Mécénat pour la restauration des monuments historiques de la Légion d’Honneur

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MECENAT – LEGION D’HONNEUR

La Fondation du patrimoine et la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur ont signé le 13 septembre 2013 à Paris une convention-cadre de partenariat pour la restauration et la mise en valeur de l’Hôtel de Salm, dit Palais de la Légion d’honneur,et de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis, installée dans l’ancienne abbaye royale de Saint-Denis depuis 1809

File:Hôtel de Salm.jpg(Extraits du Communiqué de presse) L’Hôtel de Salm, dit Palais de la Légion d’honneur, sis au 1 rue de Solférino à Paris, abrite depuis plus de deux cents ans la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur et la résidence du Grand Chancelier, ainsi que le musée de l’institution. Construit de 1782 à 1787 par l’architecte Pierre Rousseau pour le prince Frédéric de Salm-Kyrbourg, ses décors intérieurs furent entièrement repensés dans les années 1870. Il conjugue majesté et charme dans ses salons d’apparat comme dans ses façades : cour d’honneur ceinte d’un portique à colonnes ouvrant par un arc triomphal et villa campanienne agrémentée d’un jardin longeant la Seine.

Maison d'éducation de la Légion d'honneur à Saint-DenisLa Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis, installée dans l’ancienne abbaye royale de Saint-Denis depuis 1809, jouxte la célèbre basilique gothique où sont inhumés les rois de France. Etablissement d’enseignement public placé sous l’autorité du Grand Chancelier, elle accueille 500 élèves de lycée. C’est la deuxième maison fondée par Napoléon, en 1809, après celle d’Ecouen en 1807. Les bâtiments – dont l’architecture médiévale a subsisté jusqu’en 1700 – ont été entièrement reconstruits par de prestigieux architectes du XVIIIe siècle.

L’hôtel de Salm, classé au titre des Monuments historiques

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L’hôtel de Salm fut construit de 1782 à 1787 par l’architecte Pierre Rousseau pour le compte du prince allemand Frédéric de Salm-Kyrbourg. Edifié sur un terrain acheté au prince de Conti, il conjugue majesté et charme : une cour d’honneur ceinte d’un portique à colonnes ouvrant par un arc triomphal sur la rue de Lille, et une villa campanienne agrémentée d’un jardin longeant la Seine.

Prodigue, Frédéric de Salm-Kyrbourg ne réussit jamais à payer son palais. La Révolution survint qui mena le prince à l’échafaud, en même temps qu’Alexandre de Beauharnais (1794). Pendant les dix années qui suivirent, l’hôtel de Salm connut différents locataires et abrita un temps un club politique républicain fréquenté par Madame de Staël.
En mai 1804, le comte de Lacepède acquit l’hôtel pour y installer le siège de la Légion d’honneur créée deux ans plus tôt par Napoléon Bonaparte. L’édifice prit alors l’appellation de palais de la Légion d’honneur. Restauré par Antoine Peyre, il fut agrandi et modernisé au fil du temps avec, en particulier, la création de bâtiments pour les services administratifs sous le second Empire. En 1871, le palais devint le quartier général du général Eudes et fut dévasté par le feu le 23 mai
en même temps que les Tuileries, la Cour des comptes ou l’Hôtel de Ville.

Grâce à la détermination du grand chancelier, le général Vinoy qui lança une souscription auprès des légionnaires et médaillés militaires, il put être rapidement restauré – par l’architecte Anastase Mortier. Les façades, restées debout malgré l’incendie, furent conservées dans leur élégance du XVIIIe. La décoration intérieure fut en revanche entièrement
repensée et conçue à la gloire de la Légion d’honneur. Dernière grande évolution du bâtiment, le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie ouvrit ses portes en 1925, à l’emplacement des écuries du palais.

Des espaces remarquables méritent d’être restaurés : il s’agit de la salle du Conseil, du bureau du grand chancelier, du salon des Maisons, du salon Blanc, ainsi que de la cour d’honneur et de ses jardins. Depuis 2011, trois campagnes de travaux ont permis de restaurer le grand vestibule, le salon des Muses, le salon de l’Aurore, le salon des
grands chanceliers, le salon de la Rotonde, ainsi que les façades.

  • ► La salle du Conseil Cet espace est dédié depuis sa construction en 1874 aux réunions des conseils de l’Ordre. La pièce présente un riche décor en ornementation et en symboles. Les ensembles de portes à trois panneaux rythment l’espace, face aux grandes fenêtres des jardins. Au-dessus des lambris de soubassement et des moulurations formant des grands cadres muraux, on observe des guirlandes de feuilles de lauriers, des résilles, des fleurs et cornes d’abondance de fruits, des volutes, des têtes de lions, des ancres marine et des rubans. La voussure est richement décorée des attributs des Arts, de la guerre navale et terrestre. L’ancre marine représente la puissance de la flotte navale sous l’empereur Napoléon III. Les têtes de lions, les aigles ou les abeilles sont symbolesde puissance, de travail et d’immortalité. Des textes gravés sur un marbre noir, au-dessus d’un ensemble de porte et du trumeau de cheminée rappellent la création de la Légion d’honneur et l’histoire mouvementée du bâtiment. Dans les années soixante-dix l’ensemble a été entièrement recouvert de peinture blanche, gommant ainsi toutes les nuances de couleur du décor. La restauration consistera à restituer l’harmonie du décor de l’époque Napoléon III, constitué par le mobilier, la cheminée et l’ornementation. La polychromie originelle sera recherchée : les teintes rouge/ombre brûlée sur les ornementations et la voussure, la mouluration noire ébène sur les cadres muraux, les décors de faux bois acajou sur les portes et lambris ; la couleur bleue du plafond sera restituée, et la frise de feuilles d’acanthes redorée. Enfin la structure des fauteuils d’origine en bois d’acajou sera dégagée de la patine qui les recouvre.
  • ► Le bureau du grand chancelier Le décor de cette pièce est remarquable par sa composition, son harmonie et sa variété : on observe des guirlandes de feuilles de laurier, des cadres avec résilles, des fleurs des coquilles, des consoles à tête de lions avec des volutes, oves, rinceaux, feuilles de chêne, étoiles. La grande cheminée en marbre et les quatre ensembles de portes à deux vantaux aux angles rythment l’espace éclairé par des fenêtres ouvrant sur les jardins. Deux panneaux décorés d’ornements représentent des attributs de la guerre et de l’armée. Sur la corniche alternent des médailles, des couronnes de lauriers et des attributs des Arts. Des sondages ont mis en évidence sous l’actuelle peinture blanc et or, l’existence d’un riche décor mural en camaïeu de rouge, violet et noir assorti aux couleurs du marbre de la cheminée, ainsi qu’un décor géométrique sur fond rouge sur la corniche et un ciel bleu au plafond. L’objet de la restauration consistera à restituer l’harmonie, l’équilibre du décor second empire, tel qu’il avait été conçu.
  • Le salon des maisons Ce salon est le point de départ des salons en enfilade jusqu’à la rotonde. Pour pallier l’absence de vues extérieures, une grande verrière composée de vitraux remarquables l’éclaire zénithalement. Les murs et le plafond peints d’une couleur grise uniforme sont ornés de scènes représentant les maisons d’éducation. L’ensemble est froid et contraste en élégance et en finesse avec les salons qu’il précède. La restauration consistera à restituer les couleurs du décor originel découvert lors de sondages.
  • Le salon Blanc Ce salon contigu au salon de la Rotonde est admirable par la finesse et la légèreté de son décor mural de gypseries consacrées aux Arts. La peinture décorative du plafond esquisse des scènes colorées, en harmonie avec le cadre agreste du palais en bordure de Seine, face aux jardins des Tuileries. Le blanc et le gris très pâle recouvrent uniformément l’ensemble ; les lignes des volutes, des motifs floraux et des drapés se sont empâtés et ont perdu leur lisibilité. L’objet de la restauration consistera à reconstituer l’équilibre des décors afin de retrouver la richesse des dessins, des guirlandes, des cartouches et des trophées.
  • Cour d'honneur de l'hôtel de SalmLa cour d’honneur Inchangée depuis sa création en 1785, l’élégante cour rectangulaire est formée sur ses quatre faces par une colonnade créant une galerie surélevée. Quatre-vingt colonnes d’ordre ionique scandent cet espace spectaculaire, dont la composition est inspirée des temples romains. L’ensemble présente des désordres et un vieillissement prématuré. Les maçonneries des bases de chapiteaux sont altérées, éclatées suite à des tassements du sol, les remontées capillaires provoquent des éclatements des parements en pierre. Les ouvrages sculptés (chapiteaux, feuilles d’acanthe, torsades, volutes), les éléments saillants (corniche, larmier, plates-bandes de l’architrave, etc.) sont érodés et fragilisés par les intempéries. Sous les galeries, les murs ont été recouverts dans les années soixante d’un enduit en plâtre blanc, qui a été peint : l’ouvrage est dégradé et disgracieux, diminuant l’harmonie de l’ensemble. Bien que protégé le bas-relief nécessiterait également une restauration fine. Afin de redonner à cette cour tout son éclat, il est par ailleurs projeté de restituer le caractère minéral du lieu, tel qu’il avait été conçu par l’architecte Pierre Rousseau en 1785 : les aménagements consisteront à recouvrir la totalité du sol d’un pavage soigné et de fins gravillons.
  • Les jardins L’organisation du plan de l’hôtel dessiné par l’architecte Pierre Rousseau a permis de créer les jardins en terrasse dominant la Seine, face à la terrasse au bord de l’eau du jardin des Tuileries. A l’origine les essences plantées par le maître-treillageur Martin étaient très variées (fruitiers, arbre de Judée, sorbiers, chèvrefeuilles, seringats, etc…). Aujourd’hui les végétaux de taille disparate sont repartis en bordure de la propriété, sans composition particulière. Par ailleurs la présence de voie de circulation à grand trafic ne permet plus l’usage habituel du jardin. La restauration consisterait d’une part à retrouver l’esprit et l’organisation du jardin de la fin du XVIIIe siècle, et d’autre part à retrouver l’usage et le calme des lieux en créant des clôtures élégantes, mais adaptées à l’environnement urbain agressif.

Les bâtiments de l’abbaye royale de Saint-Denis. La Maison et son parc sont classés « Monuments Historiques ».

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Les bâtiments de l’abbaye royale de Saint-Denis – qui abritent aujourd’hui la Maison d’éducation de la Légion d’honneur – ont été construits au cours du XVIIIe siècle, à l’emplacement de l’ancienne abbaye médiévale. En 1699, le grand prieur s’adresse à l’architecte du Roi, Robert de Cotte, qui établit les plans et commence les travaux un an plus tard. En 1725, ils sont interrompus faute de financement. Après la mort de Robert de Cotte, ils reprennent en 1735 avec un nouvel architecte, Charles Bonhomme, sur des plans validés par Jacques V Gabriel. Entre 1752 et 1754, l’architecte Jacques Bayeux les modifie et termine la construction de certains éléments de l’abbaye. De 1776 à 1781, l’architecte de Waily réalise les bâtiments d’accès à la Cour d’honneur. En 1795, l’abbaye est transformée en hôpital militaire.

C’est en 1809 que Napoléon Ier y installe la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Les communications avec l’ancienne église abbatiale (aujourd’hui basilique) sont condamnées. Les XIXe et XXe siècles voient des travaux d’aménagements, principa-lement des entresolements pour créer des chambres pour les élèves, des appartements de fonction et des bureaux; mais aussi un nouveau bâtiment, actuellement salle de concerts et de spectacles.

Certaines parties dégradées de la Maison nécessitent une restauration, et en particulier le portail d’entrée de la Cour d’honneur, la grille du Frère Denis, le garde-corps de l’escalier dit de la Chapelle, la façade Nord, et la couverture de l’aile intendance :

  • Portail d’entrée de la Cour d’honneur Les deux ailes en fer à cheval qui délimitent la Cour d’honneur en hémicycle comportent deux pavillons d’extrémité. Ils bordent un portail monumental datant de 1780, entrée principale de la Maison, formé de deux éléments dont les élévations internes enserrent une avant-cour. Or, des altérations visibles dégradent l’aspect du portail : état vétuste des portes dont la peinture s’écaille, caractère très altéré des parements en pierres de taille apparentes mais aussi la présence de fissures, … Les travaux ont pour objet de restaurer l’ouvrage à l’identique.
  • Grille du Frère Denis et garde-corps de l’escalier dit de la Chapelle La Maison d’éducation s’organise autour du cloître, dont les galeries donnent accès, à l’angle Sud-Est (entre le réfectoire et la chapelle), à un escalier monumental qui distribue les étages. L’accès vers l’escalier est commandé par une impressionnante grille en fer forgé avec décor de feuillages et rinceaux en tôle repoussée datant du XVIIIe siècle, attribué au frère Pierre Denis. L’escalier est également doté d’un magnifique garde-corps en fer forgé. La grille et le garde-corps de l’escalier ont perdu des éléments de décor et sont dans un état très préoccupant. La grille n’a bénéficié a priori d’aucune restauration depuis sa création au XVIIIe siècle, hormis un passage à la flamme partiel. Son état général est dégradé, beaucoup de parties sont manquantes (comme des fleurs de lys et des chiffres – dépôt ou démolition des symboles de la royauté à la Révolution) ; certains éléments sont usés par le temps. Le garde-corps de l’escalier est très dégradé dans son ensemble, certains motifs sont devenus invisibles, et certains éléments décoratifs sont absents; ils nécessiteront donc un travail de recherche pour être restaurés.
  • La façade Nord La façade nord de l’abbaye longe la nef de la basilique récemment restaurée. Extrêmement dégradée, elle nécessite des travaux de consolidation et de restauration des parements en pierre ainsi que des grandes verrières métalliques et des menuiseries bois du XVIIIe siècle.
  • La toiture de l’aile intendance Cette toiture, supportée par sa charpente d’origine (XVIIIe siècle), est recouverte en ardoise d’Angers. Elle appelle aujourd’hui à une rénovation complète suite aux fuites répétées et aux désordres constatés qui mettent en danger la charpente.

 

 

Mardi 17 septembre 2013

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