Eglises : les bonnes et les mauvaises nouvelles

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EGLISES  SAUVEES – EGLISES MENACEES – EGLISES A VENDRE – RECONVERSION – CANADA – TARN-ET-GARONNE

En cette veille de Noël, j’aimerais n’avoir à donner que de bonnes nouvelles concernant nos églises. Depuis deux jours les flux d’informations ont soufflé d’abord le chaud (au Québec) puis le froid (dans le Tarn-et-Garonne).

Eglises sauvées

La bonne nouvelle vient du Québec où, le 21 décembre,  la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a annoncé qu’elle déposera à l’automne 2012 une stratégie globale pour guider l’État dans la sauvegarde future du patrimoine religieux québécois. Sans attendre l’automne, on sait d’orès et déjà que le ministère envisagerait « toutes les stratégies possibles pour conserver les églises, incluant la mise en place de partenariats avec les entreprises privées. Celle-ci prône notamment une transformation de la vocation des bâtiments qui permettrait de rentabiliser ces derniers et d’assurer ainsi leurs préservations. «Au cours des consultations, nous avons entendu parler de projets d’aménagement de bibliothèques, de pompes funèbres et de columbariums dans d’anciennes églises. Il n’y a pas que les condos qui peuvent être développés dans les églises», a ajouté Christine St-Pierre. » (Entendez par « condos » des immeubles à appartements locatifs)

Cette annonce était accompagnée d’un chèque de 2,5 M$ destiné à soutenir 20 projets de restauration du patrimoine religieux. Une manière, selon la ministre Christine St-Pierre, pour le gouvernement du Québec de reconnaître  » le patrimoine religieux comme une partie importante de notre culture et de notre identité, auxquelles sont attachés les Québécois. Nous sommes résolus à y apporter les soins nécessaires, en collaboration avec le Conseil du patrimoine religieux du Québec, les fabriques, les communautés religieuses et la population».

L’aide financière est attribuée au Conseil du patrimoine religieux du Québec qui s’en réjouit et qui rapelle à l’occasion qu’ « il serait nécessaire d’investir près de 20 millions $ chaque année pour conserver l’ensemble des églises et bâtiments religieux en péril dans la province. » Ce conseil est présidé par Michel Lavoie,  économe au diocèse de Rimouski, récemment réélu à la présidence du Conseil.

Eglises menacées

Le froid est venu du sud de la France, du Tarn-et-Garonne précisément où le 22 décembre La dépêche du Midi nous apprenait que deux églises, fermées au public pour danger, ne pourraient pas accueillir les foules habituelles pour les célébrations de la Nativité. Deux églises qui s’ajoutent à une longue liste dressée sur ce blog qui compte désormais 215 églises menacées.

Mais pour ne pas rester sur cette triste note je voudrais revenir sur la stratégie annoncée par Christine St-Pierre, ministre de la Culture du Québec. Son plan passerait notamment par une étude de la reconversion des églises. Je saisis cette question pour m’expliquer aussi sur la vente des églises. Sujet sur lequel on me demande, de temps à autre, de me prononcer. Suis-je pour, suis-je contre ?

Eglises a vendre et/ou à reconvertir

Je suis contre, a priori, une seule chose ; c’est la démolition des églises, même si je peux l’admettre dans quelques cas. J’expliquerai plus loin pourquoi.

Concernant la vente et la reconversion d’églises, ma réponse est graduelle, tenant comme principe qu’un bâtiment sans fonction, sans vie, est inéluctablement voué à la ruine :

1) C’est d’abord à la communauté chrétienne locale d’être inventive pour faire vivre son église par tous moyens. Constatant que le culte eucharistique (la messe), seul , ne saurait la faire vivre.

2) Si cette communauté ne peut, elle seule, faire vivre l’édifice cultuel, peut-elle imaginer le partager ? Si oui avec qui et comment ? C’est le principe de plus en plus fréquemment adopté au Canada où nombre d’églises deviennent des centres communautaires. La semaine les associations locales pouvant se réunir dans la nef ; le dimanche et les fêtes religieuses, lors des baptêmes, des mariages et des funérailles, l’église retrouve sa fonction cultuelle… Maison de Dieu, maison des hommes

3) Si les deux solutions précédentes s’avèrent épuisées ou impossible, je préfère une vente à une destruction afin de ne pas injurier l’avenir. Qui sait ce que sera la spiritualité des générations futures. Imaginons nos ancêtres au sortir de la Révolution française, auraient-ils prévu dans ce pays en grande partie déchristianisé que le siècle naissant (le 19è en l’occurrence) serait le plus grand siècle missionnaire des Eglises catholiques et protestantes ? Ne soyons pas cette génération à qui nos descendants reprocheraient d’avoir tout détruit !

Qui dit vente dit reconversion (après la désaffection, en France, et la désacralisation)  et changement de destination. Ces bâtiments religieux même sécularisés ne sont pas comme les autres. Il importe de veiller à leur prochaine utilisation. On peut imaginer que certaines soient plus compatibles que d’autres à « l’esprit des lieux ». En disant cela, je pense davantage à des activités éducatives (musées, bibliothèques, médiathèques, auditoriums…) et caritatives…

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