VMF sous les lumières de Nancy

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A LIRE – VMF – NANCY

La Revue vmf n° 241, consacre sa couverture de janvier à Nancy, à laquelle elle consacre un dossier de 50 pages. A lire également un bel article sur les hôtels particuliers parisiens. Avec ce numéro, VMF publiera désormais 6 numéros par an !

Revue VMF n° 241 en ventedepuis le 17 janvier 2012 au prix de 9,70 € dans les maisons de la presse, en kiosque et sur Internet : www.vmf.patrimoine.org

Photo de couverture : © Pascal Stritt

Au sommaire du dossier :

LE TEMPS DE LA RENAISSANCE : AU BONHEUR DES DUCS

Après la victoire de René II sur Charles le Téméraire assiégeant Nancy en 1477, la capitale ducale connaît un apogée qui se terminera au milieu du XVIIe siècle par un autre siège, celui de 1633, à l’avantage des Français. Entre ces deux dates, trois ducs, fins politiques, mécènes et grands bâtisseurs, marquent la cité de leur empreinte : Antoine, qui y introduit la première Renaissance, Charles II, l’architecte de la Ville Neuve et Henri II, le constructeur de la chapelle funéraire ducale, qui reprend le plan de celle des Médicis dans leur palais de Florence.

AUX PORTES DE NANCY : FLÉVILLE, UN CHÂTEAU RENAISSANCE

S’il constitue aujourd’hui un modèle de référence de l’architecture Renaissance en Lorraine, le château de Fléville est aussi le tout premier exemple, dans le duché, de château entièrement réalisé selon le goût nouveau. Ayant participé aux guerres d’Italie, le commanditaire fit édifier un édifice au système défensif bien présent, mais offrant l’aspect d’une demeure de plaisance, caractère sans doute renforcé par la suppression du mur qui fermait encore la cour d’honneur au XVIIIe siècle. Le domaine, dans un état proche de l’abandon en 1812, fut vendu à Alexandre de Lambel, qui entreprit une importante campagne de travaux et le sauva.

« MISSION RENAISSANCE 2013 » : DÉFENSE D’UN ÂGE D’OR TARDIVEMENT PRIS EN COMPTE

Pour Alain Barbillon, ancien directeur du service de l’urbanisme, qui oeuvre aujourd’hui au sein de la Mission Renaissance 2013, « Nancy est une ville marquée très profondément par la Renaissance, peut être même davantage que par le XVIIIe siècle ou l’Art Nouveau. Malgré la disparition des fortifications, ce tracé urbain qu’a été la Ville Neuve conserve une présence très forte. (…) En 1983 encore, l’Unesco, qui n’avait pas l’expérience qu’elle a acquise en la matière, n’a distingué que les trois places du XVIIIe siècle, c’est-à-dire le joyau le plus visible et plus éclatant, en passant à côté de la ville Renaissance ». L’adoption du secteur sauvegardé en 1996 rétablira cette injustice.

RÊVER LA VILLE IDÉALE : LE SUPERBE XVIIIe SIÈCLE

C’est au duc Léopold que Nancy doit les principes urbanistiques et architecturaux essentiels que Stanislas magnifia par la réalisation d’un ensemble de trois places, dont celles qui porte aujourd’hui le nom de son génial concepteur. Outre cet ensemble unique, c’est le centre de la ville tout entier qui, avec ses hôtels particuliers (Craon, Ferraris, Fontenoy, Custine…) et ses églises (Saint-Sébastien notamment), témoigne du grand élan de création qui se poursuit tout au long du siècle des Lumières. Deux noms d’architectes sont indiscutablement liés à cet âge d’or : Germain Boffrand et Emmanuel Héré, qui signent en Lorraine de très belles réalisations privées dans la continuité du chantier du château de Lunéville.

BERNARD GUERRIER DE DUMAST, UN NANCÉIEN EN SA DEMEURE

Personnalité bien connue à Nancy, Bernard Guerrier de Dumast nous ouvre les portes de son hôtel, demeure du XVIe siècle donnant sur la place de la Carrière. « Mes petits-enfants, qui vivent avec leurs parents au rez-de-chaussée, représentent la septième génération à habiter la maison », note-t-il, heureux de cette continuité, en amoureux du patrimoine qu’il souhaite voir vivre et non pas se figer. Car Bernard Guerrier de Dumast, longtemps délégué départemental puis régional des VMF, a joué un rôle unanimement reconnu dans la préservation du patrimoine nancéien et la promotion de la Lorraine, sur les traces de son aïeul Prosper, qui fut l’un des fondateurs du Musée lorrain. Son arrière-petit-fils s’est beaucoup investi, en tant qu’adjoint au maire sous plusieurs mandatures, dans la protection de la Ville vieille qu’il se plaît à décrire comme « une ville éminemment latine, où l’inspiration baroque transparaît en permanence sous l’aspect classique ».

LA CHARTREUSE DE BOSSERVILLE, MAJESTUEUSE ET PIEUSE RETRAITE

Sur la rive droite de la Meurthe, à hauteur d’Art-sur-Meurthe, surgit un gigantesque ensemble de style classique. Aussi vaste que méconnue, la chartreuse de Bosserville constitue pourtant l’un des rares exemples de chartreuse en France dont l’intégralité des bâtiments ait conservé ses dispositions d’origine.

L’ÉCOLE DE NANCY, L’ART NOUVEAU COMME ART DE VIVRE

À la toute fin du XIXe siècle, sous l’impulsion de nombreux artistes (Émile Gallé, les frères Daum, Victor Prouvé, René Wiener, Louis Majorelle, Eugène Vallin…), architectes (Henri Sauvage, Lucien Weissenburger, Émile André, Henry Gutton…), industriels et commanditaires (Albert Bergeret…), l’Art nouveau devient un courant artistique dont le développement exceptionnel et international touche tous les domaines de création et les techniques. « L’art pour tous » et « l’art dans tout » en sont les mots d’ordre. Grâce à la personnalité d’Émile Gallé, l’École de Nancy participe à ce mouvement de rénovation des arts décoratifs et de l’architecture dont la ville porte encore l’empreinte.

FOCUS TOUT EN IMAGES
 Visite de la villa Majorelle et de la maison Bergeret
 Découverte du parc de Saurupt, lotissement témoin de l’Art nouveau
Place aux images : vues d’ensemble, détails architecturaux, ornements décoratifs…

L’ART DÉCO, PLACE À LA GÉOMÉTRIE

Si l’Art nouveau a profondément renouvelé les conceptions artistiques et architecturales de son temps, il fut, la mode passant, progressivement délaissé au profit d’une nouvelle esthétique : l’Art déco. Cette évolution fit perdre à Nancy son statut exceptionnel sur le scène artistique française, mais elle permit l’émergence de formes singulières, d’édifices audacieux très divers (la pharmacie Godfrin, les Magasins réunis, le siège social de la société des hauts-fourneaux de Pont-à-Mousson, l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, la Cité Senn, la Villa Mascret ou la brasserie Excelsior…) et de personnalités tout aussi créatives que durant la période précédente.

JEAN PROUVÉ, LE CONTEMPORAIN CAPITAL

Résultant d’une rare association de compétences, la carrière de Jean Prouvé (1901-1984) est totalement atypique dans l’histoire de l’architecture du XXe siècle. On l’a dit indissolublement ingénieur et architecte. Il préférait le titre de « constructeur », bien qu’il n’ait jamais pu concrétiser son idéal, produire industriellement une architecture innovante. Jugés trop audacieux, ses grands projets comme le siège du ministère de l’Éducation Nationale (1970) ou la station d’Arc 2000 (1970) n’aboutissent pas. Indissociable de ses attaches nancéiennes et de l’héritage paternel de l’École de Nancy, cette figure internationalement reconnue va recevoir en 2012 l’hommage pérenne de sa ville d’origine.

RENCONTRE AVEC FRÉDÉRIC DE METZ-NOBLAT, DÉLÉGUÉ VMF DE MEURTHE-ET-MOSELLE

À la tête de la délégation depuis 2002, Frédéric de Metz-Noblat conçoit sa mission dans la continuité de ses prédécesseurs et notamment de Bernard Guerrier de Dumast, comme « une sentinelle, à l’écoute des menaces qui pèsent sur le patrimoine, et capable s’il le faut de mobiliser ses troupes, tout en animant un groupe d’adhérents très motivés ». Il est le premier à reconnaître que la politique mise en oeuvre par la municipalité depuis plusieurs mandatures est très favorable au patrimoine. Saluant le dynamisme de Nancy, « qui n’est pas une ville-musée, bien au contraire, mais une cille laboratoire », il en veut pour preuve le projet du pôle Artem, sur l’emplacement d’anciennes casernes, dans le quartier Blandan-Haussonville : « Non seulement ce projet ne dénature rien, mais il participe d’un mouvement qui a toujours vu Nancy s’inscrire dans son époque. »

RÉVISION DU SECTEUR SAUVEGARDÉ : L’ARDENTE OBLIGATION

« Le secteur sauvegardé avait été approuvé en 1996, au terme d’une vingtaine d’années d’études. Sa révision était devenue nécessaire, explique Denis Grandjean, adjoint au maire de Nancy et délégué à l’urbanisme opérationnel et réglementaire. Nécessaire parce que, comme n’importe quelle ville de cette taille, Nancy est affectée par des problèmes de mobilité, d’activité, par une évolution des pratiques sociales qui impose de concilier l’exigence patrimoniale avec celles de la vie d’aujourd’hui ». En préalable, le bilan du secteur sauvegardé a révélé qu’il n’existe pas d’inventaire des immeubles – façades ou intérieurs. Cet outil majeur pourrait rapidement voir le jour en s’appuyant sur la méthode élaborée par le service régional de l’Inventaire. L’autre question concernant la révision du secteur sauvegardé est celle de l’extension éventuelle de son périmètre et de redonner de la cohérence afin que le secteur sauvegardé ne soit pas une île mais fonctionne en relation avec le plan local d’urbanisme.

PROJET NANCY RENAISSANCE 2013 : TROIS QUESTIONS À MICHEL MAIGRET, DIRECTEUR ADJOINT À LA COMMUNAUTÉ URBAINE DU GRAND NANCY

Michel Maigret, qui pilote actuellement le projet Renaissance 2013 explique la genèse et l’esprit de ce projet. Le choix a été fait de mettre l’accent sur la Renaissance car cette époque fut celle d’un « contexte d’élargissement du monde, de progrès des sciences, de diffusion des savoirs, de renouvellement artistique », idéal qui inspire la programmation proposée en 2013. De mai à août, une série de manifestations visant tous les publics (expositions, circuits de visites, spectacles, concerts en plein air, moments « d’invention » en présence de chercheurs et d’entrepreneurs…) cherchera à répondre à la question : « Comment souhaitons-nous vivre, ensemble, d’ici à 2050 ? »

L’ensemble du reportage photographique a été réalisé conjointement par Pascal Stritt et Nicolas
Dohr.

A l’occasion de la parution du numéro 241, VMF et France Bleu Lorraine organisent un jeu par
tirage au sort du 16 au 27 janvier.

En savoir plus sur le nunéro en vente

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