Quid de l’avenir des chapelles d’hôpitaux ?

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www.bayeux-chapelledesaugustines.comJ’ai récemment reçu un message de l’Association pour la Sauvegarde de la Chapelle des Augustines de Bayeux (Calvados), fermée au public et au culte, pour des raisons de sécurité liées à son état dégradé.
Cette chapelle, construite au tout début du XVIII° siècle à l’initiative de Monseigneur de Nesmond, évêque de Bayeux est aujourd’hui propriété du Centre Hospitalier de Bayeux dont le plus ancien bâtiment remonte à Guillaume le Conquérant. Elle est située au coeur de la ville, allée des Augustines, en secteur sauvegardé, à proximité de la cathédrale, de l’Hotel du Doyen, du musée du Baron Gérard (ancien palais épiscopal ) et de l’ancien séminaire de Bayeux qui accueille aujourd’hui la célèbre tapisserie de Bayeux.


La chapelle doit faire l’objet d’importants travaux de rénovation pour lesquels l’association fait appel à la générosité de tous. L’objectif est de sauver la Chapelle et de la rendre au culte, notamment pour les malades du Centre Hospitalier de Bayeux et pour les milliers de visiteurs qui se pressent chaque année au coeur de Bayeux. Pour en savoir plus sur cette chapelle.
Ce message m’interpelle d’autant plus que le sort des chapelles d’hôptitaux apparait de plus plus dramatiquement sur la scène publique. Pour une réussite, menée à l’Hotel-Dieu de Lyon, combien de menaces et d’incertitudes ailleurs ? Sur ce blog nous avons déjà évoqué la confiscation de la chapelle de l’ancien Hopital Laennec à Paris, fermée depuis 2000, de la chapelle fragilisée de l’hôpital de Clermont L’Hérault, dans le département éponyme, du sort incertain de la chapelle de l’ancien Hopital Saint-Vincent (Broussais) à Paris dont le site fait l’objet d’une promotion immobilière. Cette question devra fait l’objet d’une étude à rentrée. Vos avis sur la question sont les bienvenus.

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7 réponses à Quid de l’avenir des chapelles d’hôpitaux ?

  1. LE BERRE dit:

    je suis actuellement le président de l’association pour la restauration de la chapelle des Augustines à Bayeux qui menace ruine. dans un contexte économique difficile, Mgr PICAN quittant prochainement le diocèse ne désire pas participer financièrement au projet, refus également de la municipalité et après contact pris avec le conseil général du Calvados, celui ci annonce des jours difficiles pour 2010. financièrement les difficultés vont en s’accroissant pour la restauration de cette chapelle

  2. LE BERRE dit:

    Je vous annonce que la première assemblée générale ordinaire de l’association pour la sauvegarde de la chapelle des augustines aura lieu le mercredi 7 octobre prochain à 18 heures au self du centre hospitalier de Bayeux et que cette réunion revêt d’une importance capitale. Nous demandons à toutes les personnes sensibilisées par ce grand projet de restauration de se mobiliser à cette occasion.

  3. La chapelle de l’hôpital Laennec, l’un des joyau du patrimoine parisien, en plein coeur de Paris représente le « fer de lance » de toute une polémique autour de ces chapelles qui se doivent d’être conservées, respectées et ouvertes au public.

    Nous avons un devoir de mémoire, nous nous devons de conserver notre patrimoine pour les générations futures avec tout ce que cela comporte d’ingrat et de difficile, nous nous devons d’être pugnaces, tenaces, revendicateurs.

    Que toutes les personnes de bonne volonté soient remerciées. Et encore merci à Benoit de Sagazan de nous informer quotidiennement de tout ce qui se passe. C’est tellement important , ceal nous pemet à notre tour de véhiculer ces informations précieuse.

    Nous représentons, grâce à Patrimoine en blog, une force inaltérable, une volonté d’avancer dans « la » bonne direction et de ne pas « lâcher ».

  4. Honos dit:

    Pour l’entretien de ces chapelles, le minimum serait qu’elles soient desservies : mais cela n’est plus tellement possible puisqu’une loi défend aux communautés religieuses (surtout traditionnelles ) d’être présentes en ville à Paris. Les communautés religieuses modernes justifient leur action par un apostolat différent (certains diront une autre religion) et les visites d’hôpitaux sont laissées aux laïcs : voyez le résultat. On peut en conclure que l’Eglise moderne en France passe allègrement à côté de sa véritable mission sauf dans quelques lieux comme à la chapelle de la Pitié où il existe encore un semblant d’animation liturgique (visite des reliques de sainte Thérèse). Par extension, dans nos cathédrales qui sont devenues des « monuments historiques », par exemple à Notre-Dame de Paris, il est impossible d’y emmener un malade en fauteuil roulant car il n’existe aucune rampe d’accès et il faut faire demi-tour à mi parcours (ce qui est de toute façon impossible en cas d’affluence des touristes) et on ne pourra arriver dans ce cas précis pour se recueillir devant la statue de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs qui se trouve dans la chapelle axiale derrière le choeur ! La vocation de l’Eglise est pourtant de se porter au secours des plus faibles. Je me réjouis de voir que le thème des prochaines Journées du Patrimoine concernera l’accessibilité aux publics handicapés.
    Pour finir, dresser un répertoire des chapelles d’hôpitaux en déshérence ne peut avoir pour objectif que de les réaffecter au culte, ou bien de les vendre à la FSSPX qui seule a la faculté d’acheter ses propres églises et de les entretenir.

    • sagazan dit:

      Outre la charge idéologique de votre commentaire, je trouve votre votre commentaire assez peu en phase avec la rélaité que j’observe sur terrain. Je vous ferai simplement remarquer que l’Eglise anté-concilaire à laquelle vous semblez attaché n’entretenait pas forcément mieux les églises et notre patrimoine religieux. Qu’au cours du XIXè siècle et début du XXè beaucoup d’églises romanes ont été détruites et remplacées par des églises construites à la hâte et dont la fragilité originelle cause aujourd’hui nombre des mises en péril.
      D’autre part la sauvetage de notre patrimoine religieux est l’affaire de tous.
      Le culte liturgique est important dans la destination d’un édifice cultuel. Nous sommes bien d’accord, mais il ne la résume pas exclusivment. Relisez Barrès (cf La grande pitié des églises de France 1914), et vous erez peut-être aussi concaincu d’une église ou une chapelle est aussi importante pour « celui qui s’agenouille au pied de l’autel que pour celui qui la regarde depuis la place du village ». L’église est aussi nécessaire au fidèle pratiquant, qu’à celui qui passe, celui qui vient y déposer son fardeau, celui qui vient en découvrir les richesses artistiques et, qui sait, en recueillir le message.
      En relisant le livre de Michel de Saint-Pierre, écrit au début des années 70, et qui dénonçait, comme vous le faîtes, « l’Eglise moderne » comme principale cause de la mise en péril des églises, j’observais par exemple que bien des exemples cités, -à coté de cas dramatiques et irrécupréales, il faut bien le reconnaître – sont aujourd’hui sauvés et par pas ceux que l’on croit. je pense à cet instant à l’abbaye de Sylvanès, en Aveyron, sauvée par un dominicain « moderne » jusque dans sa liturgie.
      La situation n’est pas aussi manichéenne que vous la dépeignez. Toute époque a détruit des éléments de notre patrimoine que nous ne récupéreons plus, y compris celle de glorieux aïeux. Si des erreurs « pastorales » ont été commises au cours des décennies précédentes, il me semble bien révolu le temps où l’on pouvait opposer l’action à la contemplation. je crois qu’en matière de sauvetage et de valorisation de notre patrimoine religieux, nous faisons de grand progrès. Et ce malgré des situations de péril qui existeront à toute époque et contre les quelles il faudra toujours se battre.

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