Un prince français au service du patrimoine historique

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9782756402383 PATRIMOINE HISTORIQUE ET CULTUREL – LIVRE

A côté d’une vie professionnelle, essentiellement accomplie dans la banque, le Prince Jean d’Orléans, duc de Vendôme, sillonne depuis dix ans le pays à la rencontre des hommes et des femmes qui s’engagent à le faire vivre et grandir. Des milliers de personnes ont été ainsi rencontrées, issues des mondes religieux, politiques économiques, sociaux et culturels.

De ces rencontres sont nées un livre, Un prince français (Pygmalion 2009), dont quelques pages  évoquent la relation que le prince entretient avec les patrimoine historique,  une vie publique et une activité professionnelle au service du patrimoine.

Jean d’Orléans a bien voulu parler de tout cela pour les lecteurs de Patrimoine-en-blog. Il évoque également l’année Henri IV qui sera commémorée en 2010, son attachement au patrimoine historique de la famille d’Orléans….

Monseigneur, vous apparaissez de plus en plus souvent sur la scène publique. Comment vivez-vous cette nouvelle phase de votre vie et quelle place le patrimoine historique y tient-il ?

A côté de ma vie professionnelle, j’ai souhaité depuis dix ans avoir un vrai engagement au service de la France et des Français. Et comme mon grand père, plutôt que d’apprendre les choses dans les livres, j’ai préféré aller voir sur place et m’imprégner de ce qui fait le pays et de rencontrer les personnes qui le font marcher, de voir la relation que la France pouvait entretenir avec les pays de l’espace francophone. J’ai accompli une dizaine de voyages par an,  rencontré chaque année un millier de personnes, et cela durant dix ans. Ce qui doit totaliser plus de 100 000 personnes qui comptent.

Ces personnes  appartiennent à des milieux très variés. J’ai rencontré des évêques, des prêtres qui ont des actions dans le domaine social, des directeurs de séminaires, des moines. J’ai fait la même chose  dans le monde politique où j’ai échangé avec des maires, des conseillers généraux et régionaux, quelques élus nationaux. Je me suis aussi beaucoup intéressé au domaine social, au monde du handicap et celui de l’enfance en difficulté. Dans le domaine de la culture, j’ai visité des sites restaurés, des musées atypiques, de villes dont le patrimoine ancien et nouveau avaient été mis en valeur, des chantiers d’urbanisme… Je suis allé aussi à la rencontre de chefs d’entreprises familiales, visité des sites de haute technologie, des industries de pointe. J’ai voulu également entendre des enseignants dans les écoles et des responsables éducatifs. J’ai désiré voir ce qui fait véritablement vivre la société française et le vrai engagement de ces hommes et de ces femmes dans le monde d’aujourd’hui qui font de notre pays une société bien vivante ou qui dans leur domaine font référence d’excellence.

Et l’idée m’est venue de créer une association Gens de France pour y rassembler les personnes intéressées par mon action et de les mobiliser sur certains engagements que j’ai regroupé en quatre axes : l’histoire et le patrimoine, le développement durable, l’économie sociale, la francophonie. Et puis je me suis dit pourquoi ne pas faire d’un de ces axes mon métier. Comme j’ai reçu de mes parents un lien privilégié avec l’Histoire de France, j’ai choisi d’orienter ma vie professionnelle autour de la culture et du patrimoine. C’est pour cette raison que j’ai ainsi quitté la banque il y a trois ans pour fonder Avenir et patrimoine qui oeuvre pour la promotion du patrimoine historique français.

En quoi consiste votre activité professionnelle ?

Ce service du patrimoine je l’accomplis par différents moyens : autour d’une activité de conférencier international, d’organisation d’événements culturels et de levée de mécénat.

Mon activité de conférencier m’amène régulièrement à parler aux Etats-Unis, notamment en lien avec la French Heritage Society, et en France, notamment à Chantilly à destination d’entreprises. En 2010, je serai très sollicité par « l’année Henri IV », à l’occasion de la commémoration du 400è anniversaire de son assassinat.

Côté événements culturels et mécénat, j’ai participé pour le chateau de Compiègne, sur le montage d’une exposition sur le mariage de Louise, fille du roi Louis-Philippe, avec le premier roi des Belges. Pour cet événement, j’ai pu inviter la famille royale belge et j’ai décroché un mécenat AXA Art pour la restauration d’un tableau qui décrivait la scène. A Francfort, en Allemagne, plus récemment, à l’occasion d’une grande exposition autour de l’ébéniste Boulle, j’ai participé à des recherches de mécénat et aux relations avec les familles princières allemandes. Mon métier c’est d’être une tête de pont.

En 2010, l’année Henri IV sera donc une année très importante pour vous…

Effectivement, outre les conférences dont je vous ai déjà parlé, je travaille sur plusieurs projets allant de l’édition d’un livre d’art à la mise à l’honneur de la « poule au pot » lors de la Semaine du goût.  J’envisage d’autre part de susciter des actions de mécénat en faveur du patrimoine de certaines villes liées à la vie de Henri IV, telles Dreux ou Vendôme… Tout cela se faisant en lien avec le comité, constitué autour de la Société Henri IV, qui pilote les événements de cette année  commémorative.

Quel lien personnel entretenez-vous avec le patrimoine historique ?

Je ne sais pas si c’est un privilège, mais j’ai reçu un lien naturel avec l’Histoire et son patrimoine historique. Mais ce qui m’intéresse n’est pas seulement de vivre intimement ce lien mais de mettre aussi en lumière ce qu’un monument ou un événement historique et culturel dit de notre pays et de notre civilisation. J’apprécie particulièrement l’art gothique qui est un art purement français, pour ne pas dire de l’Ile-de-France. Il est l’expression d’un certain génie français, créatif et novateur extraordinaire. Il y a un enseignement à tirer de ce patrimoine religieux, parce qu’il a participé au rayonnement culturel, artistique et spirituel de l’Europe. Il a été aussi un centre de l’expression artistique et éducatif. La France a cela d’extraordinaire d’avoir développé ses villages et ses villes autour des églises et des cathédrales qui sont pour la plus part des édifices exceptionnels.
Bien évidemment m’intéressent aussi personnellement les sites actuellement ou anciennement liés à la famille d’Orléans : Amboise, Compiègne et son théâtre Louis-Philippe, Chantilly…  Sentimentalement, je suis très attaché à Dreux, parce que j’y ai grandi, j’y retourne fréquemment les week-end. C’est un domaine dont l’Histoire se manifeste dans ses murs : la guerre de cent ans, les guerres de religions, la révolution, les guerres mondiales… Y reposent aussi dans la chapelle royale les défunts de la famille d’Orléans. Cette chapelle est une pure merveille de l’architecture du XIXè siècle. Il y a aussi ce parc à l’anglaise, malheureusement très abimé par les tempêtes… Je voudrais par mon métier ouvrir ces lieux qui me sont chers et partager la passion que je leur voue.

Le président de la République a émis le voeu de créer un musée de l’Histoire de France. Louis-Philippe, un de vos ancêtres, en avait créé un à Versailles. Que pensez-vous de cette idée ?

J’avais, moi-même, émis cette idée autour du projet de reconstitution du palais des Tuileries, l’aile manquante du Louvre. J’étais intervenu sur l’opportunité de restituer la perspective du Louvre, d’offrir de meilleures conditions d’accueil du public, de proposer dans les salons du premier étage non pas un musée « de l’Histoire de France » mais « des institutions de France ». Car le Louvre et les Tuileries ont été à toutes les époques un lieu de décision. Cette idée du président rejoint un peu celle-là.
L’idée du musée de l’Histoire de France de Versailles était de retracer l’épopée de notre pays, notamment à travers ses grandes batailles. Est-ce cela qu’il faut moderniser ? Va-t-on déshabiller les musées historiques de province pour celui-là ? Il conviendra de répondre à toutes ces questions. Mais je pense que cette idée est bonne à condition de considérer l’Histoire de France comme un élément vivant et non pas poussiéreux. Un tel musée devra rendre vivant nos racines, il permettra aux Français de savoir d’où ils viennent. Cela me parait très important. Moi-même, j’aime dire que je pense en prince chrétien et que j’agis en prince français.

Propos recueillis par Benoit de Sagazan

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RALLION

Bonjour, À mesure que je parcours votre histoire, le récit de vos activités, que je prends conscience de votre résonance dans le monde actuel, je me prends à rêver d’une nouvelle RESTAURATION, d’une nouvelle monarchie de Juillet. Mais comment, constitutionnellement, pouvez-vous prendre place dans l’échiquier politique? Assurément, la France a besoin de vous, des membres qui formeront votre entourage politique. Mais, va t-il devoir s’agir d’une alliance avec la droite actuelle ou rebâtir un nouveau gouvernement à la fois monarchique, constitutionnel, démocratique, européen mais sur des bases souverainistes? Je me pose la même question vis à vis du Québec et… Lire la suite »