Saint-Chamond : l’église ne sera pas rasée !

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Lors de la campagne électorale, Philippe Kizirian, Maire de Saint-Chamond, avait annoncé qu’il solliciterait l’avis des habitants sur l’avenir de l’église Notre-Dame. Un an après, le dimanche 26 avril 2009, ils sont appelés à se rendre aux urnes pour répondre par oui ou par non à une seule question : Êtes-vous favorable à ce que la commune de Saint-Chamond achève la restauration de l’église Notre-Dame ?

Nouveau ! Le verdict des urnes a tranché : Saint-Chamond ne rasera pas son église (Le Progrès 27 avril 2009)
Plébiscite, hier à Saint-Chamond, pour la poursuite de la rénovation de l’église Notre-Dame.
Moins d’un électeur saint-chamonais sur trois est allé voter hier. C’est peu. Même si on appréciait quasi unanimement dans les bureaux de vote la démarche « de demander ainsi directement leur avis aux citoyens ». Succès au moins d’estime, donc, pour la municipalité Kizirian qui, avec une démarche de consultation rarissime en France, gagne ses premiers galons dans le difficile exercice de la démocratie de proximité.
Et si la participation, à peine plus de 28 %, s’est fait tirer l’oreille, ceux qui se sont déplacés ont tranché à une écrasante majorité : 80,5 % des votants (5 337 électeurs) ont répondu par l’affirmative à la question « Êtes-vous favorable à ce que la commune de Saint-Chamond achève la restauration de l’église Notre-Dame ? ».

Lire aussi consultation à Saint-Chamond : le oui l’emporte (Zoom 42 27 avril 2009) où l’on lira les réactions des associations qui ont défendu le Oui.


Une consultation qui peut paraitre étrange mais qui, pour le moins, pose le problème sur la table. Aux Saint-Chamonais d’y répondre en leur âme et conscience. Mais coté chiffres, on ne nous dit pas le coût de la reconstruction d’une église ni par qui sa construction sera financée, par la Ville ou par le diocèse ? On notera par ailleurs le coût colossal de la « déconstruction ». Il apparait un différentiel de 600 000 euros entre restauration, 3, 3 millions d’euros) et démolition (2,7 millions d’euros, sans compter le cout d’une nouvelle construction sur l’endroit dit « libéré »)…

L’église a-t-elle un intérêt artistique ?

Outre le caractère affectif, qui n’est pas l’un des moindres critères, que peuvent avoir les habitants pour ce monuments, voici ce qu’on peut souligner des caractéristiques artistiques et patrimoniales de l’édifice :
Construite sur les plan de l’architecte Etienne Journoud, l’église a été consacrée en 1881 par le cardinal Caverot
Ses vitraux sont des œuvres d’art du maître verrier de Chartres Nicolas Lorin et son orgue, inauguré en 1883, est signé par Michel Mercklin,. La tour est équipée d’un carillon monumental composé de 10 cloches fondues par Charles Arragon et inauguré en 1892.
Notre -Dame est l’une des plus grandes églises de la région, elle est longue de 60 m et peut contenir 1000 personnes. La flèche s’élève à 67 mètres de hauteur. Les derniers travaux d’embellissement datent de 1925-1930
(certaines sculptures de la façade, tambour d’entrée)

Trois hypothèses d’avenir pour l’édifice cultuel sont avancées :

1ère hypothèse :

La démolition de l’église par déconstruction des parties hautes et démolition de l’ensemble bas
Elle met fin à de lourdes charges d’entretien et >> libère un espace à requalifier.
De lourdes contraintes urbaines sont à prévoir qui affecteront la vie en centre ville : 18 000 tonnes de matériaux à évacuer ( 900 rotations de camions) dans une période d’un an et demi (9 mois de travaux effectifs). Le stockage des vitraux, cloches, pinacles, angelots est à prévoir.
D’autre part, l’église, pour être démolie, doit être désaffectée par un arrêté préfectoral après consentement écrit de l’autorité diocésaine (l’évêque). Celui-ci n’accepterait cette démolition que si la commune s’engageait à construire une église nouvelle dans le centre ville (sur le même emplacement ou sur un autre lieu à proximité). Mais il y a
une incertitude, du point de vue de la jurisprudence, sur la possibilité que la commune puisse financer avec de l’argent public les travaux de construction d’un nouvel édifice destiné au culte, compte tenu de la loi du 9 décembre1905 (article 2).
Par ailleurs, l’église Notre-Dame se trouvant dans le périmètre d’un bâtiment classé (Hôtel de Ville), l’avis de l’architecte des bâtiments de France doit être sollicité.
Le coût prévu de la démolition est de 2 758 000 € TTC à budgéter sur une ou deux années.
Le coût d’une nouvelle église plus petite dépend de sa taille et de ses qualités architecturales.
la restauration extérieure de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, l’édifice sécurisé est remis à la disposition du diocèse et reste totalement affecté au culte catholique.
La réhabilitation est achevée dans 3 ou 4 ans. >> La commune propriétaire assure l’entretien de l’édifice. C’est le
retour à la situation antérieure aux travaux de restauration.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.

2ème hypothèse :

La restauration extérieure de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, l’édifice sécurisé est remis à la disposition du diocèse et reste totalement affecté au culte catholique.
La réhabilitation est achevée dans 3 ou 4 ans.
La commune propriétaire assure l’entretien de l’édifice. C’est le
retour à la situation antérieure aux travaux de restauration.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.

3ème hypothèse :

La solution mixte. La restauration de l’église est poursuivie (toiture, rue du Presbytère), l’intérieur est remis en état, une partie de l’église est désaffectée.
L’espace intérieur de l’église est réaménagé de manière à conserver une petite église de 200 places environ pour l’exercice du culte catholique. Le reste ( 7 à 800m2) fait l’objet d’une désaffectation, il est mis à la disposition de la commune.
Le Diocèse n’est pas opposé à cette solution. Des discussions devront se poursuivre pour étudier une répartition possible de l’espace intérieur. D’autre part, la commune ne sait pas encore quelle utilisation elle pourrait faire de l’espace désaffecté et n’envisage pas son utilisation, pour des raisons financières, avant la prochaine mandature.
Le coût prévu est de 3 306 000 € TTC.
Auquel il faut ajouter le coût du réaménagement de l’espace intérieur difficilement chiffrable aujourd’hui.

Consulter le dossier sur l’avenir de l’église Notre-Dame de Saint-Chamond (doc pdf)

Lire aussi

La population consultée sur l’avenir d’une église La Vie 23 avril 2009
À Saint-Chamond, les travaux de rénovation de Notre-Dame pèsent lourd dans le budget municipal. Les électeurs décideront dimanche de leur poursuite.
C’est une première en France. Le sort de la plus grande église de Saint-Chamond, dans la Loire, fermée depuis cinq ans, sera scellé dimanche 26 avril par un référendum municipal. Promis par le maire socialiste, Philippe Kizirian, lors de sa campagne électorale, et encadré par le code des collectivités territoriales, le vote portera sur cette question : « Pour ou contre l’achèvement de la restauration de Notre-Dame ? » L’entretien intérieur et extérieur de cet édifice, datant de la fin du XIXe siècle, est à la charge de la municipalité, conformément à la loi de 1905. Et, depuis vingt ans, les factures se sont empilées : 4 millions d’euros ont déjà été engloutis dans la restauration d’une flèche écroulée et 3,3 autres millions sont nécessaires à la fin des travaux. Une somme colossale pour une commune de 35 000 habitants qui compte huit autres lieux de culte. « Cette église de 1 000 places n’est plus adaptée à nos besoins, constate Paul Malartre, porte-parole du diocèse. L’évêque donnera son accord pour la démolition si une nouvelle chapelle de 200 places est construite à la place. »
« Ce projet est juridiquement pos­sible, mais financièrement inconce­vable », rétorque Michel Ponton, responsable financier à la mairie. En effet, la loi permet le financement par l’État d’un nouveau lieu de culte si son coût est inférieur ou égal à celui de la rénovation de l’ancien bâtiment. Mais le tarif de la démolition s’élevant à 2,7 millions d’euros, il ne resterait plus que 600 000 €. « À peine de quoi faire une chapelle en carton-pâte », s’insurge Béatrice de Andia, présidente de l’Observatoire du patrimoine religieux et fervente défenseure de Notre-Dame. « De plus, une démolition engendrerait la fermeture prolongée du centre-ville, la perte d’un monument symbolique et touristique. Et, surtout, l’argent déjà investi partirait en fumée », déplore Michel Ponton…
Le sort de Notre-Dame à Saint-Chamond se règlera dans les urnes la Croix 20 avril 2009 (doc pdf)
L’avenir incertain de l’église Notre-Dame de Saint-Chamond (Loire) (18 juin 2008)

Retrouvez sur Patrimoine en blog
d’autres notes sur des thèmes voisins dans les rubriques Quel avenir pour nos églises ?, Eglises en préil et Patrimoine de la Loire
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freulon
Invité
freulon

Il faut que cette église soit inscrite aux Monuments historiques comme elle aurait dû l’être depuis longtemps… car étant un MH, personne, ni la municipalité n’aura l’idée outrecuidante de la démolir.

giroux drivon
Invité
giroux drivon

je pense, à mon avis que l’église doit être conservée-
mais sans flèche, ce qui en effet déséquilibre le schéma de l’église et la rend ridicule-
l’intérieur doit être restaurée en tant que patrimoine-
c’est ce qu’il y a de mieux-
mireille giroux drivon-

Poizat
Invité

Bonjour,
Manifestement les budgets concernés dépassent les capacités financières de cette modeste commune. Alors si l’église présente un caractère architectural important dont le patrimoine national ne peut se passer il faut la classer monument historique et que les frais de restauration soient partiellement pris en charge par l’État français.
Sinon alors on ne pourra pas empêcher que la décision soit prise par les habitants du village ou leurs représentants.