Paul Claval : Ennoblir et embellir

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Ennoblir et embellirA LIRE – PATRIMOINE – URBANISME – ARCHITECTURE

Dans un ouvrage remarquablement mis en page et avec un discours d’une grande clarté, l’historien et géographe Paul Claval  redonne la perspective de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme de la Renaissance à aujourd’hui, à travers la quête des sociétés et des personnes à l’embellissement.

Ci dessous : ce que j’en pense ; ce qu’en dit l’éditeur ; quelques autres livres présentés sur ce blog

Ce que j’en pense :

Dans une mise en page soignée et quelque peu innovante, l’éditeur (Les carnets de l’info) a su mettre en valeur le porpos de l’auteur. j’ai beaup apprécié pouvoir ainsir lire les chapitres in extenso comme en diagonale, selon les cas, avec l’évidence des repères proposés.

L’ouvrage de Paul Claval m’a passionné et m’a offert un très utile complément à celui de Françoise Choay, La Terre qui meurt, que j’avais précédemment lu et recensé sur ce blog. La Renaissance italienne a donné à l’Occident une dimension nouvelle à l’aménagement de nos cités. Un goût, ou plutôt une quête, qui s’est développé jusqu’aux début du XXè siècle, faisant place au fil des siècles à l’artiste, à l’architecte, puis à l’urbaniste.

Avec Paul Claval, nous comprenons ces évolutions et ses constructions dans la grande geste de l’embellissement des villes et des campagnes. On perçoit surtout les points de rupture opérés par les architectes et les urbanistes du XXème siècle, notamment à travers le courant moderniste.

« La modernité rompt, résume Paul Claval, au moins dans ses discours, avec quatre siècles de pratiques et de traditions. ce qu’elle propose parait vite si monotone et si pauvre que les architectes sont les premiers à essayer d’aller au-delà de la modernité et à s’installer dans le post-moderne.  renouent-ils pour autant avec les principes de l’urbanisme d’embellissement ? Non… (…) Doit-on pour autant renoncer à tout idéal d’aménagement harmonieux ? je ne le pense pas. lm’opinion demeure attachée à une ambition qui a déserté les concepteurs et les bâtisseurs… »

Merci Paul Claval de le rappeler.

Ce qu’en dit l’éditeur

Il fut une époque, du XVe siècle au début du XXe, où les architectes avaient pour mission d’ennoblir les palais, les lieux de culte et les résidences des puissants en les embellissant. La maîtrise des projections mathématiques, et de la perspective qui en découle, donnait aux artistes et aux architectes un pouvoir nouveau ; l’idéal platonicien du beau faisait accepter par tous une grammaire universelle des formes.
A partir du XVIIIe siècle, les conditions se transforment : la société s’urbanise, s’industrialise et devient plus mobile : l’esthétique d’inspiration platonicienne est critiquée ; le principe du beau est désormais recherché du côté de la raison ou de l’histoire. Un compromis incarné par Jacques-Nicolas-Louis Durand est imaginé à la jointure du XVIIIe et du XIXe siècle. Il concilie la volonté d’embellissement, dont entendent désormais bénéficier les classes moyennes, avec le souci d’efficacité fonctionnelle.
Cette façon de concevoir l’aménagement des villes s’efface au début du XXe siècle, au moment où s’impose le terme d’urbanisme et le programme qu’il désigne : l’amélioration des conditions de vie de tous les citadins. L’art d’ennoblir pour embellir a cependant légué à l’urbanisme de tradition européenne un rêve : celui d’harmoniser les formes bâties.

Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne, Paul Claval est un spécialiste de l’épistémologie (Epistémologie de la géographie, 2007) et de l’histoire des idées géographiques (L’Evolution de la géographie en France de 1870 à nos jours, 1998). Il a successivement couvert divers champs de la discipline : géographie économique (Régions, nations, grands espaces, 1968), géographie sociale (Principes de géographie sociale, 1973), géographie politique (Les Espaces de la politique, 2010), géographie régionale (De la Région au territoire, 2006). Au cours des trente dernières années, il s’est plus particulièrement attaché aux approches culturelles en géographie (Géographie culturelle, 2005 ; Religion et idéologie, 2008). Il a également publié sur l’Amérique du Nord (La Conquête de l’espace américain, 1989) et sur le Brésil (La Fabrication du Brésil, 2004).

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