Le maire de Gesté démolit l’église sans permis

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EGLISE EN PERIL

Eglise de Gesté démolie 3Eglise de Gesté démolie 4

Reçu ce matin (19 juin 2013) ce courriel  de l’association Mémoire vivante du patrimoine gestois (MVPG) :

A la surprise de tous, les pelleteuses ont attaqué les murs ce matin !!!!

Reçu ce courriel complémentaire :

 » Ils ont commencé la destruction. Nous espérons que le juge des référés va faire cesser ce scandale, notre dossier passe le 8 juillet au TA de Nantes, mais ce sera sans doute trop tard. Il est important que nos élus soient condamnés, d’une manière ou une autre, afin que les maires de France ne puissent pas renouveler cet acte de lâcheté et de vandalisme. «  Alain Durand, trésorier de MVPG

Signez lapétition contre la démolition de l’église de Gesté

Le Maine-et-Loire sinistré

Le chantier de démolition est assuré par une entreprise spécialisée d’envergure nationale et dont le siège social est domicilié dans le Maine-et-Loire. Département dans lequel on compte le plus de projet de démolition d’églises.

Outre celle de Gesté aujourd’hui ont été démolies l’église de Saint-Aubin-du-Pavoil  (2013), le clocher de Valanjou (2007), et l’église de Saint Georges des Gardes (2006).

Quant à l’église de Sainte-Gemmes d’Andigné, promise à la démolition par le conseil municipal, le chantier a été bloqué par une instance de classement « Monument historique » (2013)

Lire à propos des nombreuses polémiques qui entourent les églises du XIXè siècle dans la région des Mauges l’excellent article de Guy Massin Le Goff, Conservateur départemental des antiquités et objets d’art du Maine-et-Loire, sur La polémique autour de la démolition des églises : le cas du Maine-et-Loire paru dans  In Situ, la revue des patrimoines, en décembre 2009. En voici les chapitres :

Étranges pratiques commerciales au détriment des églises rurales

Dans cet article passionnant, l’auteur dénonce une pratique commerciale aussi étrange qu’inquiétante qu’il qualifie de « bonne aubaine pour les aigrefins » :

 » Voici une bonne dizaine d’années déjà qu’un maire angevin reçut la visite inopinée d’un individu, de lui inconnu, se présentant comme « architecte » œuvrant dans un département voisin, lui intimant l’ordre de fermer incontinent son église qui selon lui, menaçait de s’effondrer. Les apparentes fissures dans certains murs étaient signes de sa prochaine autodestruction. Une telle mesure, à la veille de Noël dans un bastion du catholicisme local ne pouvait être prise inconsidérément et le service départemental de l’Architecture et du Patrimoine alerté se déplaça dans l’urgence, rassurant la municipalité sur la solidité de l’édifice. Il s’agissait d’une supercherie.

Eglise de Gesté démolie 2Le cas ne devait pourtant pas rester isolé, bien au contraire, car il se révéla la première tentative en Anjou d’une pratique de démarchage commercial basé sur l’affolement des petites municipalités rurales dans un contexte psychodramatique. Plus de trente communes furent ainsi inquiétées, leurs maires soumis à une pression constante jusqu’au moment où le démarcheur se voyait soit congédié, soit arrachait contre vingt-cinq mille euros un contrat de diagnostic architectural et sanitaire de l’édifice. Toutes les communes ou presque y souscrivirent. Elles reçurent en guise de conclusion l’estimation globale de remise à neuf de l’église, toujours chiffrée aux alentours du million et demi d’euros, somme astronomique pour des communes de cinq cents habitants en moyenne. Deux ou trois d’entre elles -les plus peuplées – l’acceptèrent, les autres, dépitées et navrées, jugèrent plus économique de détruire l’église et de la remplacer par une petite chapelle en béton. On appelle ça une « déconstruction », ce qui est en l’occurrence une monstrueuse faute de français. « 

Gesté. La commune engage la déconstruction de l’église

(Courrier de l’Ouest du 17 juin 2013)

Estimant ne pas avoir besoin d’un permis de démolir pour reconstruire, la municipalité a lancé lundi (17 mai) l’opération de déconstruction de l’église Saint-Pierre aux Liens, alors même qu’une décision administratrive de justice rendue en appel protégeait l’édifice. (…)

Mémoire vivante du patrimoine gestois qui avait obtenu un sursis en principe définitif pour cette église s’insurge et dénonce le fait accompli. Lire l’intégralité de l’article sur le Courrier de l’Ouest

Lire aussi

  • Une église détruite contre la volonté de la justice Figaro 20 juin 2013  : Les 2 600 habitants de Gesté (Maine-et-Loire) en ont les bras qui tombent. Des pelleteuses sont arrivées mardi en Anjou pour démolir leur église, immense édifice néogothique du XIXe siècle, situé au cœur de la ville. La population est d’autant plus sous le choc que la municipalité (PS), qui a voté la démolition en 2007 pour reconstruire une église moderne de taille plus modeste, s’est vu refuser le permis de démolir par les autorités administratives.
  • Gesté : destruction et reconstruction de l’église et passions déchaînées France 3 20 juin 2013
  • La SPPEF attaquera en justice le maire de Gesté et le préfet La tribune de l’Art 19 juin 2013.
  • Patrimoine : la triste histoire de l’église de Gesté Le Point.fr 18 juin 2013 : Détruite une première fois en 1794, l’église de la petite ville du Maine-et-Loire est désormais menacée par le propre maire de la commune…
  • En dépit des décisions de justice, la démolition de l’église de Gesté va commencer La tribune de l’Art 17 juin 2013 : Comme nous l’avions écrit récemment, le conseil municipal a donc à nouveau voté la démolition le 6 mai, et le maire a passé un appel d’offre pour qu’une entreprise mène ce chantier. Aujourd’hui 17 juin, il a convoqué la presse locale à 16 h pour annoncer sa décision, la démolition devant commencer incessamment. L’avocat de l’association a déposé ce jour un référé en suspension et une requête en annulation de la délibération du conseil municipal, mais il est probable que la démolition commencera dès demain. Il ne reste que peu d’alternatives possibles pour empêcher ce vandalisme. La première serait que le ministère de la Culture, qui est au courant de la situation, prenne ses responsabilités comme à Saint-Gemmes-d’Andigné (ou à Fontainebleau) et prenne un arrêté d’instance de classement. Mais celui-ci doit intervenir immédiatement.

[googleMap name= »église Saint Pierre aux liens » directions_to= »false »]Gesté, Maine-et-Loire, France[/googleMap]

 

 

 

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3 Commentaires sur "Le maire de Gesté démolit l’église sans permis"

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DALLA LONGA Gisèle
Invité

« On peut se demander si c’est vraiment possible… »

Michel
Invité

inadmissible !!!!

Catherine D
Invité

un nouveau marché pour des gens peu scrupuleux………

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