Une basilique à vendre dans le Poitou

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EGLISE A VENDRE - BASILIQUE - MARCAY

 Patrice Besse met en vente une « basilique du 19e S. inscrite MH » dans le Poitou

Voici un extrait de sa description : « La basilique située au bout d’une allée de marronniers est inscrite MH en totalité. Elle est l’œuvre du maître abbé qui en a posé la première pierre en 1884, et en a supervisé sa construction jusqu’à sa mort en 1899 ; la laissant inachevée. Comme c’est le cas pour la plupart des basiliques, elle est dédiée à la vie d’un saint. Ici, sa statue et ses reliques enchâssées sont toujours dans l’autel fait de marbre de Carrare. » La somme demandée est relativement  modeste : 225 000 €

En savoir plus sur l’annonce

Je ne connais pas cette église mais l’annonce ainsi libellée me pose deux questions dont je n’ai pas encore les réponses : d’où lui vient son statut basilical, et quel est l’état de son affectation ?  Si elle a fait l’objet d’une désaffectation, la pierre d’autel et les reliques enchassées auraient du être retirées…

Si des lecteurs peuvent nous renseigner sur son histoire, leurs commentaires sont les bienvenus

Des informations complémentaires

Des internautes ‘Qu’ils en soient chaleureusement remerciés m’apportent les informations suivantes :

  • ♣ Des premières précisions m’ont été apportées via les réseaux sociaux : Il s’agit de la basilique Saint-Benoît Labre à Marçay, dans la Vienne, construite de 1884 à 1895 par l’architecte Alcide Boutaud pour l’abbé François Joseph Joanneau.
  • ♣  Qui est ce saint ?
  • ♣ Sous ce lien (http://www.tourisme-vienne.com/eglises-et-abbayes/marcay/846/basilique-saint-benoit-joseph-labre-marcay), nous apprenons également : « Construite fin XIXe sous le vocable de Saint-Benoît Joseph Labre (patron des SDF, des mendiants), la Basilique de Marçay est l’oeuvre d’un curé bâtisseur : l’abbé Joanneau. Inscrit Monument Historique. Son architecture de style néogothique au vocabulaire très riche est la réalisation des architectes Perlat et Boutaud. A la mort du curé de Marçay, les travaux cessèrent. L’église qui n’avait pas encore de clocher fut utilisée tant par la paroisse que pour les pélerinages et les grandes cérémonies jusqu’en 1962, date à laquelle elle ferma définitivement ses portes. Eglise à clocher porche, à nef unique accostée de galeries de cloîtres donnant sur deux doubles transepts. Propriété privée »
  • ♣ Selon Véronique Dujardin, conservatrice du patrimoine à Poitiers : « Elle a été protégée parce que c’est l’oeuvre la plus accomplie d’Alcide Boutaud, à l’occasion du centenaire de la mort de cet architecte…. Elle a été inscrite en janvier 2011. »
  • ♣ Vous trouverez sous ce lien des photos qui montrent le triste état de la basilique en 2007
  • ♣ Selon Centre presse du 16 novembre 2011,  » La basilique de Marçay (600m2) est à vendre. Pascal Piot, l’artiste qui la détenait jusqu’alors ne peut pas aller plus loin dans son projet de réhabilitation et son idée d’en faire un lieu culturel. Depuis quinze jours, les visites s’enchaînent, nombreuses. Il y aurait même des Indiens prêts à prendre l’avion pour venir la visiter et pourquoi pas, en faire un lieu d’exposition de sculpture et peintures ? « 
  •  Qui est Pascal Piot ? L’Union du 26 aout 2010 nous l’apprend : Pascal Piot heureux dans sa basilique 
  • ♣ Toujours selon le même journal mais dans un autre article : « En 1976, l’évêché de Poitiers a vendu la basilique Saint-Benoît-Joseph Labre. Les reliques du saint (une rotule et un morceau de cœur) ont alors été transférées dans une abbaye du diocèse. En 1994, une paroissienne de Marçay s’est démenée pour que les reliques reviennent dans l’église du village. Dès lors, le pèlerinage a repris, chaque 16 avril, date anniversaire de la Saint-Benoît-Joseph dans le calendrier catholique. Pour cette commune rurale et pieuse, ce retour au pays était d’une importance très symbolique. En 2002, la basilique de l’abbé Jouanneau (qui n’était pas classée monument historique) a failli être démolie, car son propriétaire voulait en vendre les pierres. « Heureusement, le permis de démolition a été refusé ! », se réjouit aujourd’hui Pascal Piot. Dès son installation à Marçay, il a dû refaire, en priorité, la toiture de la sacristie.
  • ♣  Le 16 avril 2010, Maurice Ramblière, conseiller général, saluait sur son blog l’entreprise courageuse de Pascal Piot et la joie des habitants de voir leur basilique renaitre
  • ♣ Lire aussi : Chants grégoriens, sculpture, peinture et parcours scénique
  •  En décembre 2009, Pascal (sans préciser alors son nom ni son église) m’avait écrit cette lettre, et ce n’est que maintenant que je fais le lien à la basilique de Marçay :  » Une histoire très particulière s’est alors installée entre elle et moi. J’ai vendu ma maison, mes meubles, quitté ma ville natale, ma famille, mes amis ainsi que mon travail pour venir à son secours. Redémarrant tout à zéro bien qu’il faille ramer doublement, c’est un merveilleux challenge. Lorsque j’ai un coup de « mou » il me suffit d’aller à l’intérieur de fermer les portes, de m’asseoir en la regardant et écouter juste son silence.. A ce moment là je réalise que j’ai fait le bon choix, celui d’entreprendre sa sauvegarde avec pour objectif de lui ré attribuer son identité propre. » Lire la suite

Peut-on vendre des reliques ?

Concernant les reliques, je rappelle ces quelques règles canoniques :

Vente d’objets de culte ou de reliques, par le service juridique de la Conférence des Evêques de France (Juin 2010).

Texte dans lequel il est noté :

- Un principe : un objet sacré ne doit pas être aliéné même si son transfert de propriété reste possible mais seulement entre personnes juridiques canoniques publiques telles que paroisse, diocèse, institut de vie consacrée, association publique de fidèles.

 

- Une précision : l’aliénation d’objets précieux à cause de leur valeur historique ou artistique requiert l’autorisation du Saint Siège (canon 1292§2) ;

- Une prohibition : « Il est absolument interdit de vendre les saintes reliques » (canon 1190§1)

Si la vente des saintes reliques est absolument interdite en ce qu’elle porte sur des restes humains, il y aura lieu d’éviter toute commercialisation indue de tout objet sacré en général, tout spécialement les calices, ciboires, patènes ou ostensoirs intrinsèquement liés à la célébration de l’eucharistie. Lire l’intégralité du texte

Pour en savoir plus :

Lire aussi

Cette note sera prochainement réactualisée : 13 églises mises en ventes   (9 juillet 2011)

Mardi 15 novembre 2011

2 réponses pour “Une basilique à vendre dans le Poitou”

  1. Redigé par sagazan:

    Des premières précisions m’ont été apportées via les réseaux sociaux :

    Il s’agit de la basilique Saint-Benoît Labre à Marçay, dans la Vienne, construite de 1884 à 1895 par l’architecte Alcide Boutaud pour l’abbé François Joseph Joanneau.

  2. Redigé par sagazan:

    Sous ce lien (http://www.tourisme-vienne.com/eglises-et-abbayes/marcay/846/basilique-saint-benoit-joseph-labre-marcay), nous apprenons également :
    « Construite fin XIXe sous le vocable de Saint-Benoît Joseph Labre (patron des SDF, des mendiants), la Basilique de Marçay est l’oeuvre d’un curé bâtisseur : l’abbé Joanneau. Inscrit Monument Historique.
    Son architecture de style néogothique au vocabulaire très riche est la réalisation des architectes Perlat et Boutaud.
    A la mort du curé de Marçay, les travaux cessèrent. L’église qui n’avait pas encore de clocher fut utilisée tant par la paroisse que pour les pélerinages et les grandes cérémonies jusqu’en 1962, date à laquelle elle ferma définitivement ses portes.
    Eglise à clocher porche, à nef unique accostée de galeries de cloîtres donnant sur deux doubles transepts.
    Propriété privée »

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