Touristes ou visiteurs dans les cathédrales ?

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Couv Trésors des cathédralesDans Trésors de cathédrales (Editions du Patrimoine 2018), je lis en préface, sous la plume de notre ami Michel Wackenheim, archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, ces quelques lignes que j’ai plaisir à partager d’emblée sans attendre de lire les pages suivantes de cet ouvrage qui s’annonce prometteur

Extraits :

« (…) Le service auquel est destinée une cathédrale est double, car une cathédrale est le témoin à la fois du savoir-faire architectural des siècles passés et l’humble et profonde foi de générations de croyants.

Voilà pourquoi l’affectataire a& pour mission première de collaborer étroitement avec le propriétaire, l’Etat, pour que l’édifice, à chaque instant, ouvre ses bras aux hommes et aux femmes en quête de l’émotion esthétique qui les bouleversera et les fera repartir enrichis intérieurement d’un sentiment mystérieux et indéfinissable.

Ces hommes et ces femmes, il y encore quelques temps, on les appelait les touristes. A présent, dans les cathédrales de France, on les appelle les visiteurs. Et c’est bien mieux. Le touriste flâne, mi-intéressé, mi-rêveur. Le visiteur, lui, est curieux de ce qu’il découvre et avide d’en savoir davantage. Le visiteur, en particulier, observe les gens qui viennent à sa rencontre.

Dans la cathédrale, comment sont les les personnes qui, au nom de l’affectataire, ont pour mission de l’accueillir ? Comment sont les professionnels chargés de l’ordre et de la propreté des lieux ? Comment sont les bénévoles chargés de répondre aux innombrables questions que pose celui ou celle qui, loin de son pays ou de sa région, cherche une oreille qui sait l’écouter ?« 

Ces lignes de Michel Wackenheim rejoignent celles que j’ai pu récemment produire dans la revue Etudes (octobre 2018).

L’accueil dans nos églises et dans nos cathédrales doit être comprise par tous les chrétiens comme une activité authentiquement missionnaire.

Il ne s’agit pas de convertir ni même de convaincre, mais simplement de dire et transmettre le message évangélique que traduisent les pierres et les œuvres d’art dans l’édifice.

Le dire avec respect de son interlocuteur qui n’est peut-être pas croyant et qui ne voudrait en aucun cas se sentir agressé par un prosélyte.

On me pose régulièrement la question : mais comment le dire alors ? Il me semble que la première attitude est d’expliquer ce que l’on voit à la troisième personne du singulier ou pluriel : ici l’artiste a voulu monter ou illustrer tel passage ou personne de la Bible; ou cette lampe allumée signifie pour les chrétiens la présence de Dieu dans le tabernacle…

La foi personnelle du médiateur ne peut intervenir que la question lui est posée directement.

C’est, à mon sens, la seule attitude qui permette la liberté au visiteur de recevoir le message de manière culturelle ou spirituelle.

C’est au visiteur de placer lui-même et là où il le souhaite le curseur entre culturel et spirituel, même si nous savons que pour beaucoup la frontière entre les deux univers est parfois mince.

J’ai entendu très récemment Alain de la Bretesche, président de Patrimoine-Environnement, raconter cette anecdote d’un maire qui se revendique laïc : « Quand j’écoute du Bach, l’athée que je suis a envie de devenir agnostique ». Il en est parfois de même chez des visiteurs de nos églises. Ne leur gâchons pas cette joie par un mauvais accueil.

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