Monument historique La commune ne peut pas décider seule l’ouverture d’un chantier de rénovation

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Une communauté de communes du Pas-de-Calais, près de Saint Pol sur Ternoise, fait la difficile expérience d’avoir ouvert un chantier de rénovation d’une église classée MH, sans en avoir averti préalablement le SDAP (service départemental de l’architecture et du patrimoine) :


Lu dans la Voix du Nord du 26 aout ;

Les travaux de l’église ne sont pas au bout de leur chemin de croix

Depuis sa création, la com de com Canche-Ternoise a repris la compétence « pierres blanches » et lancé un plan de rénovation des églises. À Willeman, le chantier bénéficie d’une trêve estivale avant la reprise du chantier en septembre. Une pause plus sereine que la précédente imposée par l’architecte des bâtiments de France.

La petite commune de Willeman recèle des trésors d’architecture, notamment la tour du clocher de l’église, classée monument historique. Une fierté qui se transforme en contrainte dès qu’il s’agit d’entreprendre des travaux et des constructions sur le bâtiment religieux et dans un certain périmètre.

Ainsi, les entrepreneurs se doivent de respecter des procédures, notamment de déclarer au préalable leur intention d’effectuer des travaux au SDAP (service départemental de l’architecture et du patrimoine), relais de l’architecte des bâtiments de France. C’est ce qui aurait dû être fait dans le cas de l’église de Willeman puisque si la partie qui fait l’objet de travaux n’est pas protégée, elle est bien adossée à celle qui est classée. « Le chantier a été lancé sans bénéficier d’une autorisation puisqu’aucune déclaration n’avait été faite à nos services », explique un collaborateur du SDAP.

C’est un peu par hasard, lors d’une tournée sur le terrain, qu’un fonctionnaire des services découvre le chantier. Nous sommes alors en 2007 et les travaux de l’église ont ordre de cesser. Bernard Boulet, le président de la com de com plaide la bonne foi : « honnêtement, comme nous n’intervenions pas sur la partie classée, nous ne pensions pas avoir à faire ces démarches. »

Le vrai problème pour le SDAP, outre celui qui touche à l’administratif c’est que sur place, le travail se fait sans être encadré par un ouvrier qualifié, mandaté par ses services. « Nous n’avons rien contre les chantiers d’insertion ou chantier école comme c’est le cas ici, précise le SDAP, mais l’absence d’un ouvrier qualifié sur place a entraîné des erreurs dans la réalisation. » Les malfaçons concernent des joints, notamment.

Depuis, des contacts ont été noués entre le SDAP et la communauté de communes qui a déposé un dossier et qui s’est engagée à respecter les consignes, quitte parfois à revenir sur des réalisations déjà faites. Selon le SDAP, aucune sanction n’est à craindre : « Nous n’avons pas un rôle répressif, nous agissons dans l’intérêt du monument. » En septembre, le chantier mis en place par la com de com devrait reprendre suite à la trêve estivale mais les travaux de l’église ne devraient pas s’arrêter là. La couverture aussi doit être refaite, mais là c’est à la commune de prendre les travaux en charge et la chasse aux subventions risque de prendre du temps. •

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