M. Geffray reste pourtant persuadé que « donner une nouvelle affectation aux lieux de culte est la condition de leur survie », d’autant que la dégradation de centaines d’églises, bâties à la hâte au XIXe siècle pour affirmer l’emprise de l’Eglise catholique sur le territoire et aujourd’hui sous-utilisées, va s’accélérer dans les prochaines années. En France, une évolution à l’anglo-saxonne, avec la transformation d’édifices religieux en bâtiments privés aux fonctions les plus insolites – lofts, bars ou boîtes de nuit -, semble pourtant exclue. De même que la cession d’églises à d’autres cultes, comme ce fut le cas récemment en Angleterre, où une église méthodiste a été transformée en mosquée.
Au niveau national, les représentants de l’institution catholique préfèrent insister sur les efforts réalisés par les collectivités locales pour la préservation des églises ou sur la nécessaire application concertée de la loi de 1905. « La destruction d’églises est un épiphénomène », confie l’un des membres de l’épiscopat. « Leur avenir dépend de la manière dont la présence catholique peut être reconnue dans notre société », a estimé Mgr Claude Dagens, lors du colloque organisé au Sénat. Quant à l’éventuelle cession d’une église aux musulmans en quête de lieu de culte, « il n’en est pas question », confie l’évêque d’Angoulême, confronté à cette demande il y a quelques années. « Une affectation cultuelle est liée à l’histoire de manière durable : une église catholique est faite pour le culte catholique. Cela ne nous empêche pas de plaider pour la construction de lieux de culte musulmans décents. »
Stéphanie Le Bars
Article paru dans l’édition du 13.09.07

Michel clément : « Je ne crois pas que le patrimoine cultuel soit en péril » La Croix, 11 septembre 2007
Alerté par plusieurs cas d’églises menacées ou détruites qui ont ému l’opinion, le Sénat organisait mardi 11 septembre un colloque consacré à la protection du patrimoine cultuel. Michel Clément, directeur du patrimoine, répond à ces inquiétudes.
« Je ne crois pas que le patrimoine cultuel soit en péril. La France, du fait de son histoire religieuse, possède un patrimoine cultuel très riche. On estime à 40 000 environ le nombre d’églises ou chapelles sur notre territoire. Un très grand nombre de ces monuments sont aujourd’hui protégés au titre de la loi sur les monuments historiques.
Faut-il inscrire un plus grand nombre d’édifices cultuels au titre des monuments historiques ? La position du ministère de la culture est très claire sur ce sujet : cette protection doit être fondée sur des critères scientifiques et doit rester sélective. Les églises médiévales sont aujourd’hui bien protégées. Il reste à protéger des édifices cultuels du XIXe siècle et à poursuivre l’examen des constructions du XXe siècle, notamment celles bâties après guerre. Mais on peut considérer que la majorité des édifices cultuels français intéressants sont aujourd’hui inscrits ou classés.
Le patrimoine religieux appartenant au ministère de la culture, principalement les cathédrales, n’est pas en situation de péril. Il nécessite des moyens importants et même s’il y a eu dans le passé des tensions budgétaires, l’État joue bien ici son rôle protecteur.
Reste la question des églises non protégées au titre des monuments historiques. Tous ceux qui ne sont pas classés ne sont évidemment pas à détruire. Le ministère peut apporter son expertise technique comme il l’a fait pour l’église menacée d’Arc-sur-Tille (Côte-d’Or). Mais c’est à l’ensemble de la société de se mobiliser. Les maires, les associations, le clergé, les habitants eux-mêmes doivent prendre ce patrimoine en mains. Et l’entretenir ! Car le manque d’entretien est souvent à l’origine de dégradations irréversibles.
La sauvegarde de ces édifices cultuels passe par une réflexion essentielle sur leur usage. Car l’utilisation d’un monument est un des atouts de sa préservation dès lors que celle-ci n’exige pas des aménagements incompatibles avec ses qualités architecturales. Sauver ce patrimoine représente un enjeu symbolique fort qui touche aux valeurs culturelles de notre pays. C’est aussi un enjeu urbain. En détruisant une église, un maire fait souvent une grave erreur car c’est autour d’elle que s’est structuré tout un tissu architectural et humain.
Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, va charger Bruno Foucart et le comité pour le patrimoine cultuel qu’il préside de lui faire des propositions concernant la sauvegarde du patrimoine religieux. »
Recueilli par Sabine GIGNOUX

Patrimoine: l’avenir des églises est affaire de concertation, estime Mgr Dagens Le Monde.fr, 11 septembre 2007
AFP 11.09.07 | 20h10
L’avenir des bâtiments du culte catholique en France dépend des concertations et des coopérations entre l’Eglise et l’Etat, a déclaré mardi Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, au cours d’un colloque au Sénat sur l’avenir du patrimoine cultuel.
Il était invité à répondre à la question de savoir si l’Eglise « veut encore de ses églises ». Il a invité à examiner « avec rigueur » la situation des bâtiments de culte et dit que la plupart des communes assuraient de plus en plus la protection de ce patrimoine.
« L’Eglise ne veut pas être considérée comme défaillante dans la protection du patrimoine religieux », a-t-il insisté. IL a rappelé que du fait de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat, l’entretien et la préservation de la grande majorité des bâtiments cultuels étaient à la charge de la collectivité (municipalités ou Etat).
« Dans notre France laïque, les bâtiments catholiques font l’objet d’un intérêt qui va bien au-delà de la population pratiquante », estime-t-il. Selon lui, « l’avenir des églises dépend dans une large mesure de la manière dont la présence catholique peut être reconnue dans notre société ».
Il faut, selon Mgr Dagens, que l’Eglise accepte de travailler avec d’autres, qu’elle ait avec les municipalités et les services culturels, des relations « normales », c’est-à-dire régulières, pas seulement quand il y a des problèmes à propos de l’état ou de l’utilisation d’un édifice.
Il ne prend pas parti quant à l’usage culturel des églises, mais « ne se résigne pas à une co-gestion cultuelle et culturelle des églises ».
Avant lui, Pierre Le Floch maire de Saint-Sulpice de Favières (Essonne) avait raconté son « parcours du combattant » pour rassembler les fonds nécessaires à la restauration de l’église de son village, dont une partie remonte au XIIème siècle.
Béatrice de Andia, fondatrice de l’Observatoire du patrimoine religieux, assure de son côté que de nombreuses églises sont menacées de disparition et s’alarme de cette atteinte à l’identité nationale. Pour elle, les églises sont des « icônes d’identité ». Elle appelle de ses voeux un « clergé rebâtisseur ».
A l’occasion de ce colloque, le magazine Pèlerin a publié un sondage selon lequel 53% des Français sont « choqués » quand des églises en mauvais état sont détruites. 21% sont « indifférents ». 22% pensent que c’est « inévitable ».

Trésors sous haute surveillance La Dépêche du Midi 24 aout 2007
VOL D’ŒUVRES D’ART. MUSÉES ET ÉGLISES DANS LE COLLIMATEUR.
Depuis le vol des quatre toiles du musée des Beaux-Arts de Nice, les musées et les églises de France tremblent. Gendarmes et policiers de l’OCBC (*) ont beau traquer sans relâche les audacieux voleurs, des œuvres d’art continuent de disparaître. Qui sera le prochain à essuyer un gros coup ? Toulouse n’est pas épargné par la menace. Les réseaux internationaux, qui utilisent les œuvres comme caution dans le cadre de trafics de drogue, guettent la moindre faille dans les systèmes de sécurité. Accrochés aux murs de la Ville rose : un Renoir à un million d’euros mais aussi des Delacroix, des Monet, des Picasso, des Canaletto,… autant de toiles qui font saliver les trafiquants.
La cathédrale Saint-Étienne est une intime des voleurs d’œuvres d’art. En novembre 2005, on lui dérobait un reliquaire. En mai 2006, on lui arrachait un angelot au burin. Et la semaine dernière, des pièces d’une valeur « inestimable » disparaissaient de la sacristie. Mais Saint-Étienne n’est pas la plus à plaindre : en Haute-Garonne, le coup d’éclat reste le vol des tapisseries d’Aubusson à la Collégiale de Saint-Gaudens (voir par ailleurs).
Aucun lieu n’est à l’abri des disciples de Breitwieser (le plus célèbre voleur français, avec à son actif plus de deux cents vols d’œuvres d’art, surnommé « l’Arsène Lupin des musées »).
Sécurité maximale chez Bemberg : « À l’hôtel d’Assezat, confie un vieux roublard pour qui la fondation n’a aucun secret, six gardiens se promènent dans les étages pendant les heures d’ouverture. Ajoutés à cela, des dizaines de caméras, un veilleur de nuit, des portes lourdement cadenassées, des alarmes prêtes à rugir et des grilles barrant les escaliers. » Dans les autres musées toulousains, Saint-Raymond, les Augustins ou les Abattoirs, les systèmes de sécurité sont similaires.
Demeure le problème des églises. Quand celles-ci possèdent des œuvres classées « Monuments Historiques », l’État s’occupe systématiquement de mettre en place une sécurité renforcée, régulièrement mise à l’épreuve. C’est le cas du trésor de Saint-Sernin. Mais si les œuvres ne sont pas classées, comme à Saint-Étienne, la sécurité dépend du bon vouloir du propriétaire de l’église : l’État si c’est une cathédrale, la ville sinon. Il arrive ainsi que les œuvres fassent l’objet d’une surveillance inadéquate étant donné leur valeur. « Il y a moins souvent de gardiens dans les églises que dans les musées, confie un expert, et les voleurs sont au courant. »
G. S.
(*) Office central de lutte contre le trafic des biens culturels.
Un vol de plusieurs millions à la cathédrale
Une semaine après la découverte d’un vol particulièrement important à la cathédrale Saint-Étienne, les enquêteurs de la police judiciaire cherchent toujours l’indice qui va leur permettre de suivre la bonne piste. Pas de témoin, pas de signalement, pas de trace… L’énigme est totale alors que la liste des objets volés s’étale sur plus de 15 pages et recense 91 pièces ! Un butin inestimable et, aussi, inestimé. « Des pièces uniques dont personne ne connaît l’exacte valeur », prévient un enquêteur. Plusieurs millions d’euros semble-t-il pour ces pièces d’orfèvrerie dont les plus anciennes datent du XVIe siècle. Vingt-deux calices, quatre ciboires, trois croix processionnelles en argent, des bougeoirs, ostensoirs et autres patènes ont disparu sans laisser de trace. Les policiers de la PJ, en liaison avec l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels ne croient pas à l’acte d’un voleur de passage. « Le ou les voleurs ne se sont pas trompés. Ils ont laissé les objets en étain, sans valeur. Ils avaient l’œil exercé », estime un membre de la PJ. Ils n’ont quand même pas négligé les 1 700 € laissés là par un prêtre. En juillet, la cathédrale de Rennes a subi un vol semblable. Un homme originaire des pays de l’Est a été interpellé. Une partie des objets volés a été retrouvée en Belgique. Une piste ? « Simple hypothèse », répond la PJ qui s’intéresse beaucoup aux caméras de surveillance de la préfecture. En espérant que ces vidéos fournissent le bout de piste qu’il manque actuellement.
Jean Cohadon
Volées en 1989, les tapisseries de Saint-Gaudens retrouvées aux USA
En 1989, deux tapisseries d’Aubusson de sept mètres de long furent dérobées à la Collégiale de Saint-Gaudens. Datant du XVIIIe siècle, le « Triomphe de la foi » et le « Martyre de Saint-Gaudens » sont inestimables. Par chance, six ans plus tard, une documentaliste du musée d’Aubusson dans la Creuse identifie les toiles dans le catalogue de la fameuse galerie d’art Sotheby’s à New York. Aussitôt, elle alerte les autorités. Commence alors un long processus pendant lequel les ministères de la Culture, de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères négocient avec le FBI pour récupérer les œuvres. « Les Américains n’ont pas la même intransigeance que nous en matière d’œuvres d’art, confie une experte du dossier. » Finalement, après une longue et pénible procédure, les tapisseries purent être rachetées par la France et le vendeur, qui lui-même les avait acquises en toute légalité, fut blanchi. Après une odyssée de sept ans, le « Triomphe de la foi » et le « Martyre de Saint-Gaudens » regagnèrent le mur de la Collégiale.
Photographiez votre œuvre
Les 29 membres de l’office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) disposent d’une arme fatale pour identifier une œuvre volée : le fichier « Treima » Basée sur le même principe que les outils informatiques permettant de déceler les images à caractère pédophile, cette base de données unique au monde répertorie les photos et descriptions détaillées de près de 80 000 œuvres d’art volées. Le lieutenant-colonel de l’OCBC Pierre Tabel conseille vivement aux particuliers qui détiendraient des objets d’art de photographier les œuvres en leur possession. Dans le cas d’un vol, le particulier pourra immédiatement enregistrer les photos de l’objet dérobé dans la base de données Treima et multiplier ainsi les chances de le retrouver. Toutes les informations complémentaires sont sur le site Internet du ministère de l’Intérieur (OCBC).
des œuvres de maître
Picasso, Renoir, Bonnard, Delacroix, Miro, Toulouse-Lautrec, Gauguin, Le Tintoret… les « produits d’appel » ne manquent pas dans les musées toulousains. Certes, la fondation Bemberg, installée dans le cadre prestigieux de l’hôtel d’Assézat a fait singulièrement remonter la côte. Mais, malgré ses trésors (à noter le « Cupidon » de Cranach, la « Jeune fille au peignoir moucheté de Bonnard, et par, dessus tout la « « Jeune fille » de Renoir estimée à 1 million d’euros), cette collection ne saurait éclipser les autres avec lesquelles « elle agit en complémentarité », selon l’expression de Philippe Cros. Celles des Augustins en particulier (ou chevauche le sultan du Maroc, peint aux environs de Meknès par Delacroix, et où sont rassemblés, dans la perspective qui conduit aux sculptures de Camille Claudel et Rodin, les chefs-d’œuvre majeurs de la statuaire du Moyen âge). Celles aussi des Abattoirs (plus de 2000 œuvres modernes et contemporaines représentant les avancées de 670 artistes dont Miro, Barcelo, Poliakoff, Duchamp… avec, en majesté, le gigantesque rideau de scène de Picasso). Et que dire de celles du musée Saint-Raymond, de son spectaculaire alignement de sarcophages, de ses inestimables témoignages gallo romains, et précisément sur les tribus gauloises qui habitaient la Tolosa antique, ces Volques Tectosages dont on peut admirer aujourd’hui le travail d’orfèvre au travers des « torques », ces bijoux en or découverts en bordure de Garonne, à Fenouillet. Ici aussi, des joyaux de l’art wisigoth, datant de l’époque où Toulouse était la capitale de cet empire éphémère. À découvrir aussi la collection de bustes romains découverts dans les ruines de la villa Chiragan à Martres-Tolosane. J.-J. R.

Finistère Une chapelle bretonne du 16e siècle incendiée et taguée Ouest France 17 juin 2007
C’est la consternation à Loqueffret, dans les monts d’Arrée : la chapelle de La Croix a été incendiée.
Des tags ont été trouvés à l’intérieur.
« J’ai vu de la fumée à 6 h du matin, quand je suis allé aux champs, raconte Jean-Jacques Buzit, agriculteur à Brasparts dans la ferme la plus proche de la chapelle de La Croix. Mais je ne me suis pas inquiété : les randonneurs viennent souvent camper là, et font du feu. Mais quand je suis revenu pour le petit-déjeuner à 8 h, je voyais du rouge dans les bois. J’ai téléphoné de suite aux pompiers. Et je suis allé voir. Tout le toit, sur toute la longueur de la chapelle, était en flammes. »
Les sapeurs-pompiers de Brasparts n’ont rien pu faire. « Quand nous sommes arrivés, explique Yves Paugam, le chef des sapeurs-pompiers, tout était embrasé. Il ne restait qu’un tiers de la toiture, qui s’est effondré peu après ». La chapelle de La Croix, du XVIe siècle, inscrite aux monuments historiques, a été entièrement détruite. « Il ne reste que les murs, et le clocher », commente le commandant Denis Nauret, commandant la compagnie de gendarmerie de Châteaulin, resté sur place toute la journée. Les tables et les chaises qui servent au pardon de septembre, mais aussi les quatre statues polychromes, sont également parties en fumée.
« L’hypothèse criminelle est la piste privilégiée. Il n’y a pas d’électricité dans la chapelle. Et des tags ont été retrouvés ». La grande porte à deux battants a été fracturée, et sur un pilier du porche après l’entrée, apparaît un tag inscrit à la bombe avec les lettres : TABM. En dessous, une croix chrétienne tête en bas. Un sigle qui se rapproche de ceux découverts sur divers monuments religieux du sud Finistère, il y a à peine plus d’un mois, sur des calvaires et des fontaines, et sur une chapelle. Ni la gendarmerie ni le Parquet n’écartent l’hypothèse de mouvements sataniques. « La chapelle de La Croix est un lieu hautement symbolique », précise le commandant Denis Nauret.
Ces faits récents ont poussé le parquet de Quimper à diligenter une enquête, en lien avec le groupement de recherche criminelle de la gendarmerie à Paris. Ils sont à rapprocher aussi des graves dégradations commises début 2006 dans le Finistère et le Morbihan. La chapelle de Saint-Tugdual (Morbihan) avait été entièrement détruite par un incendie, peu après la profanation de 63 tombes au cimetière de Saint-Thurien, près de Quimperlé (Finistère). Un couple arrêté à Nantes en février 2006 avait reconnu être l’auteur de tels faits.
« Ça nous met un coup sur la tête, se désole Jean-Claude Albert, le maire de Loqueffret. Les travaux de rénovation de la chapelle devaient débuter lundi. Nous avions mis deux ans à monter ce dossier de 300 000 €. Tout est à refaire ». La chapelle est totalement isolée, entourée de hauts arbres, au coeur du bois de Bodriec. Elle est accessible par un chemin qui emprunte le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer Rosporden-Plouescat sur deux kilomètres. Il a été facile pour des vandales de pénétrer dans l’édifice sans éveiller la curiosité du voisinage.
Dans les monts d’Arrée, l’inquiétude est grande. Jusqu’à présent épargné, le Centre-Bretagne, autrement isolé que le pays bigouden, craint pour ses chapelles.
Philippe ATTARD.

Enquête Au nom du paganisme celte Le Monde, 27 juin 2007
QUIMPER (FINISTÈRE) ENVOYÉ SPÉCIAL
A Quimper et alentour, la fin d’un cauchemar coïncide avec un coup de théâtre. La série de profanations et de dégradations de calvaires opérées entre le 8 et le 20 mai, et qui avait culminé à la mi-juin avec l’incendie criminel d’une chapelle, semble close. Mais les trois hommes arrêtés le 21 juin par la gendarmerie, mis en examen et écroués, n’ont pas le profil attendu. Agés de 21 et 22 ans, les trois suspects, dont l’identité n’a pas été révélée – on sait juste qu’ils sont originaires du Finistère sud, sans emploi pour deux d’entre eux, le troisième travaillant dans une collectivité locale – ne sont pas les « satanistes » que de nombreux indices laissaient imaginer.
Selon Anne Kayanakis, procureur de Quimper, les suspects, en reconnaissant les faits, se sont présentés comme des défenseurs des « cultes païens anciens », sans faire la moindre référence à Satan. En s’attaquant à des monuments religieux – souvent édifiés sur d’anciens sites celtiques -, ils voulaient dénoncer « la toute-puissance de la religion chrétienne qui a fait disparaître les traces des cultes païens ». Ils jugent « anormal » d’entretenir avec des fonds publics des chapelles et des calvaires alors que les mégalithes druidiques et certains sites mythiques ne font pas l’objet des mêmes soins.
La singularité de leur motivation s’inscrit dans un contexte culturel particulier. Très attachée à ses racines et travaillée par un imaginaire peuplé de fées, d’elfes et autres figures légendaires, la Bretagne constitue un terreau favorable pour l’ésotérisme et l’occultisme. Cela n’enlève rien à la gravité des faits passibles de vingt ans de réclusion. Suivre à la trace la chevauchée, si peu héroïque, de ces « cavaliers de l’apocalypse » relève du chemin de croix. Ce sont en effet ces monuments, balisant presque chaque carrefour de la Bretagne, qui ont été leurs cibles, dans un périmètre de quelques dizaines de kilomètres du Finistère sud.
La première profanation a été commise à Gouesnac’h, dans la nuit du 7 au 8 mai à la chapelle de Saint-Cadou. Dans la nuit du 11 au 12, c’est à Langolen qu’un calvaire du XIVe siècle a été mis à bas. Cinq nuits plus tard, la même rage destructrice frappait les calvaires de la chapelle du Drennec, à Clohars-Fouesnant, de la chapelle Saint-Thomas, à Pleuven, et de la chapelle du Perguet, à Bénodet.
Dans la nuit du 17 au 18, les profanateurs ont franchi l’Odet, qui marque la « frontière » du pays bigouden et du pays fouesnantais, pour barbouiller la fontaine de la chapelle Notre-Dame de la Clarté, à Combrit, puis la fontaine de la chapelle Sainte-Côme, à Plomeur. Enfin, le 20 mai, c’est à Ergué-Gabéric, près de Quimper, que la chapelle Ker Devot a été l’objet de dégradations.
Chaque fois, l’inscription « TABM » était tracée à la peinture noire, souvent accompagnée d’une croix renversée, signature attribuée aux adorateurs de Satan. Et le mode opératoire, celui d’un commando. Des cordes, tirées par un véhicule, ont dû être utilisées. Pierre Floc’h, sculpteur sur pierre, qui restaure régulièrement des calvaires après des dégradations, est formel : « Sur les cinq lieux où l’on m’a demandé de faire des expertises, une tension a été exercée à partir du haut pour faire basculer les fûts qui parfois ont été cassés en dizaines de morceaux. Mises à part les croix de mission du XIXe siècle, la plupart des monuments datent du XVIe siècle. On a recensé plus de 3 000 calvaires et 350 chapelles, rien que dans le Finistère. »
Jean Loaec, maire de Pleuven, précise : « Les calvaires, toujours tournés vers l’Occident, commémorent la crucifixion et comportent au moins trois personnages tandis que les croix ne représentent que le Christ crucifié. Elles marquent parfois les anciennes limites d’une communauté monastique. »
Après le 20 mai, les raids nocturnes ont cessé. A la veille de la saison estivale, toute la région respirait mieux. Scandalisés par ces atteintes à un patrimoine historique autant que religieux, certains esprits s’étaient échauffés. Ici ou là, des tours de garde étaient envisagés. « Au-delà du coût pour les contribuables, nous sommes choqués de voir que ces actes odieux ne provoquent aucune réaction médiatique comme quand des lieux de culte ou des cimetières juifs ou musulmans sont vandalisés », s’indigne un commerçant de Bénodet, en dénonçant « une tolérance à l’égard de la christianophobie ».
Dans la nuit du 15 au 16 juin, les hostilités ont repris, un cran au-dessus : la chapelle de Loqueffret, au coeur des monts d’Arrée, soit à plus de 60 km des premiers lieux vandalisés, a été incendiée, toujours avec la même signature, tracée sur un pilier du porche, « TABM ».
A l’écart du bourg de Loqueffret, il faut parcourir plus d’un kilomètre à travers bois pour découvrir la chapelle de la Croix aux dimensions d’une église et la douce harmonie des édifices du XVIe siècle. Cernée de chênes et de châtaigniers, la chapelle est peu fréquentée mais les villageois s’y rendent en foule, en septembre, pour le pardon. De ce monument historique, datant de 1522, il ne reste que des murs noircis, des moignons de poutres calcinées et des amas d’ardoises brisées. « La charpente et des statues polychromes du XVe siècle ont été détruites. Alors qu’un chantier de rénovation de 300 000 euros devait commencer deux jours plus tard, tout est à refaire, se lamente le maire, Jean-Claude Albert, soulagé que les incendiaires soient « hors d’état de nuire ».
Le mercredi 20 mai, une lettre de revendication adressée à la rédaction du quotidien Le Télégramme aurait pu lever une partie du mystère. « True Armorik Black Metal » s’y présentait comme un groupuscule extrémiste anti-ecclésiastique qui prétendait « laver la terre d’Armorique des intrus qui y ont pris place sans le moindre respect pour nos racines celtiques ». Jusque-là, les enquêteurs qui s’étaient orientés vers les milieux sataniques attribuaient le sigle « TABM » à True Aryan Black Metal, une frange extrémiste de la mouvance musicale Black Metal qui revendique une filiation avec le diable. Figure emblématique de cette tendance dure, le chanteur américain Marilyn Manson, dont les fans se comptent par millions, devrait donner un concert, cet été, dans les Côtes-d’Armor…
En annonçant qu’ils feraient « tomber les icônes symbolisant la faiblesse d’esprit », les signataires menaçaient : « Nous allons frapper encore et encore. » Amateurs de Black Metal, ils ne se référaient pourtant pas plus aux Aryens qu’au maître des ténèbres.
Robert Belleret

La Dépêche du Midi, 26 juin 2007
MIERS. LE SITE DÉDIÉ À LA PRÉHISTOIRE A ÉTÉ INAUGURÉ EN GRANDES POMPES LE 23 JUIN. TOUS S’ACCORDENT À RECONNAÎTRE SON INTÉRÊT.
L’archéosite des Fieux ouvert au public
On se sentait ramené à des millénaires en arrière lors de cette matinée du 23 juin, à Miers. Jean-Pierre Brouqui, maire de la commune, et Marie-Hélène Malaurie, présidente de la communauté de communes du pays de Padirac, avaient invité les personnalités régionales, départementales et locales, ainsi que la population à faire un grand retour vers l’antiquité, à l’occasion de l’inauguration de l’archéosite des Fieux, désormais ouvert au public. L’homme de Néenderthal, « à l’image de brute animale », n’a pas troublé la cérémonie même si Vincent Moure, préhistorien à l’université de Toulouse Le Mirail, l’a évoqué lors de son exposé sur le site. Précédé par Jacques Jaubert, professeur de préhistoire à la faculté de Bordeaux, qui a qualifié le site de « peu spectaculaire mais relevant un défi pour la communauté des chercheurs » et fait un parcours des couches que représente ce site des Fieux.
En l’occurrence, il s’agit d’une zone profonde de 10 m, où 25 couches différentes se sont accumulées tout au long de la préhistoire. « C’est un vivier de formation pour les étudiants qui viennent ici du monde entier », a souligné Vincent Moure.
L’occasion d’illustrer une rencontre entre une faune très ancienne (mammouths, bisons) et des hommes représentés par des outillages comme les silex. Un matériau qui est arrivé ici depuis une autre région du Lot et qui illustre déjà un transport de matériaux.
Les travaux de mise au jour ont commencé en 1966 sous l’égide de F. Champagne. Un vibrant hommage lui a été rendu : sa ténacité a, en ce jour, remarquablement abouti.
Les personnalités présentes ont, dans des interventions très concises, souligné les intérêts de ce lieu. Pour Marie-Hélène Malaurie, c’est l’échelle des temps ; pour Gérard Michel, c’est la richesse patrimoniale inégalée du département du Lot ; et pour Martin Malvy, ce sont les cent mille ans d’histoire « avant Uxellodunum » qui ont retenu son attention. Ce que Marcelle Pierrot, la préfète du Lot, qualifiera d’une « plongée dans les racines de notre humanité. »
Le site des Fieux attend dorénavant les amoureux de notre préhistoire.
Lucien Vayssié

Nice Matin 20 juin 2007
Alpes maritimes
La découverte des chapelles et hameaux oubliés des A.-M.
On les croyait oubliés à jamais. Comme si l’histoire avait définitivement condamné à l’abandon ces vestiges d’un patrimoine pourtant exceptionnel.
Eh bien non : même s’ils remontent parfois à un passé moyenâgeux parmi les plus lointains, hameaux et chapelles d’un autre temps sont toujours à redécouvrir. Grâce notamment au très beau livre que leur consacrent Claude Raybaud et Richard Wacongne aux éditions Gilletta-Nice-Matin (1).
Qui proposent ainsi 45 itinéraires propres à inspirer les plus belles randonnées dans toutes les vallées des A.-M. Pas une, en effet, qui n’ait un témoignage de ces époques reculées où les itinéraires pédestres et muletiers passaient plutôt par les sentiers escarpés des crêtes que par les fonds de vallées.
Abri et réconfort
Abri pratique ou réconfort spirituel, ces chapelles isolées furent aussi le moyen choisi par les villageois alors pour attirer sur leurs lieux d’habitation la protection des saints. Dans l’espoir, en particulier, de conjurer l’arrivée du fléau numéro 1 : la terrible peste !
Des exemples bien choisis et illustrés par nos auteurs ? Saint-Antoine de Clans, Saint-Sébastien de Roure, Sainte-Macaire de Lieuche. Mais de la Tinée à la Roya, de la Vésubie au Haut-Var, du Cians à l’Estéron, on pourrait les multiplier.
Lieux de pèlerinage, patrimoine architectural certes souvent assez sommaire, entreprises de restauration : autant de points de rencontres sur lesquels se rendre, bien sûr, à la belle saison qui commence.
Accompagné d’alléchantes photos, chacun des itinéraires proposés fourmille d’indications pour effectuer les approches dans les meilleures conditions. Avec tous les renseignements utiles pour une bonne marche d’accès. De quoi concilier amour de la nature, forme physique et plongée dans l’histoire…
1. Editions Gilletta-Nice-Matin. 128 pages, 30 euros.
G.B.

La Russie revendique la propriété de l’église orthodoxe de NiceLe Monde.fr, 17 mai 2007
NICE CORRESPONDANT
Une singulière bataille juridique oppose la Russie au père Jean Gueit, recteur de l’église orthodoxe de Nice, la basilique Saint-Nicolas. La Fédération de Russie cherche en effet à mettre la main sur cette superbe cathédrale, classée monument historique. Un bâtiment achevé en 1912, après dix ans de travaux, notamment grâce aux dons des émigrés russes exilés sur la Côte d’Azur. Cet édifice, commandé par la famille impériale, est cher au coeur des descendants des 3 000 Russes qui s’étaient réfugiés dans les Alpes-Maritimes après la révolution d’Octobre.
La Fédération de Russie, selon des sources judiciaires, a présenté une requête par l’intermédiaire de son ambassadeur pour qu’un huissier puisse venir réaliser un inventaire du bâtiment, avec tout son contenu : mobilier, objets d’art, icônes et bijoux. Une ordonnance du tribunal de grande instance de Nice, délivrée le 23 novembre 2005, autorise la Fédération de Russie à faire procéder à cette recension. Le recteur de la cathédrale, le père Jean Gueit, doyen des églises russes orthodoxes du Sud-Est, y est farouchement opposé ainsi que la plupart de la centaine de paroissiens : « L’Etat russe affirme que cet édifice est sa propriété. Or la basilique Saint-Nicolas a été construite avec les fonds des familles proches de l’empereur sur un terrain dont une partie avait été concédée par la famille impériale. La cathédrale a un statut juridique français. Elle est régie par une association cultuelle orthodoxe, selon la loi de 1905, qui est propriétaire. »
Depuis que des huissiers ont surgi, le 7 février, afin de procéder à l’inventaire, le recteur a fait aussitôt fermer les lourdes portes de la basilique — un des édifices les plus visités de Nice (90 000 personnes par an). « C’est fermé provisoirement », explique le gardien à des touristes massés devant les grilles. Sur le parvis, un paroissien de 45 ans, descendant d’émigrés russes, fait part de son émotion : « Cette église est le bien de notre communauté orthodoxe. Je m’insurge contre cette volonté de la Russie de s’emparer d’un bien qui appartient également au patrimoine français. »
Aussitôt après la visite des huissiers, le père Jean Gueit a introduit en urgence une requête en rétractation afin de casser l’ordonnance du tribunal autorisant l’inventaire. La décision devrait être rendue le 23 février. Si le tribunal confirme le bien-fondé de la demande de la Fédération de Russie, la force publique est susceptible d’être requise. « Mais nous n’enverrons pas les CRS, précise-t-on au cabinet du préfet. Il s’agit d’un édifice cultuel. »
Une épreuve de force est engagée, dont cet inventaire ne constitue qu’une première étape pour la Fédération russe, qui s’estime l’héritière légitime de cette paroisse. « L’empereur Nicolas II engagea ses fonds personnels en achetant une propriété pour y édifier cette basilique, rappelle Me Pierre Bardi, avocat de l’Etat russe. En 1908, en pleine construction, il a accordé un bail emphytéotique pour une durée de 99 ans à ce qui est aujourd’hui l’association cultuelle orthodoxe russe de Nice. Lors de révolution d’Octobre 1917, les biens de la famille impériale ont changé de main. Puis, en 1991, ce fut au tour de la Russie de prendre possession de tous les biens appartenant à l’ancien pouvoir soviétique dont la cathédrale de Nice. »
De nombreux descendants de Russes blancs exilés sur la Côte d’Azur estiment, quant à eux, défendre leur patrimoine. « Nos familles ont fait de nombreux dons et offert des objets de valeur à cette église tout en participant à sa construction », assure l’un d’eux, âgé de 71 ans. « Les héritiers de nos bourreaux veulent reprendre le patrimoine des émigrés russes, s’insurge Alexi Obolansky, vice-président de l’association cultuelle orthodoxe de Nice, qui gère la basilique. Le peu de biens qu’ils ont réussi à emmener de Russie, ils les ont donnés pour embellir ce lieu de culte. Il n’y a aucune raison pour que la Russie nous en dépossède. »
Ultime facteur de trouble : cette bataille s’inscrit dans un contexte religieux tendu où s’oppose depuis des décennies le patriarcat de Constantinople, auquel est rattachée l’église, et celui de Moscou.
Paul Barelli

Nuits-Saint-Georges Jusqu’au 31 octobre L’église Saint-Symphorien s’expose au musée Le Bien Public, 17 mai 2007
Le musée, qui a rouvert ses portes le 2 mai, consacre cette année son exposition temporaire à Saint-Symphorien. Visite.
A près sa fermeture annuelle hivernale, le musée a fait sa réouverture le 2 mai en proposant une nouvelle exposition temporaire, consacrée cette année à l’église Saint-Symphorien, dont la restauration engagée depuis une dizaine d’années vient de s’achever.
Mieux connaître Saint-Symphorien
L’exposition, officiellement inaugurée lundi, a pour objectif de donner une plus grande connaissance aux visiteurs de ce monument classé à l’inventaire des monuments historiques.
Construite en plusieurs époques entre le XIIe et le XVIIe siècle, Saint-Symphorien a gardé l’empreinte romane et cistercienne du début de son édification avec une inspiration gothique, style qui s’est développé tout au long du XIIIe siècle. L’exposition, qu’ont présentée Nicolle Laborier, responsable des affaires culturelles de Nuits et Laurence Joignerez, attachée au musée, se développe en quatre volets répartis sur quatre espaces, illustrés de nombreux documents et photographies. Il y est ainsi question dans un premier temps du contexte historique. Le second espace est consacré quant à lui à la présentation de l’église Saint-Symphorien proprement dite. Il permet en particulier de découvrir le reliquaire et les angelots. Le troisième volet fait une large place à la restauration, qui a notamment permis de mettre au jour de splendides peintures murales. Enfin, la dernière salle est consacrée au lieu de culte qui est avant tout le rôle de l’église, et permet de présenter les maquettes du nouveau mobilier de l’autel, du bâton de procession et autres objets liturgiques.
L’inauguration s’est terminée par un buffet, après que Xavier Dufouleur, maire de la ville ait rappelé les diverses étapes qui ont permis de procéder à cette restauration dont le coût d’un montant de 1,8 million d’euros a bénéficié de diverses subventions à hauteur de 60 %, le solde de 800 000 euros ayant été pris en charge par la commune. A cette occasion, il n’a pas manqué de féliciter les responsables et services qui ont mis en place cette exposition de qualité.
A savoir. – Le musée est ouvert toute la semaine (sauf le mardi) de 10 à 12 heures et de 14 à 19 heures, jusqu’au 31 octobre prochain. Tarif 2,20 euros (réduit 1,30). Gratuit pour les moins de 12 ans. Visite commentée pour les groupes sur réservation. Tél. 03 80 62 01 37.

Finistère Un calvaire du XIVe siècle vandalisé à Langolen Ouest France 14 mai 2007
Il fallait bien connaître la région ou alors avoir effectué un sérieux repérage pour découvrir et mettre à bas le calvaire Zant-Huel niché au détour d’une petite route de la campagne langolinoise. Cet acte signé d’un mystérieux sigle ABM et d’une croix renversée pourrait être l’oeuvre d’un groupe satanique. En tout état de cause, les auteurs de ce méfait ont dû disposer d’un véhicule relativement puissant et de câble d’acier de forte résistance pour faire basculer la croix.
Au regard des inscriptions laissées à la base du monument, il y a tout lieu d’inférer que l’on a ici affaire à des individus doués d’un certain sang-froid et d’une pratique certaine de ce genre d’exaction. Des maisons d’habitation ne sont en effet pas très éloignées quant au bombage noir, on peut remarquer qu’il a été effectué avec le plus grand soin. Il va sans dire que l’émoi dans le voisinage et chez les élus est grand.
La gendarmerie de Chateauneuf-du-Faou chargée de l’enquête n’a pour l’instant pas jugé utile de communiquer sur l’affaire. Il faut noter tout de même qu’en début du mois de mai, deux calvaires situés sur la commune de Gouesnac’h avaient subit le même sort et tout comme à Zant-Huel, étaient signés de la croix noire renversée suivie des lettres ABM.

Maine et Loire Valanjou veut détruire un de ses trois clochers Ouest France 4 mai 2007
La décision devait être prise hier soir, au conseil municipal. Le maire estime que restaurer l’édifice coûterait trop cher. Un défenseur du patrimoine s’y oppose.
C’est un village paisible de 2 135 habitants niché au pied de la colline des Gardes, le point culminant du département. Valanjou est né le 1er janvier 1974 de la fusion de deux communes. D’un côté Joué-Etiau, de l’autre Gonnord. « A l’époque, on a hérité de trois paroisses, et trois églises ! », se souvient le maire, Bernard Briodeau, élu depuis 2001. Un lourd héritage qu’il faut entretenir, bichonner pour éviter les susceptibilités des paroissiens. Trente années s’écoulent et l’entretien de ce patrimoine coûte décidément cher à Valanjou : « De 12 000 € à 15 000 € par an », affirme le premier magistrat. En 2002, le clocher de l’église Saint-Martin de Joué (dont les débuts de la construction remontent au XIIe siècle) présente « des signes de faiblesse ». Le maire décide de prendre un arrêté de fermeture pour raison de sécurité. « Ensuite, nous avons entrepris des études pour savoir combien la restauration de l’ensemble de cet édifice pouvait coûter. » Les devis s’enchaînent, jusqu’au dernier : la réparation complète de l’église s’élèverait à 1,8 million d’euros. « Insupportable pour la commune de Valanjou. »
Une autre option est alors envisagée, moins coûteuse. Garder la tour défensive avec sa toiture en détruisant tout le reste. « Ce projet nous coûtait 1 million d’euros. Toujours trop cher… »
« On ne peut pas déconstruire… »
Hier soir, au cours du conseil municipal, le maire devait proposer de conserver la base du clocher datant du XVe siècle en laissant la nef, le choeur et le transept.
Mais de faire sauter la flèche et la chambre des cloches qui menacent de s’écrouler.
Le coût de l’opération qui devait être présenté au conseil municipal s’élèverait à 384 000 €. Les travaux pourraient démarrer avant la fin de l’année. « Je sais que c’est un choix douloureux vis-à-vis d’une certaine population. Mais il faut être raisonnable. On choisit, et notre choix est fort », explique Bernard Briodeau.
Descendre la chambre des cloches ? René Cottenceau, conseiller municipal et président de l’association de sauvegarde et de valorisation du patrimoine de Valanjou, s’y oppose farouchement. « La flèche pose souci, mais on peut ne pas déconstruire la chambre des cloches. Car après, il n’y aura plus aucun intérêt de garder la tour défensive. Comme défenseur du patrimoine, je ne peux pas laisser faire cela. » Pour lui, le maire « affole tout le monde » avec des chiffres « faramineux ».
En soupçonnant le maire de vouloir « manoeuvrer » en vue des prochaines élections municipales (l’élu pourrait se retrouver en face de lui), René Cottenceau ajoute : « Plusieurs experts ont examiné l’église : elle n’est pas en si mauvais état. Par ailleurs, elle possède un intérêt décoratif non négligeable avec des statuettes en terre de bonne qualité, et vingt-et-une verrières décoratives classées. Il m’étonnerait que l’architecte des Bâtiments de France laisse cette démolition se faire… »
Fidèle à ses convictions, le maire ne veut rien savoir. « De toute façon, nous ouvrons la voie : la prochaine équipe municipale ne pourra se permettre de maintenir trois lieux de culte sur la commune. » A Valanjou, les cloches de la discorde n’ont pas fini de sonner.
Arnaud WAJDZIK.

Beaune Un centre européen pour la culture cistercienne Le Bien Public 3 mai 2007
La culture cistercienne bénéficie désormais d’un centre européen qui lui est dédié : le CERCCIS. Il est implanté au cœur même de son sujet : l’abbaye de Cîteaux, maison mère de la famille cistercienne.
F ruit de « douze années de réflexions tenaces », aux dires du père abbé de Cîteaux, Dom Quenardel, le centre européen pour le rayonnement de la culture cistercienne – CERCCIS – est aujourd’hui une réalité. Il a pris place au cœur même de son sujet : l’abbaye de Cîteaux. Vendredi, nombre de personnalités ont participé à son inauguration officielle, ponctuée comme il se doit en pareils lieux par une bénédiction. Auparavant, Dom Lode, père abbé d’Orval, en Belgique, a évoqué durant un remarquable exposé « celui, dira-t-il en exergue, qui a contribué comme personne d’autre au rayonnement de la culture cistercienne : Saint-Bernard. »
Une réalité vivante
Porté par l’ARCCIS, association pour le rayonnement de la culture cistercienne, créée en 1996, le CERCCIS ne pouvait envisager lieu plus adéquat pour son implantation. D’autant que « la proximité d’une abbaye vivante était importante dans notre projet », soulignent les promoteurs de ce centre, en rappelant que l’ARCCIS « n’a pas pour but premier la préservation du passé – même si nous estimons cette démarche légitime et si nous voulons y contribuer – mais de montrer que la tradition cistercienne est une réalité d’aujourd’hui, toujours vivante dans des communautés et des personnes. » Et quelle abbaye ! puisqu’il s’agit du lieu source de toute la famille cistercienne, de sa maison mère, Cîteaux.
La vocation de ce centre est double : il s’agit d’une part d’être à nouveau sinon le lieu source, tout au moins ressources, à tous ceux qui sont demandeurs d’informations sur la culture cistercienne au sens large. Il faut dire, relève encore l’ARCCIS, « que depuis toujours, mais le phénomène semble s’amplifier, des étudiants ou des chercheurs ont souhaité être éclairés sur tel ou tel point de l’histoire cistercienne, de son patrimoine littéraire, architectural ou foncier, sur la bibliographie disponible sur tel auteur ou tel sujet précis ».
En outre, certains fonds rassemblés par des chercheurs, moines ou laïcs, risquent, à leur décès, au mieux de dormir dans des caisses sans être connus ni exploités, au pire de disparaître complètement. Le centre est là pour y remédier. Déjà plusieurs fonds lui sont d’ailleurs parvenus.
« Nous ne voulons pas refaire une bibliothèque cistercienne », a rappelé Jean-Luc Grasset, qui veille sur ce centre, « mais constituer un fonds contemporain allant de la Révolution à aujourd’hui. » Un fonds très divers puisqu’il y a là non seulement des livres et des revues, mais aussi des cartes postales, des photographies ou encore des diapositives (*).
Sur rendez-vous
Concrètement, le centre a été installé dans d’anciennes écuries mises gracieusement à disposition de l’ARCCIS par l’abbaye. Un site qui a l’avantage d’être à l’extérieur de l’enceinte monastique et directement accessible.
Après de gros travaux de rénovations – seuls les murs et la toiture ont été conservés – le centre se développe sur deux niveaux. On trouve au rez-de-chaussée une salle d’accueil, une salle de réunion pour une quinzaine de personnes et un lieu de stockage sommaire. Quant à l’étage, il abrite deux petites salles de travail et une bibliothèque.
Xavier COURNAULT
(*) A ce jour le Centre bénéficie d’un salarié épaulé par trois bénévoles.
Le centre est accessible sur rendez-vous au 03.80.61.10.80.
Reprise des visites
A noter par ailleurs que l’abbaye a rouvert ses portes, ou plus exactement que les visites ont repris depuis le 28 avril. Plus qu’une simple visite, il s’agit d’un véritable cheminement qui fait pénétrer au cœur de la vie monastique. Une démarche spirituelle, et non pas seulement touristique, pour faire connaître la tradition cistercienne, son histoire et sa réalité actuelle. Chacun est invité à partager l’expérience des moines à travers 900 ans d’histoire. Sur réservation au 03.80.61.32.58.
Appel aux dons
Il reste encore beaucoup à faire pour assurer le fonctionnement de ce centre et achever les travaux ont souligné les promoteurs de ce Centre qui comptent notamment sur des dons. Pour en savoir plus : http://perso.orange.fr/arccis/historique.htm

Philippe de Champaigne, un peintre engageant 20 Minutes, 2 mai 2007
expo De nombreux tableaux exposés n’ont jamais été présentés au public. En outre, une expo contemporaine épatante propose en contrepoint une réflexion sur Le Pli et l’Absolu de la couleur – deux éléments structurants des tableaux de Champaigne -, avec notamment des oeuvres de Kassia Knap et Yves Klein.
Le grand public ne connaît pas Philippe de Champaigne. Le musée des Beaux-Arts de Lille a décidé d’y remédier en lui consacrant jusqu’au 15 août sa grande expo de l’année. Risqué ? « Faire de l’histoire de l’art, c’est produire le patrimoine du futur », répond Alain Tapié, conservateur
du musée. Son ambition : faire redécouvrir l’un des deux plus grands peintres français du XVIIe siècle, avec Nicolas Poussin.
« Il a raté une marche vers la notoriété, reconnaît Alain Tapié. Trop attaché aux réflexions religieuses, sociales et politiques de son temps sous Marie de Médicis puis Louis XIII, il est vite passé de mode sous Louis XIV. » Sauf qu’en cette année électorale, l’expo « Entre politique et dévotion » est d’une actualité brûlante. « Une exposition de peinture, explique Alain Tapié, cela regarde le social, le politique, le monde. Comme l’économie ne concerne pas que les économistes. » O. A.

Montauban L’église du couvent des Augustins va ressusciter La dépêche du Midi, 3 avril 2007
Le couvent des Augustins va enfin connaître une seconde vie. Totalement abandonnée pendant des lustres, la noble institution installée rive gauche, dans la rue éponyme, constituée d’une église et d’un couvent de 83 mètres de long, vivait jusqu’alors repliée pauvrement sur son histoire… très riche. Où, plus exactement, sur ses histoires (lire encadré), quelque peu oubliées de tous. La dernière tentative pour réveiller cette belle endormie s’était soldée par un échec. Il s’agissait d’un projet culturel déjà évoqué en 2001 qui, sur proposition du président Jean-Michel Baylet, a bénéficié de l’écoute et du soutien du conseil général lors de sa dernière session budgétaire, pour le grand bonheur de Jacques Larroque, ardent militant pour l’aboutissement de ce second grand projet de la rive gauche.
En effet, après la halle de la place Lalaque, le couvent des Augustins, ou tout au moins l’église du couvent des Augustins, va enfin devenir un lieu culturel accessible et ouvert à tous.
Le rez-de-chaussée sera réaménagé sur 230 m2 en salle de théâtre de 162 places, plus 4 places pour handicapés. Des séances de cinéma, notamment d’Art et d’Essai, pourront s’y dérouler et le nouvel espace culturel recevra toutes les associations du quartier, de la ville et du département. L’association d’animation des Augustins, qui a été créée il y a trois ans, va tout autant gérer la salle du premier étage de l’église qui deviendra un immense lieu d’exposition pour les peintures, les sculptures ou toutes autres animations, comme des conférences, par exemple. Derrière l’église, la partie qui sert de parking libre serait fermée en bordure de route et réaménagée pour faire un seul et même ensemble avec l’église.
UN PROJET BIEN AVANCÉ
Après l’obtention d’une enveloppe de crédit du conseil général de plus d’un million d’euros, le projet a fait l’objet d’un permis de construire déposé
en février. L’architecte est déjà choisi et un avant-projet sommaire est déjà réalisé. Le dossier en sera bientôt au lancement des appels d’offres afin que les premiers travaux puissent commencer au mois de septembre prochain. Il est évident que ce projet va donner un coup de jeune à tout le quartier. Il est dommage, par contre, que le couvent, deuxième partie de cet ensemble architectural exceptionnel, propriété de la mairie, reste pour l’heure à l’état de friche. Tout dernièrement, le maire s’est rendu sur place pour constater qu’à l’intérieur du couvent des Augustins, l’état des lieux était… pitoyable ! Le lieu a été pillé, les cheminées, les sanitaires et le parquet ancien ont été volés ou dégradés par des squatters. Seul, le toit est en bon état. Dans un possible projet de réhabilitation, la mairie a, d’entrée, écarté la piste de logements sociaux, car l’immeuble est frappé par les contraintes du PPRI qui n’autorisent le logement que d’une seule famille ! Reste une option commerciale toujours possible, et l’évaluation du coût et d’un financement. Mais c’est là une autre histoire. Le sort du couvent relève, aujourd’hui encore, du miracle.
Guy Révellat
Catholiques et protestants
Le couvent des Augustins est autant catholique que protestant car son histoire mouvementée a mêlé les deux religions. L’église et le couvent ont été construits en 1350 par l’ordre mendiant des Augustins. Ces hommes d’églises recevaient alors les bateleurs, les ouvriers et les passants pour les héberger et les nourrir avec les produits de leurs vergers, de leurs jardins et du fruit de leur pressoir. En 1 583, les Augustins furent chassés par la Réforme. Henri de Navarre va ensuite fortifier le tout et trace le périmètre des fortifications de la ville. L’église et le couvent des Augustins sont alors détruits en 1 580. Avec la Paix d’Alès, les Augustins reviennent en 1630 et se réinstallent, malgré l’occupation d’une partie du terrain. Pendant la moitié du XVIIe siècle, entre 1650 et 1680, ils reconstruisent leur couvent, puis l’église, en 1776. Mais la crue du Tarn de 1776 va tout démolir. Ils reconstruiront l’église en 1781, puis les Augustins seront de nouveau chassés mais cette fois-ci par la Révolution, en 1 789. Devenus bien national en 1792, les immeubles seront vendus à la famille Bergis, alliée à celle des Garisson, dernier propriétaire des lieux jusqu’au milieu du XXe siècle. Au XIXe l’église était devenue temple protestant et ce jusqu’en 1945. En 1980, le couvent deviendra propriété de la commune. Depuis lors, plus rien.

Record battu pour les enchères de Toques et Clochers Midi Libre , 2 avril 2007
Elles existent depuis dix- huit ans et hier après-midi, Alain Gayda, l’œnologue de Sieur d’Arques, la cave organisatrice de cette fête destinée à promouvoir le cru blanquetier, n’en revenait toujours pas : « Au moins, cela prouve que nos efforts vers davantage de qualité commencent à être reconnus, non seulement en France mais aussi à l’étranger. La moyenne des prix se situe à 4 800 € au lieu de 4 280 € en 2006. C’est encourageant. » D’office, la première enchère a plafonné à 5 000 €. Les restaurateurs et les sommeliers présents dans la salle ont alors deviné que les prix allaient se maintenir sur des cimes inhabituelles. Au total, vingt-huit fûts ont été vendus à des prix variant entre 5 000 € et 5 400 € : inédit ! Mais le top niveau est revenu à la Société Baronne Philippine de Rothschild : son représentant fit « sauter la banque » en achetant un fût « haute vallée » au prix de 7 700 € ! Du jamais vu… Mais l’explication du record est logique : des quatre terroirs, océanique, autan et Méditerranée et haute vallée, ce dernier a toujours eu les faveurs des maître-queux car il produit de très bons vins de garde. Michel Hermet le sait bien. Hier, le patron du Wine Bar le Cheval Blanc, à Nîmes, fidèle des Toques depuis 1990, a porté son choix sur un haute vallée en l’acquérant pour la somme de 6 300 €, un des records de l’après-midi. Philippine de Rothschild possède aussi un domaine près de Limoux : Baron d’Arques, qui produit un rouge exquis dont le prix de vente, lui aussi, a surpris : 6 200€ ! Blanc et rouge se sont rendus la politesse. « Depuis quatre ou cinq ans, les enchères de fûts, à Limoux, sont les deuxièmes de France, juste après celles des Hospices de Beaune », confiait Me Jacques Deleau, le bien-nommé commissaire priseur qui a dirigé la vente dominicale. Ce sont surtout les Hollandais, les Russes et un distributeur de Carcassonne, qui ont fait monter les prix. B. C.

Rennes La chapelle de la Sainte Famille rouvre dimanche Ouest France, 30 mars 2007
La restauration intérieure de la chapelle s’achève. Les travaux, qui ont duré près de deux mois, dépassent 90 000€.
La chapelle ouvrira pour les Rameaux, dimanche. La célébration commencera, à 9 h 30, par une bénédiction dans la cour de la TA. et conduira l’assemblée dans la chapelle pour l’Eucharistie.
« La Sainte Famille, c’est un des monuments du patrimoine rennais. Afin de réaliser cette oeuvre la paroisse a fait appel à tous ceux qui ont le souci du patrimoine, pas seulement religieux, d’ailleurs, car la chapelle porte en elle la mémoire des bombardements de 1944 où l’aumônier, l’abbé Launay, trouva la mort. Au moment de sa reconstruction, après guerre, elle a servi d’ébauche à une autre reconstruction, celle de l’église de Bruz » explique le père Restif, curé de la paroisse Toussaints.« On trouve le même architecte, Louis Chouinard, le même maître verrier rennais, Gabriel Loâtre. Louis Chouinard a reconstruit toute la façade du patronage de la Tour d’Auvergne dans laquelle s’insère la chapelle, de patronage, à l’origine. Cette chapelle est devenue une antenne pour la grande paroisse de Toussaints, au moment où le quartier du Colombier s’est développé » ajoute Roger Blot, responsable du patrimoine religieux dans le diocèse.
Un autre artiste a participé aux travaux, dès l’après-guerre : le sculpteur Francis Pellerin. Il est l’auteur des deux statues situées de chaque côté du choeur de la chapelle. Elles représentent Jeanne d’Arc et le curé d’Ars. « Ce sont les deux grands saints vénérés dans cette chapelle » précise Roger Blot.
De la pierre de Maxent
Vue de l’extérieur, côté passage du Couëdic, la chapelle frappe l’attention de l’observateur. La façade présente une palette de couleurs que l’on retrouve à Bruz, notamment avec la pierre de Maxent. Dommage, peut-être, que l’ensemble de cette façade (chapelle plus patro) ne soit pas entièrement fait de ce schiste pourpré.L’intérieur, lui, est à la gloire du béton. « Nous l’avons peint, avec l’accord de la famille de l’architecte. Auparavant, la tonalité grise donnait un caractère austère à la chapelle » note Roger Blot. Sur ce fond blanc cassé, presque jauni, dans le choeur exigu, est blottie une des perles de la chapelle : « C’est une peinture murale qui fait contre point avec l’architecture assez virile de l’ensemble. Elle est l’oeuvre d’Adeline Neveu. Et c’est la seule que l’on ait d’elle en Ille-et-Vilaine. On y voit Joseph, Marie et Jésus dans une atmosphère un peu printanière. » Enfin, les vitraux, remarquable expression de la technique du verre éclaté, comme le mobilier, très sobre, ont été remis en valeur. Le sol, refait à neuf, dont la pente descend jusque vers l’autel, se détache de la tonicité gothique des arcs brisés aigus et de la force romane des lieux. Ne l’oublions, la Sainte Famille était dans le « nouveau » en ce milieu du XXe siècle.
Édouard MARET.
Pratique. Les travaux auront duré près de deux mois et sont à la charge complète de la paroisse. D’où la souscription lancée en mai dernier. Et qui se prolonge, non seulement auprès des paroissiens mais aussi auprès du public. Pour y participer, adresser ses dons au presbytère de Toussaints, 4, rue au Duc (chèque à l’ordre de paroisse Toussaints). Si l’on veut un reçu fiscal, il faut libeller le chèque à l’ordre de Association diocésaine.

Angers Grands travaux pour la Ville dans huit églises Ouest France 26 février 2007
Angers consacre chaque année 1,2 million d’euros à l’entretien des édifices cultuels. Le point, avec André Peuziat et Christian Grelet, adjoint et directeur du service des Bâtiments.
1. Sainte-Thérèse. L’église est en chantier depuis 2001. « Les pierres sont des éponges », observe André Peuziat, l’adjoint chargé des bâtiments communaux. « Nous avons mis le bâtiment hors d’eau, empêché les infiltrations. Nous terminons le ravalement du côté de l’église, puis celui du clocher. On remplace les pierres malades. Dans l’année et en 2008, ce sera le tour du choeur. » Fin 2006, ont aussi commencé la remise aux normes et l’amélioration de l’électricité intérieure. Restera à lancer la restauration des fresques sur toile qui ornent l’église Sainte-Thérèse (lire ci-dessous) ; mais « c’est très cher ; ce sera pour plus tard, et sur un autre budget que celui de l’entretien habituel ».
Le coût du chantier en cours : 1,3 million d’euros déjà réalisés ; reste une facture de 450 000 € pour finir les travaux.
2. Saint-Jacques. Un chantier en trois phases depuis 2000. L’extérieur du choeur et la sacristie ont été traités en urgence (« des pierres tombaient »). D’anciens locaux paroissiaux ont été démontés et reconstruits pour étendre la sacristie. Le chantier fait une pause en 2007. Il reste à faire, en 2008-2009, la couverture de la nef et la restauration de pierres du clocher.
Le coût : 800 000 € déjà dépensés ; plus 400 000 € d’ici 2010.
3. Saint-Laud. Le choeur a été refait en 2004-2006 : « des pierres tombaient, notamment dans la cour de l’école située juste derrière l’église ; il a fallu reprendre tout le ravalement en urgence. On attaque maintenant la sacristie ouest. » À suivre, en 2007-2008 : le transept, « un très gros chantier ».
Des plans d’un vitrail ancien, actuellement remplacé par un verre blanc, avenue de la Blancheraie, viennent d’être retrouvés dans les archives de la paroisse. Avec la Sauvegarde du patrimoine, l’association paroissiale voudrait le reconstituer.
Le coût des travaux en cours : 650 000 € pour ce qui est déjà réalisé ; 1,8 million d’euros pour ce qui reste à faire, d’ici 2009. Et à prévoir, plus tard, le financement pour la nef et la sacristie est.
4. Saint-Joseph. De 1991 à 2006, l’église, construite entre 1846 et 1865, a fait l’objet de travaux importants. Elle a même échappé à la destruction, tant tuffeau et voûtes étaient « fatigués ». Pour la sauver, il a fallu injecter du béton pour renforcer les murs.
Reste à prévoir, peut-être pour 2008, le ravalement du presbytère et la réfection de ses menuiseries.
5. Saint-Léonard. Le dôme a été refait en 2002-2003. « Pas de soucis pour les murs de schiste », qui caractérisent cette église proche du site ardoisier d’Angers-Trélazé. En revanche, il faut refaire la couronne de pierre de tuffe et la couverture. Travaux prévus de 2009 à 2011.
Le coût : 650 000 € de travaux ont été réalisés. Devis pour toute ce qui reste à faire : 1,2 million d’euros.
6. Notre-Dame des Victoires. Église type des constructions du XIXe siècle (ici édifiée en 1899), dont le tuffeau, faute de soins patients dans sa préparation, s’abîme bien plus vite que celui des édifices médiévaux. Trois grandes tranches de travaux sont déjà prévues. Le chantier de restauration des murs va s’étaler sur douze années ! Depuis 2006, on refait l’arrière du choeur, des deux côtés à la fois.
Les vitraux ont été démontés voici quelques années, pour être restaurés et remis en place à mesure de l’avancée du chantier. De plus, le sous-sol de l’église sert de réserve au musée. Une protection contre l’incendie va y être installée.
Le coût : 200 000 € de travaux payés ; reste à réaliser un montant de 4,7 millions d’euros.
7. Saint-Serge. Les extérieurs de cette église typique, dans ses voûtes, du style angevin Plantagenêt, ont fait l’objet de travaux importants de 1992 à 2003, pour l’extérieur. Reste maintenant, à l’intérieur, à installer un chauffage adéquat et à changer l’orgue. Une étude sera faite fin 2007, pour des travaux pour le chauffage en 2008 (dépense prévue : 300 000 €), et pour 2009 pour le changement d’orgue. Par ailleurs, après la reprise de l’intérieur, qui était vétuste, du presbytère, reste à faire en urgence, en 2007-2008, en raison d’infiltrations, le ravalement extérieur du presbytère ; le chantier vient d’être lancé.
Le coût de l’ensemble de la restauration : 3 millions d’euros.
8. La Trinité. Chantier particulier, pour ce beau monument historique, suivi de près, dans sa réfection, par la Direction régionale des Affaires culturelles, le Service départemental de l’architecture et Gabor Mester de Paradj, architecte en chef des monuments historiques. Commencé en 2005, il va se poursuivre jusqu’en 2009. Le clocher Renaissance, de l’architecte Jean de L’Espine, va être descendu pour être restauré. « Nous sommes en phase de réflexion, annonce André Peuziat, pour la suite de la restauration de cette église. »
Le coût : 560 000 € ont déjà été dépensés ; reste, pour la suite des travaux, une facture prévue de 1,7 million d’euros.
Du Ronceray à Bellefontaine
Juste à côté de la Trinité, la Ville avait déjà refait, en 2005, le clocheton de l’ancienne abbatiale du Ronceray. Plusieurs presbytères ont également fait l’objet de travaux d’entretien ces derniers temps : Monplaisir en 2005-2006 (520 000 €), Sainte-Thérèse, Saint-Joseph, Saint-Serge.
La Ville refait aussi, actuellement, la chapelle de la Maison des Arts (l’ancien Bellefontaine) : « Tout le ravalement sera refait. » Il y avait urgence en raison de chutes de pierres, dans la cour et sur les parkings voisins.
Le chantier a débuté fin 2005 ; il est prévu qu’il se poursuive jusqu’en 2009-2010. Le transept est fait. À suivre, le choeur. Facture déjà payée : 400 000 €; à suivre : 1 million d’euros.
« Ces travaux, précise André Peuziat, sont chaque fois l’occasion de mettre les églises aux normes de sécurité, notamment en matière d’électricité. Par la suite, ajoute l’adjoint, il restera à envisager de rendre accessibles, ce qui n’est pas toujours le cas, les accès aux clochers. »
Alain BODY.

La Seine maritime reprend l’abbaye de Jumièges Territrial.fr (vendredi 23 février 2007)
L’État vient de céder l’abbaye de Jumièges, le seul monument carolingien non totalement détruit au nord de la Loire, au département de la Seine-Maritime, lequel veut selon son président Didier Marie (PS) en faire « une référence » en matière culturelle axée sur le théâtre, la musique et l’art contemporain et développer le tourisme historique en implantant en son sein un centre d’interprétation. Utilisée comme carrière de pierres après la Révolution, cette abbaye est devenue une figure de la ruine romantique exposée aux intempéries et noyée dans la végétation.
Rappelons que l’État a engagé en 2005 un vaste plan de cession de son patrimoine historique aux collectivités locales qui pourrait porter à terme sur 165 monuments.

Découverte dans une église d’Isère d’immenses peintures murales du XIVe siècle 20 minutes, 9 février 2007
Des sondages réalisés en janvier dans l’église Saint Jean-Baptiste de Vif (Isère) ont permis de découvrir des peintures murales datant du XIIIe et surtout du XIVe siècle, recouvertes de badigeon et couvrant plusieurs centaines de m2.
Quelques m2 de ces peintures ont été mises au jour, avec des scènes représentant une résurrection des morts, des images de saints sur fond rouge, une sorte de dragon crachant de la fumée, et des motifs géométriques, comme l’a présenté la maire de la commune, Brigitte Perillié, au cours d’une conférence de presse jeudi sur le site.
« Ces peintures, par l’ampleur des surfaces qu’elles recouvrent, et par leur état inespéré de conservation sont un patrimoine exceptionnel au niveau français », a affirmé le conservateur du conseil général de l’Isère, Alain de Montjoye.
L’église, construite au XIIème siècle dans le style roman, puis considérablement modifiée au XIII et XIVème avec des influences gothiques, avait été entièrement peinte à l’intérieur. Ces peintures ont disparu au niveau du sol mais ont été recouvertes, lorsqu’elles étaient en hauteur, à différentes époques, de cinq couches de badigeon qui les ont protégées.
« L’église a été inoccupée pendant 80 ans au moment des guerres de religion, puis au siècle dernier lorsque le curé, qui refusait de payer le loyer pour son presbytère, a été expulsé et son église fermée de 1927 à 1950, mais les peintures originales ont encore des couleurs éclatantes », a expliqué Séverine Haberer, restauratrice de peinture ancienne.
Selon elle, les peintures « couvrent environ 550 m2 et il faudrait une première tranche d’un million d’euros pour les sauver ».
Le vice-président du conseil général, Claude Bertrand, a souhaité que ces peintures « soient classées en décembre prochain comme monument historique ». « Un classement permet d’obtenir des subventions pour la restauration allant de 50 à 60% des travaux et dans ce cas le conseil général prendrait à sa charge la moitié des dépenses qui incombent à la commune », a-t-il dit. 2007 AFP

Notre-Dame de Kerluan (Finistère) Cachez ce sein… Le Télégramme, 9 février 2007
Les paroissiens de Châteaulin (29) connaissent l’histoire de Notre-Dame de Kerluan, cette vierge allaitante, sculptée au XVI e siècle, que de vieilles dévotes jugèrent si indécente qu’elles réussirent à convaincre, au cours de l’été 1900, leur abbé, le père Alfred Le Roy, de la faire disparaître. Comme il eut été sacrilège de détruire la statue, l’histoire raconte qu’il la fit enfouir sous les dalles de pierre constituant le sol de la chapelle de Kerluan, nichée dans la campagne châteaulinoise. Une autre « Vierge Mère allaitant son Enfant Divin », beaucoup plus chaste, la remplaça sur son piédestal.
Avec le temps, on ne savait plus très bien s’il ne s’agissait pas tout simplement là d’une légende. Seuls les bénévoles de l’association de sauvegarde de la chapelle étaient sûrs du contraire. (…) Depuis hier, on sait qu’ils avaient raison. Notre-Dame de Kerluan, la « vraie », l’indécente, est réapparue. Et c’est tout émus qu’ils se sont précipités au chevet de la belle, endormie depuis 107 ans.
La vierge, une statue de kersanton d’environ 1,20 m qui fut polychrome, fait, en effet, le geste de toutes les mères allaitantes. Elle prend son sein nu à pleine main, le téton serré entre l’index et le majeur pour le présenter à son nourrisson. La statue est brisée en plusieurs morceaux, mais semble avoir été enterrée avec soin. Ce sont les employés municipaux qui l’ont découverte, à la faveur de travaux qu’ils ont été contraints d’engager à la suite d’un acte de vandalisme dont a été victime la chapelle, en novembre dernier. Le piédestal de la vierge « prude » avait été saccagé. Avant de le réparer et en concertation avec l’actuel curé, Jean Andro, ils ont imaginé que la vierge d’origine était peut-être enfouie sous l’actuelle. Et là, miracle…
Marie-Line Quéau

Saint-POL-de-Léon Les stalles des Ursulines partent à Vannes Le Télégramme, 9 février 2007
Les Ursulines continuent à se défaire de leurs propriétés à Saint-Pol et tirent un trait définitif sur une présence qui remontait à 1629. Après la bibliothèque et leur mobilier, les religieuses ont décidé de mettre en vente 56 stalles en chêne, datant du XVIII e siècle. La mise à prix avait été fixée à 15.000 €. L’acquisition s’est disputée entre deux acquéreurs potentiels, le diocèse de Vannes, représenté par son vicaire général et une abbaye traditionaliste de la Creuse. Au final, les 56 stalles ont été adjugées pour 27.000 € au diocèse morbihannais. Presque un retour aux origines, puisque le mobilier avait été acheté par le couvent saint-politain en 1932 à la communauté ursuline de Ploërmel (56). Il sera réinstallé dans le chœur de l’église Saint-Patern, de Vannes, qui connaît actuellement un important programme de restauration de 5 M€. (Photo Philippe Abjean)

Cathedrale St-Andre (Bordeaux) Sainte-Marguerite en pleine lumière Sud Ouest, 9 février 2007
: Jean-Paul Vigneaud
La rénovation de la chapelle Sainte-Marguerite – l’un des lieux de prière situés à l’arrière du chœur de la cathédrale Saint-André- est terminée. Le chantier a pris fin hier matin avec l’ultime tâche des ouvriers : la pose de la statue de la patronne des lieux. Une statue en pierre du XVeme siècle d’une centaine de kilos et d’un peu plus d’un mètre de hauteur. Peinte des pieds à la tête.
La mise en place de la statue a eu lieu en présence d’une vingtaine de personnes dont le cardinal-archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard et Alain Rieu, le conservateur en chef des monuments historiques. Le cardinal archevêque avouait lui-même son étonnement devant la qualité du travail réalisé (notre édition du 29 janvier) et la beauté de Sainte Marguerite accompagnée de son dragon et de ses deux anges gardiens.« Le résultat est surprenant », dit-il. « Car lorsque j’ai visité pour la première fois la cathédrale, cette chapelle était si sombre que j’y suis tout juste entré et je ne me suis même pas aperçu qu’il s’agissait de la statue Sainte-Marguerite. Une sainte que je connais bien pourtant. C’était la sainte-patronne d’une paroisse de Marseille où j’ai exercé huit ans durant. »
(…) Cette fameuse statue donc mais aussi un ensemble de vitraux remarquables, deux magnifiques albâtres (un de chaque côté de l’autel) et le monument funéraire d’Antoine de Noailles (XVIeme siècle). 190 000 euros de travaux ont été nécessaires pour tout remettre en état.
La restauration de l’ensemble des chapelles est totalement financée par l’Etat et « le plan va être poursuivi », précise Alain Rieu. Effectivement, les ouvriers s’activent actuellement dans la chapelle voisine dite de l’Assomption -où figurent de belles peintures- et avant la fin de l’année ils attaqueront celle du Mont-Carmel.

Cathédrale (Bayonne) L’hôte de la tour Sud Ouest, 8 février 2007
:Emmanuel Planes
Les visites guidées de la tour sud de la cathédrale (restaurée par Boeswillwald, un disciple de Viollet-le-Duc) font partie des « classiques » de l’Office de tourisme. Et pourtant, depuis trois ans, ces visites sont interrompues du mois de janvier à la fin juin à la demande des Bâtiments de France.
La raison de cette mesure, c’est la présence d’un faucon qui a élu domicile dans la tour nord. Or l’animal est, paraît-il, un tantinet susceptible et, s’il aperçoit des visiteurs en train de monter les marches de la tour sud, il pourrait en prendre ombrage, et déguerpir. « Sont seulement accessibles les parties de la tour qui ne sont pas visibles par le faucon », précise Isabelle Dupont, guide conférencière à l’Office de tourisme.
Mais pourquoi est-il tellement chouchouté ce rapace ? À cause des pigeons. En 2004, en effet, les Bâtiments de France avaient pris contact avec l’association Organbidexka. (…) Ils étaient préoccupés par la prolifération des pigeons autour de la cathédrale. Or ces charmants volatiles (…) ont une fiente corrosive qui attaque le zinc et même la pierre. (…)
Le système électrique, d’abord envisagé, se révélait fort coûteux. (…) « J’ai donc proposé de faire appel à un faucon pèlerin, grand prédateur d’oiseaux. On en avait vu un dans les alentours et en faisant une visite des flèches nous avons découvert beaucoup de cadavres d’oiseaux prouvant que le faucon fréquentait le site », raconte Jean-Paul Urcun, salarié d’Organbidexka.
Un nichoir. L’association a donc aménagé un nichoir dans la tour nord en avril 2005, avec l’espoir que le faucon pèlerin rencontre une femelle, et qu’elle donne le jour à des petits faucons. Dans ce cas, en effet, les pigeons auraient tout intérêt, s’ils ne voulaient pas qu’il leur arrive malheur, à s’éloigner de la tour. Mais à ce jour, le faucon n’a toujours pas fondé de famille. (…)
D’ores et déjà, en tout cas, notre rapace a fait son boulot, si l’on en juge par le nombre de cadavres de pigeons qui ont été découverts dans les environs du nichoir.
(…) La ville de Bayonne procède à deux captures de pigeons par an. Elle appelle pour cela un prestataire qui commence par des opérations de nourrissage sur les lieux de la ville les plus fréquentés par les pigeons, puis se livre à la capture proprement dite avec des filets.
Les particuliers peuvent également utiliser des piques à poser sur le rebord des toits et des fenêtres, ou encore des courants électriques. Deux systèmes qui ne tuent pas les pigeons, mais les empêchent de se poser et permettent ainsi de réguler la population.
Serait-il possible de faire appel à des faucons, comme sur la cathédrale ? « C’est difficilement envisageable, répond un spécialiste, car les faucons ont leur territoire, comme les loups ou le s chats. Et l’on ne peut en mettre dix dans le même secteur. Il faut un lieu relativement haut, inaccessible. »

Quimper Les pompiers en exercice incendie à la cathédraleOuest France, 7 février 2007
Hier matin, une dizaine d’hommes a simulé une intervention dans les combles du bâtiment. Une caserne délocalisée a été installée sur place.
(…) L’exercice grandeur nature avait tout de réel. Et c’est bien là le principe d’une telle organisation : entraîner les sapeurs-pompiers à intervenir à la cathédrale. Au cas où… L’entraînement d’hier simulait donc un feu dans les combles du bâtiment. On imaginait que l’incendie prenait en pleine nuit et que les issues du lieu de culte étaient toutes fermées.
Dès l’alerte donnée, déploiement des véhicules et des hommes. « Dans ce genre de situation, il est essentiel de ne pas perdre de temps dans le cheminement. Il faut bien choisir ses accès. Plutôt que de courir, il est essentiel de réfléchir à la meilleure progression des hommes. Si on se trompe dans la reconnaissance des lieux, on peut perdre un temps fou après », explique le capitaine Hervé Le Bris.
Car dans le bâtiment classé, pas d’alarme pour signaler aux pompiers les endroits d’où est parti l’incendie. « C’est en projet avant la fin de l’année », précise Pierre Alexandre, architecte aux Bâtiments de France. En revanche, l’exercice d’hier était l’occasion de tester de nouveaux moyens d’accès, dernièrement mis en oeuvre. Notamment un vitrail qui s’ouvre de l’extérieur et qui facilite l’accès des pompiers en hauteur, grâce à la grande échelle. (…)
La manoeuvre a également permis d’imaginer quelques améliorations à apporter : du dégrippant sur les gonds des portes et des fenêtres ou changer un barreau de place par exemple. Elle a surtout rassuré les organisateurs. « Il est important que les sapeurs-pompiers connaissent l’édifice quand on voit les ravages que fait un incendie… », confie Pierre Alexandre. A 9 h 45, tout le matériel était rangé. Mais les pompiers ont un peu prolongé le plaisir avec une visite guidée du bâtiment. Histoire de profiter un peu du décor. Superbe !
Delphine LE NORMAND.

Lorraine Mémoire juive (Le Républicain Lorrain, 26 janvier 2007)
(…) Le cimetière juif de Flévy, implanté au lieu-dit Chelaincourt, daterait de la fin du XVIe siècle ; il est considéré comme le plus ancien du département de la Moselle.(…) Il fut utilisé jusqu’à la fin du XVIIIe siècle par les Juifs d’Ennery et de Luttange, communes situées de part et d’autre de la voie romaine qui reliait Metz à Trèves. Le terrain en a été surélevé car, faute de place, il avait fallu enfouir les tombes sous une hauteur de terre de 3 m pour bénéficier d’un nouvel espace. Les inhumations ont cessé lors de la création du cimetière d’Ennery. Plus tard, trente-cinq pierres tombales furent retrouvées et relevées.
C. B., Uckange

À Winnezeele, le ministre veut voir les panneaux de la chaire volés en 1977, puis restitués La Voix du Nord, 7 janvier 2007
Pour la première fois de son histoire, Winnezeele, commune de 1 200 habitants nichée entre Steenvoorde et la frontière belge, va recevoir un ministre, celui de la Culture. La visite de Renaud Donnedieu de Vabres officialisera le retour dans l’église des cinq panneaux de la chaire, trésors de l’art religieux flamand dérobés en 1977 et restitués en 2004.
(…) Depuis juillet 2005, les cinq panneaux qui composent cette chaire unique, fabriquée à la fin du XVe siècle et considérée comme l’un des trésors de l’art religieux flamand, sont de retour. Après bien des déboires. C’est dans la nuit du 1er au 2 juin 1977 que des malfrats se laissent enfermer dans l’église de Winnezeele. Ils y démontent, pour répondre à une commande d’antiquaires belges, les fameux panneaux de la chaire. « C’était la panique, personne n’avait rien vu, rien entendu », se souvient Paul Dequidt, maire du village depuis 1980 et à l’époque très marqué par ce vol retentissant.
L’enquête ne mène nulle part et les panneaux de la chaire ne sont qu’un lointain souvenir quand, en 2003, le parquet de Limoges qui les a retrouvés contacte la municipalité. Par hasard, en 1999, au terme d’investigations sur des vols d’objets d’art dans le Limousin, une perquisition avait amené les enquêteurs chez un receleur en Belgique. Quelques tracasseries administratives et bien des années plus tard, en novembre 2004, les panneaux de la chaire étaient rendus au maire à l’hôtel de police de Limoges.(…) Exposés dans l’église depuis juillet 2005, les panneaux de la chaire sont désormais scellés. •
OLIVIER PECQUEUX

(146 visites sur cette page - compteur installé sur le site le 22 juillet 2014)
(1 visites aujourd'hui)
S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments