Quand sociétés et particuliers s’installent dans un édifice religieux

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PATRIMOINE RELIGIEUX

Information donnée par Catherine Saint-Jean pour Almaviva et lue sur le site le Figaro.fr, puis suivie de mon commentaire :

À chacun sa chapelle

Crédits photo : Etienne C.L. van Sloun fotograaf/etienne@vanslounfotograaf.nl

Au Kruisherenhotel à Maastricht, les clients dînent dans la nef de l’église gothique. Crédits photo : Etienne C.L. van Sloun fotograaf/etienne@vanslounfotograaf.nl

Le nombre croissant d’édifices religieux désaffectés a donné à certains l’idée de leur offrir une autre destinée. Sièges de société, hôtels, salles de concert ou d’exposition, logements s’y installent… pour un supplément de spiritualité.

Certains vocifèrent des «nom de Dieu!» pour bien moins que ça. Rendez-vous compte, selon l’Observatoire du patrimoine religieux, dix à vingt églises et chapelles seraient mises en vente chaque année. Pire, 5 à 10 % des 100 000 monuments religieux recensés en France – à 95 % catholiques – pourraient être vendus, détruits ou abandonnés d’ici à 2030.

Abandonnés ou détruits? Peut-être pas… Il n’y a qu’à surfer sur seloger.com, Le Bon Coin ou sur les sites d’agences spécialisées pour se rendre à l’évidence: l’édifice religieux est dans l’air du temps. Grâce à l’intérêt qu’elles suscitent auprès des entreprises, des villes et même des particuliers, ces bâtisses historiques connaissent une seconde vie. Un don du ciel? Tout porte à le croire.

À Paris, plusieurs chassés-croisés immobiliers le confirment: Sciences Po vient de faire l’acquisition de l’hôtel de l’Artillerie, place Saint-Thomas-d’Aquin, ex-fief du ministère de la Défense, dont une partie comprend un cloître. But de l’opération? Créer un campus multidisciplinaire à l’américaine en plein de cœur de la capitale. La prise de possession des locaux, après transformation, est prévue dans cinq ans environ. Saint Laurent abandonnera, en 2018, l’avenue George-V pour installer son siège et ses showrooms rue de Bellechasse, à longueur d’aiguillée de la nouvelle maison de couture de la rue de l’Université, dans l’abbaye cistercienne de Penthémont, squattée jusque-là par le ministère des Armées françaises. Ce chantier de quelque 10 000 m2 devrait, plus que jamais, ancrer la marque dans la rive gauche, un quartier qui… Lire la suite sur À chacun sa chapelle – Almaviva – Almaviva

Mon commentaire

A vrai dire l’article ci-dessus m’inspire quatre commentaires.

Le premier est un agacement quant aux estimations infondées sur l’avenir de notre patrimoine. Je me suis déjà exprimé sur les propos alarmistes qui circulent et qui prétendent chiffrer le patrimoine religieux à disparaitre et que vous pourrez lire dans ce billet : De moins en moins d’églises en danger (selon les alarmistes) 26 avril 2016.

Le deuxième,  est que si « tendance » il y a, celle-ci n’est pas vraiment nouvelle. En France, le changement d’usage de nos églises, chapelles, abbayes et monastères est connue depuis au moins la Révolution. En effet la confiscation des biens du clergé puis leur revente à des particuliers a vu de nombreux édifices religieux devenir le siège d’industrie (papeterie à Fontenay), de locaux agricoles (Sylvanès), entrepôts divers ou logements (La Charité-sur-Loire).

La troisième est à propos d’un « art de vivre » qui conviendrait à des personnes ou des sociétés qui seraient à la recherche d’un « supplément d’âme ». Pourquoi pas ? Mais attention à l’emballement lyrique. Les églises et les chapelles transformées en logement, tous les marchands de bien le disent, restent très difficiles à revendre. Sur LeBoncoin ou chez Patrice Besse, ces demeures « atypiques » demeurent parfois plusieurs années sur le marché de l’immobilier. C’est sans doute tendance pour certains, mais compliqué à vivre pour beaucoup d’autres. Des promoteurs qui commercialisent des églises à découper en lots pour logements peinent à vendre leurs lofts (cf le projet Abside à Tourcoing, mis en vente depuis 2010).

Quatrième et dernier point, la transformation de nos édifices religieux, devenus inutiles aux besoins du culte, est sans doute une solution qui leur évite la démolition, mais elle n’est cependant pas la panacée. Trouver un nouvel usage qui convienne et que la population accepte ne va pas toujours soi. Au Québec, une église fermée sur deux reste sans nouvele fonction… et pourtant, Dieu sait !, si on ne manque pas de créativité dans la Belle Province.

Benoît de Sagazan

 

 

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