Vol d’oeuvres d’art : pour des raisons que la raison ignorerait…

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Lu dans Le Monde 2, du 1er aout 2008 sous la plume de Nathaniel Herzberg :

Au musée des œuvres volées


Extrait de l’enquête :
C’est le plus beau musée du monde, mais ses œuvres sont invisibles. Volées au cours des siècles et jamais retrouvées, elles hantent les nuits de leurs propriétaires et peuplent les journées de quelques centaines de policiers à travers le monde et d’une poignée d’officines privées. Pas un pays, pas un musée d’importance ne peut se targuer d’avoir été épargné. Selon Interpol, le vol d’œuvre d’art tient la quatrième position au classement des entreprises criminelles, derrière le trafic de drogue, le trafic d’armes et le blanchiment d’argent.

Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement lorsque la flambée des prix propulse certains tableaux à des niveaux de plusieurs dizaines de millions d’euros ? Ce monde semble peuplé de mystère. L’aristocratie du banditisme y côtoie les petits voyous multicartes. Les policiers y tiennent « moins à l’arrestation des malfaiteurs qu’à la restitution du butin », comme le confesse Bernard Darties, directeur adjoint de l’office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC). Ici, les merveilles sont à portée de la main et les voler ne semble poser que peu de difficultés. Mais attention ! Plus la marchandise présente de valeur, plus la revendre devient délicat. Combien de tableaux de maîtres dérobés et retrouvés quelques mois ou quelques années plus tard, abandonnés faute d’avoir trouvé acheteur ?
(…) A écouter les policiers, la réalité du trafic d’œuvres d’art tient plutôt d’une vaste constellation où les cibles, les modes opératoires et les motivations divergent largement. Rien de commun selon eux entre le braquage du musée de Sao Paulo, en plein carnaval, la décroche d’un Corot un dimanche de gratuité au Louvre, ou la substitution d’un Matisse par une copie au musée Sofia Imbert de Caracas. Pas davantage entre ce trafiquant international, prêt à voler Le Cri et La Madone, de Munch, pour négocier ses futures conditions de détention, et cet employé d’un traiteur qui, au cours du vernissage, saisit l’occasion et dérobe un dessin de Seurat à Beaubourg. Quelle similitude entre ce gang organisé, qui pille meubles et orfèvrerie dans les châteaux français pour aussitôt les revendre, et les GARI (Groupes d’action révolutionnaire internationalistes), retrouvés en possession de L’Escamoteur, de Jérôme Bosch ? Rien, pas même la qualité artistique. Car si nombre de chefs-d’œuvre sont la cible des criminels, plus nombreuses encore sont les toiles ou les pièces de valeurs moyennes à être dérobées, tout à la fois plus faciles à voler et plus aisées à blanchir…

Lire l’intégralité de l’enquête qui se révèle très intéresssante.

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