Quand des croix de cimetière suscitent des polémiques

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Le site de France 3 Nouvelle Aquitaine rapporte deux événements survenus en Creuse et en Vienne qui posent la question de la présence de croix sur les portails de cimetières. Celles-ci violent-elle la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ?

A peine refroidies les braises qui ont allumé des feux sur les crèches de Noël, qu’une nouvelle polémique surgit. On sait qu’il existe des groupes actifs qui traquent toute présence d’éléments religieux dans l’espace public. Mais, ici, tel ne semble pas le cas.

Un nouveau front semble être ouvert dans les cimetières. Sont notamment mises en cause des croix en fer qui surmontent les portails des cimetières de Saint-Sulpice-le-Guérétois (Creuse) et de celui de Prinçay (Vienne).

Polémique autour de la croix du cimetière de Saint-Sulpice-le-Guérétois

La polémique semble avoir débuté dans la commune de la Vienne en 2014 quand le fils d’un défunt assigne le maire pour que soit retirée cette croix qui bafouerait, selon lui, la loi de 1905.

Dans la commune de la Creuse, nous apprend-on, c’est le maire qui semble devancer d’éventuelles objections en décidant de lui-même le retrait de la croix qui orne le portail d’entrée du cimetière.

Mais que dit la loi ou, du moins, comment doit-elle être interprétée ?

Selon le conseil d’État, saisi par  le maire de Prinçay, qui juge sur ce cas d’espèce, la règle est claire : Si les croix sont antérieures à la loi de 1905 elles peuvent rester, si elles ont été dressées ou apposées après décembre 1905, elles doivent être retirées.

La municipalité creusoise va donc retirer sa croix du portail puis que celui-ci a été mis en place après 1930. Mais dans la Vienne, l’embarras est de mise puisque personne ne sait à quelle date le portail et sa croix ont été installés.

L’article lu sur le site de France 3 avance que 25 cimetières seraient ainsi concernés en France. Ce qui me parait être bien peu.

Ces polémiques suscitent chez moi deux observations, l’une qui porte un point de vue mémoriel et historique, l’autre qui portent davantage considération à notre cohésion sociale.

Premièrement, on peut s’en tenir à une interprétation rigoriste de la loi de 1905, comme le rappelle le Conseil d’État, mais alors on fait fi de l’histoire d’une commune rurale et de ses habitants.

En effet, la France de l’Entre-deux-guerres, notamment dans le monde rural mais pas seulement, secouée par les horreurs d’une guerre sans nom, a connu une ferveur religieuse qui s’est notamment traduite par l’installation de signes religieux dans les espaces publiques et dans le paysage.

Doit-on gommer absolument cette mémoire, cette histoire de nos aïeux ? Garder mémoire de ce que fut une part importante de France dans les décennies passées serait-il devenu impossible, voir injurieux ?

Deuxièmement, je m’interroge sur le climat si orageux qui règne dans notre pays, dès lors qu’est abordée la questions des éléments religieux qui ont été ceux des générations précédentes. Au risque de créer de nouvelles fractures dans la société.

Dans les deux cas soulevés dans la Creuse et dans la Vienne, on voit apparaitre de nouvelles fractures qui divisent une communauté d’habitants. Et pas tant entre ceux qui croient au ciel et ceux qui ne croient pas, mais bien davantage entre ceux qui honorent le passé et la mémoire de leurs ancêtre, et d’autres qui voudraient abolir toute notion ou évocation religieuse.

Comment savoir raison garder ? Et ne pas forcement voir dans ces témoignages d’un passé une insulte à la liberté de penser et de croire ?

BS

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