Pour l’avenir des églises (de Charente)Article pouvant être lu en 4 minute(s) (hors éléments audio ou vidéo)

Le 2 février, sur l’invitation de Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême, la commission diocésaine pour les bâtiments du culte, animée par le dr Jacques Sauquet, réunissait les élus municipaux et les relais paroissiaux de Charente.
Objet de la rencontre : « Comment assurer l’avenir de nos églises ? »


Ils étaient plus d’une centaine, élus municipaux et relais paroissiaux, à avoir accepté la rencontre organisée par le diocèse d’Angoulême, la quatrième d’une série annuelle initiée en 2005 à l’occasion du centenaire de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Ainsi, une fois par an ils acceptent de prendre le temps de la réflexion et de la rencontre pour préparer, d’autres diraient « anticiper », l’avenir de leurs églises.

« Nos églises ne sont pas rentables, a déclaré l’évêque, mais elles rendent des services utiles. Elles nous permettent de participer à une culture commune. Il y a 50 ans, nous, catholiques avons été stupides de penser que le culte pouvait contrarier l’expression d’une certaine pureté de la foi. Aujourd’hui beaucoup exaltent la culture catholique mais en l’évidant de sa foi. Non, nous catholiques ne sommes pas des vestiges et nos églises ne sont pas des musées. Si aujourd’hui nous pensons qu’il n’existe pas de foi sans culture (et le culte participe à la création de culture), nous pensons également qu’il n’y pas de culture (chrétienne) sans foi. La culture catholique est indissociable du culte, cette tradition qui offre une culture pour tous.
Ils sont de plus en plus nombreux à chercher dans nos églises un lieu où prendre des distances avec les rumeurs du monde. Ils y trouvent un accueil gratuit. Mais il est bon qu’ils sachent que cette gratuité a une source
. »

En instituant ces rendez-vous annuels, l’évêque d’Angoulême, a voulu réagir contre « cet musique négative et défaitiste qui dit que les églises rurales sont menacées de tomber en ruine par la faute des élus et du clergé ».
« Non, se défend-il, en Charente, nos églises ne sont pas en état de péril. Grâce à la commission diocésaine pour les bâtiments du culte, les concertations avec les élus ont lieu. Et s’il n’y a plus de prêtre résidant dans chaque commune, il y a toujours des catholiques résidants dans chacune d’elles. Dans chaque commune, des chrétiens « relais paroissiaux » ont reçu notamment avec les clés de l’église la mission de l’ouvrir et de la rendre accueillante. Elles y disposent des cahiers de prières que tout visiteur peut remplir. Ces cris de prières nous révèlent que ces églises sont bien des lieux de paix, des maisons de Dieu ouvertes à tous».

On compterait près de 400 églises, une quinzaine d’abbayes, sans compter les prieurés et les chapelles, mais un recensement des lieux de cultes, actuellement en cours dans le département, permettra d’en connaître prochainement le nombre exact.

L’intervention de quelques maires, de tout bord politique il est bon de le constater, ont montré à quel point la restauration ou la rénovation d’une église demeurait « un événement à ne pas rater », tant il était fédérateur et créateur de lien social dans une commune.

Pour ma part, j’ai été très intéressé par cette rencontre, la richesse des interventions et surtout par la qualité des échanges entre représentants de l’Eglise et des communes. Ici, ils se parlent, ai-je envie de dire. J’ai quasiment touché du doigt l’expression d’une laïcité tranquille et constructive chacun restant dans son rôle mais conscient qu’une culture commune pouvait être partagée. Et pour reprendre, le mot d’un des participants (le président d’une association de sauvegarde d’une église menacée de ruine) « privilégions une culture du rassemblement plutôt qu’une culture de l’affrontement ».

Dans sa conclusion, Mgr Claude Dagens m’interpellait afin que je sois le porteur d’un message : « Il peut y avoir des cris d’alarmes justifiés, il existe aussi, comme ici à Angoulême, des cris de confiance justifiés ». Je le transmets sans réserve.

Si je suis revenu heureux et convaincu de la qualité de cette expérience charentaise, je me suis naturellement posé la question sur le chemin du retour : qu’en est-il ailleurs ?

Les réponses sont les bienvenues

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