Tant que les églises auront des anges gardiens

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nativite-vitrail-10ci-contre vitrail de la nativité 19° siècle, abside cathédrale Saint-Omer (Diocèse d’Arras, Pas-de-Calais)

J’ai reçu début décembre, ce message de Pascal « propriétaire d’une église ». Je vous le livre tel quel, tant il sonne comme un conte de Noël :

«  La quarantaine sonnée je suis propriétaire d’une ancienne église votive depuis peu. Les pèlerinages s’ y sont arrêtes en 1952, elle a définitivement fermé ses portes aux fidèles voilà bientôt 50 ans. Tous les anciens du village y ont fait leur communion jusqu’en 1962.

Désacralisée, son mobilier a été dispersé dans d’autres églises, abbayes,couvents. Les objets pieux ont été vendus et donnés. Le reste a été brûlé sur place. Vendue à un particulier en 1976 sa descente en enfer n’était pas encore terminée pour autant.

L’ancien propriétaire y a stocké son matériel BTP. Comme il restait de la place et du volume elle a été louée. C’est alors que sous les yeux effarés des villageois, par camions des voitures usagées y terminaient leur course pour être désossées. A son tour un tailleur de pierre s’est installé pour travailler et stockant lui aussi plusieurs tonnes de pierres. Des fuites importantes se sont multipliées pendant ces 30 dernières années laissant la nature reprendre ses droits. Le résultat vous l’imaginez ! le lierre a fini par l’envahir et les arbres, eux aussi, se sont multipliés,poussant dans les murs,crevant la toiture, sectionnant les gouttières écartant au passage à force de grandir les pierres maçonnées. Les chapelles n’ont pas été épargnées non plus.

En vente pendant plusieurs années le propriétaire de l’époque a même demandé un permis de démolition. Découvrant son existence par hasard à 600km de là j’ai été tout de suite interpellé comme les innombrables acquéreurs potentiels. Probablement que dans sa longue plainte au secours elle a, elle aussi, fait le bon choix.

Une histoire très particulière s’est alors installée entre elle et moi. J’ai vendu ma maison, mes meubles, quitté ma ville natale, ma famille, mes amis ainsi que mon travail pour venir à son secours. Redémarrant tout à zéro bien qu’il faille ramer doublement, c’est un merveilleux challenge. Lorsque j’ai un coup de « mou » il me suffit d’aller à l’intérieur de fermer les portes,de m’asseoir en la regardant et écouter juste son silence.. A ce moment là je réalise que j’ai fait le bon choix, celui d’entreprendre sa sauvegarde avec pour objectif de lui ré attribuer son identité propre.

Nous sommes peu en France à avoir le privilège d’être propriétaires d’une ancienne église c’est un luxe que je ne veux en aucun cas gâcher en y faisant mon habitation. La sacristie et sa courette me suffisent personnellement l’église restera église. Bien que désacralisée elle possède encore ses chapelles avec autels et maître autel , vitraux etc.…

Dans quelques années je l’espère elle pourra enfin fièrement de nouveau ouvrir ses portes pour être visitée, avec ponctuellement des moments phares à thèmes. Si vous aussi avez la passion du patrimoine et que vous êtes propriétaire d’église, chapelle… et que vous voulez partager cette passion je suis moi aussi demandeur. »

Aujourd’hui cette église cfa basilique Saint-Benoît Joseph Labre de Marçay, dans la Vienne,) dont Pascal a du se séparer, a été rachetée par Jean-Denis Touzot, libraire entreprenant, qui la restaure pour y créer un centre culturel dédié aux livres

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Lavigne Gregory
Lavigne Gregory
5 février 2015 11 h 29 min

Bonjour, est il possible de procéder a un mariage dans votre monument?
le but étant de faire une cérémonie « folklorique » dans un lieu désacralisé…

Cordialement.