La collection Louis Blériot proposée aux enchères

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PARIS

Le 2 juillet 2015, Morand & Morand honore la mémoire de l’un des plus grands pionniers et inventeur de l’aéronautique, Louis Blériot (1872-1936) en soumettant aux enchères 230 pièces issues de la collection constituée durant une cinquantaine d’années par son petit-fils et homonyme.

(Lire ci-dessous le résultat de la vente, note actualisée le 3 juillet 2015)

aéroplane Louis Blériot Type XI, Traversée de la Manche, 1909

aéroplane Louis Blériot Type XI, Traversée de la Manche, 1909

(Extrait du dossier de presse) Faute d’avoir réussi au cours des dernières décennies à trouver les concours nécessaires à la création, sinon d’un musée, au moins d’un espace de mémoire destiné à perpétuer le souvenir de son grand-père, Louis Blériot III a décidé de transmettre, le 2 juillet 2015 , par l’entremise de Maître Morand, le flambeau de l’épopée Blériot à tous les admirateurs de cet homme d’exception.

Le nom de Louis Blériot est à jamais attaché à l’Histoire de l’aviation. Ingénieur diplômé de l’École Centrale en 1895 et s’étant d’abord consacré à la conception de phares à acétylène pour l’automobile, Louis Blériot embrasse l’aviation et l’aéronautique au début des années 1900. Titulaire du brevet de pilote n° 1 de l’Aéroclub de France, son nom reste à jamais attaché à la première traversée de la Manche en aéroplane qu’il effectue à bord d’un engin de sa conception, le mythique Blériot XI, le 25 juillet
1909 entre Calais et Douvres.

Son exploit a généré une ferveur sans précédent et fait de lui un Français hors du commun, bénéficiant d’une popularité extraordinaire. Celle-ci s’est illustrée sur tous les supports de médiatisation de l’époque : affiches, maquettes, objets publicitaires, jouets… que son petit-fils a patiemment collectés.
Le destin de Louis Blériot est également évoqué à travers d’émouvants objets personnels : des montres, des autographes, des photographies…

Au registre de l’horlogerie :

  • Montre savonnette en or, à fonction chronographe avec emmagasineur des minutes à douze heures. La double cuvette gravée de l’inscription « E. THOMAS, Horloger de la Marine de l’État, 10 rue La Boétie Paris, n° 13231 ». (1 500 / 2 000 €).
  • PAUL BUHRE, FABER TYPE. Montre de poche bracelet en or, à fonction chronographe par poussoir au pendant avec emmagasineur des minutes à douze heures en sens inversé. Signée sur le cadran et numérotée « 231406 » sur le fond. Cette montre a été offerte à Louis Blériot (1872-1936) lors de son voyage en Russie en 1911 par l’un de ses anciens
    élèves-pilotes, Boris de Rossinsky. (1 500 / 2 000 €)

Les photographies permettent un focus sur quelques moments de l’histoire personnelle et publique de Louis Blériot :

  • Les trois Blériot, le grand-père, le père et le fils ;
  • Louis Blériot et son épouse Alicia en route pour les Etats-Unis à bord du « Paris », 1934
  • Louis Blériot en compagnie d’Armand Fallières, Aristide Briand et Alexandre Millerand.

La saga aéronautique Blériot est aussi une histoire familiale trop tôt interrompue, dont une lettre autographe de Louis Blériot à Charles Lindbergh, jamais envoyée, porte témoignage. Louis Blériot II, qui en était le messager, est décédé le jour de la rédaction de la missive.

Collaborateur des usines familiales et suivant brillamment les traces de son père, Louis Blériot fils se préparait, début 1929, à une traversée de l’Atlantique Nord à bord du dernier modèle de quadrimoteur transatlantique Blériot. Négligeant de se faire opérer d’une appendicite, il succomba à une septicémie le 20 février. Son décès entraîna l’annulation du raid Paris-New York. Et la missive resta, hélas, dans les archives personnelles de son père.

Bien sûr, cette vente ne serait pas un événement sans la présence de « machines » conçues par Louis Blériot, l’une volante, l’autre terrestre, qui sont les stars de la collection :

  • aéroplane Louis Blériot Type XI, Traversée de la Manche, 1909. Monoplan, motorisé, hélice bipale. Poids : 233 kg. Il s’agit d’une reconstitution à partir d’éléments d’un appareil accidenté.(30 000 / 50 000 €).
  • cyclecar Blériot type Whippet biplace, 1920. Equipé d’un moteur bicylindre en V de 1100cc de marque Blackburne. Transmission à 18 rapports. Livrée crème pour la caisse et noire pour les ailes. Sellerie en simili noir, système d’éclairage à acétylène. Capote. Modèle produit en Grande Bretagne à partir de 1920… Il n’en resterait que 2 expemlaire au monde sur le millier produit.

En savoir plus sur sur drouot-morand.com

  • Vente aux enchères publiques – Hôtel Drouot – Salle 15 : Jeudi 2 juillet 2015, à 14 h
  • Expositions publiques – Hôtel Drouot – Salle 15 : Mercredi 1er juillet 2015 : 11h-18h : Jeudi 2 juillet 2015 : 11h-12h

Résultat de la vente (note du 3 juillet 2015)

Parmi les lots phares de cette vacation, on retiendra :

  •  L’aéroplane Blériot type XI, une reconstitution du modèle piloté lors de la première traversée historique de la Manche en 1909, qui s’est envolé pour 43 400 € (Lot n° 405) ;
  • Le cycle car type Whippet biplace datant de 1920, qui est parti pour 21 080 €. (Lot n° 406).

Ces deux pièces ont suscité un vif intérêt chez le mécène Joël Cliché, qui en a fait l’acquisition dans le but de les proposer à nouveau au public à Cambrai, dans la future Maison Louis Blériot, encore au stade de projet.

Les passionnés comme les néophytes ont également apprécié les émouvants objets de la vie personnelle de l’aviateur, en attestent quelques belles adjudications :

  • Une lettre à Lindbergh écrite le 20 février 1929, dans laquelle Louis Blériot charge son fils de l’inviter à venir assister à la commémoration du 20e anniversaire de la première traversée de la Manche, a été adjugée 3 844 €, multipliant par dix son estimation basse (Lot n° 212) ;
  • La correspondance intime du pilote avec sa femme, entre 1902 et 1929, s’est vendue pour 1 984 € (Lot n° 219) ;
  • Une grande huile sur toile, représentant l’arrivée de Louis Blériot à Douvres, signée L. PANZANI, a été acquise pour 4 960 € (Lot n° 298) ;
  • 8 680 € ont récompensé une canne Boucheron offerte à l’aviateur par Madame Deutsch de La Meurthe à l’occasion de la Traversée de la Manche. (Lot n° 327).

Au registre de l’horlogerie, quelques pièces ont retenu l’attention :

  • Une montre savonnette en or jaune a été cédée pour 4 960 € (Lot n° 316) ;
  • Une montre de poche, offerte à Louis Blériot lors de son voyage en Russie en 1911 par un des ses anciens élèves-pilotes, a suscité l’intérêt jusqu’à 7 688 € (Lot n° 317) ;
  • Une montre boussole de poche a été adjugée 3 968 € (Lot n° 318).

 

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Pierre Poure
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Bonjour à Vous. Je suis originaire de Blériot-Plage (62) qui a pris le nom de ce héros à sa mort en 1936. Auparavant le hameau portait le nom des « Baraques ». J’ai eu l’occasion de vivre au cœur même du centenaire de la traversée de la Manche en 2009. Depuis cette date je suis devenu passionné par ce Grand Homme et pour le Blériot XI en général. Depuis cette date j’ai investi afin de me constituer ma collection privée . Je regrette que le patrimoine Blériot se dissipera autant en France qu’à l’étranger. Je pense que 2 Grandes régions auraient pu… Lire la suite »

philippe
Invité
philippe

A défaut d’avoir vu se créer un site de mémoire dédié, il reste à souhaiter que le Musée de l’air et de l’espace intervienne à temps par une préemption massive de la collection et que le ministère de la Culture, qui brille par son absence ou sa frilosité sur tant de dossiers, comprenne l’importance de débloquer des crédits exceptionnels pour que la collection devienne publique et soit connue et admirée de tous.
A moins que l’on préfère que la famille Wright s’en porte acquéreur?!!!

sauvons la maison du bourg
Invité
sauvons la maison du bourg

Il n’est peut-être pas trop tard!!

Que font les passionnés,les mécènes,les pilotes??regroupez-vous pour créer ce musée et y exposer ces trésors!

oceane
Invité
oceane

Que c’est triste de vendre une collection de tant d’annees, collection qui fait partie du Patrimoine de la France. Un musee ou une fondation aurait du etre cree depuis longtemps.
Notre pays est-il tombe si bas qu’il ne puisse honorer la memoire de ces hommes qui ont fait la France ?
Nous depensons tant d’argent dans des futilites ephemeres, sans interet, qui tomberont (heureusement) tres vite dans l’oubli.
Nous ne pouvons que souhaiter au petit-fils de ce grand aviateur d’avoir le bonheur de transmettre dans des mains dignes ce qu’il a preserve et patiemment rassemble pendant si longtemps.