Ces églises qui ressuscitentArticle pouvant être lu en 4 minute(s) (hors éléments audio ou vidéo)

EGLISES EN PERIL

Dans son édition du 5 mai 2014, Sud-Ouest consacre un dossier aux « églises qui ressuscitent » et dans le cadre duquel mon confrère Sylvain Cottin m’a interviewé

L’article est accessible sous ce lien

Sud ouest 05 05  2014

Dans son article, Sylvain Cottin a raison de souligner la difficulté de circonscrire un sujet quand quand on n’en connait pas l’exacte étendue. Personne n’est à ce jour capable de dire avec une précision raisonnable combien d’églises et de chapelles existent en France. ceux qui avancent des chiffres le font trop souvent au doigt mouillé, manipulant des extrapolations avec une légèreté qui me déconcerte et des intentions que je ne partage pas.

Aujourd’hui entre 45 000 et près de 50 000 églises et chapelles ont été recensées (lire ma note Combien d’églises en France ?). Mais ce chiffre semble encore loin d’être exhaustif. L’Observatoire du patrimoine religieux qui s’attelle à cette tâche depuis 2007 n’a à ce jour couvert que 57 départements sur 100.

Si on ne connaît pas  le nombre d’églises, on ne peut pas connaître à fortiori le nombre d’églises en péril ou en danger. La liste que je dresse (plus de 260 environ) est totalement empirique. N’y figurent que celles que la presse locale, les associations de sauvegarde du patrimoine et les internautes portent à ma connaissance.

Si je partage avec beaucoup l’idée qu’une église en péril, souvent par faute d’entretien, est scandale, que la démolition d’une église est la pire des solutions surtout quand elle est dépourvue d’une reconstruction digne de ce nom, je dénonce tout autant  l’idée trop répandue que notre époque seraient celle des démolisseurs. Certes ces derniers existent (Je pense particulièrement à la démolition abusive de l’église Saint Jacques d’Abbeville), certes ces scandales douivent être publiquement dénoncés, mais les chiffres à notre disposition montrent avec évidence qu’on restaure beaucoup plus qu’on ne démolit aujourd’hui en France. Heureusement ! Nous n’avons rien à envier aux générations précédentes et que ceux qui pensent le contraire relisent La grande pitié des églises de France de Maurice Barrès (1914), Eglises en ruine, Eglise en péril de Michel de Saint-Pierre (1973) ou revoient les images des Chefs d’oeuvre en péril de Pierre de Lagarde (1962-1965)

Quand au changement d’affectation des églises que le dossier de Sud Ouest aborde et il fait son titre, qu’il me soit permis ici de rappeler ma conviction, forgée au cours des nombreuses rencontres qui ont construit mes années « patrimoine » depuis 1996.

1) Les églises doivent d’abord vivre leur vie d’église et pour cela il faut que les catholiques aient à cœur de les faire vraiment vivre, et pas seulement le temps d’une messe fut-elle annuelle; Les églises sont faites pour accueillir toutes les personnes de bonne volonté, c’est ce que montre notamment avec éclat chaque premier samedi de juillet la Nuit des églises

2) Si la communauté chrétienne n’est plus assez vaillante localement pour faire vivre le bâtiment, pourquoi ne pas en partager respectueusement l’usage, comme savent si bien le faire nos cousins québecois ? Une église trop longtemps fermée n’est plus surveillée, n’est plus entretenue, et court au fil du temps au péril.

3) Si l’usage cultuel fait défaut et si le partage est impossible, ne faut-il pas préférer un changement d’affectation plutôt qu’une démolition ? je suis de ceux qui pensent qu’une église continue de parler de ce pourquoi on l’a édifié même si son affectation change. Je cite souvent le cas de cette ancienne chapelle nantaise devenue discothèque et dont les gérants ne peuvent s’empêcher sur le site de rappeler la symbolique du lieu. on n’échappe pas facilement à la puissance évocatrice d’une église. C’est pour cette raison précise que je préconise un usage profane respectueux de ces leiux pourd es activités liées à l’esprit (médiathèque, bibliothèque, musée, auditorium…) ou sociale (économie solidaire, banque alimentaire…).

J’aime ausi rappeler que si le Mont saint Michel a pu redevenir une abbaye priante, c’est aussi parce qu’aux heures les plus sombres de son histoire, elle fut préservée de la démolition en devenant une prison. L’abbaye de Cluny, autre phare de la chrétienté occidentale, n’a pas eu cette chance…

J’arrête là mon sermon. merci de votre patience

BS

couv sud ouest 5 05 2014

 

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