Eglises menacées : Chiffres et réalités

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EGLISES

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Le 11 octobre 2013, Me Alain de la Bretesche, président-délégué de Patrimoine-Environnement, présidait un atelier sur l’avenir des églises durant lequel il m’a demandé d’évoquer la question des recensements des églises en France, des églises en danger, et la vente d’églises…

Voici les grandes lignes de mon intervention :

Introduction

Depuis l’automne 2006, nous sommes quelques journalistes, je pense surtout à Didier Rykner de la Tribune de l’Art, à  Alain Guinberteau, créateur  de 40 000clohers.com,  et à moi-même qui venais de créer une veille sur l’actualité du patrimoine sur internet, à dénoncer le mauvais entretien de notre patrimoine religieux et les destructions dont il fait parfois l’objet.

Nous avions été choqué alors par la démolition de l’église Saint Georges des Gardes dans le Maine-et-Loire et par une série de menaces de démolitions annoncées dans le même département (Valanjou, Gesté, Saint Aubin du Pavoil…) ainsi qu’Arc-sur-Tille (Cote d’or), Dreuil-hamel dans la Somme et Lumbres, dans le Pas-de-Calais, la triste situation des églises de l’Aube

En mars 2007, nous avons reçu l’appui de l’Observatoire du patrimoine religieux tout juste créé par Béatrice de Andia qui a permis d’amplifier la campagne de presse.

La même année en septembre, les Journées Juridiques du Patrimoine, qui fêtaient leur dixième anniversaire au Sénat, consacraient une grande partie de leurs travaux aux menaces qui pèsent particulièrement sur les églises rurales, en mettant les pieds dans le plat : « L’Eglise catholique veut-elle encore de ses églises ? »

Face à cette campagne de presse nourrie par des centaines d’articles, de reportages et d’émissions télévisées, les pouvoirs publics, ont du bouger (un peu). En 2008, Christine Albanel, ministre de la Culture, demanda au Comité du Patrimoine Cultuel, présidé par Bruno Foucart, éminent professeur d’histoire de l’art à la Sorbonne, l’organisation d’un colloque sur L’avenir de nos églises urbaines et rurales. Il s’est tenu les 26 et 27 juin 2008 au palais de Chaillot. Un colloque interessant car il réunissait pour la première de nombreux acteurs, mais où finalement le déni a prévalu, laissant une parole officielle désireuse de nous persuader que

  1. Saint Georges des Gardes ne pouvait être sauvée ;
  2. on ne pouvait pas sauver toutes les églises;
  3. les églises menacées se comptaient sur les doigts d’une main…

De cette discussion un peu amère, me sont venues quelques résolutions :

  1. Encourager l’Observatoire du patrimoine religieux à tenir son objectif de recenser le nombre d’églises en France;
  2. Tenir le compte aussi précis que possible des églises en danger en France et des églises détruites, afin de savoir de quoi réellement nous parlions;
  3. Permettre par différents moyens la valorisation de nos églises rurales (guide, nuit des églises, et un SOS diagnostique)

Après ce bref rappel historique , voici le plan de mon intervention

  • I) De quoi parlons-nous précisément ? De la difficulté de connaître le nombre d’églises en France et à fortiori leur état sanitaire
  • II) L’avenir des églises en France est un souci qui fait d’ate. Que retenir des précédentes campagnes médiatiques ?
  • III) Quel avenir envisager raisonnablement ? La question de la vente des églises.

 I) De la difficulté de connaître le nombre et l’état sanitaire précis des églises en France

Aussi curieux que cela puisse paraître aucune administration publique en France, ni aucune institution religieuse n’est en mesure de dire combien d’églises existent sur le territoire national. Ni le Ministère de l’intérieur et des cultes, ni le ministère de la culture, ni la Conférence des évêques de France. Il n’est pas certain que tous les diocèses sachent même combien ils comptent et desservent d’églises et chapelles.

Dans le diocèse d’Angoulême par exemple : « On compterait près de 400 églises, une quinzaine d’abbayes, sans compter les prieurés et les chapelles, mais un recensement des lieux de cultes, actuellement en cours dans le département, permettra d’en connaître prochainement le nombre exact. » (Source PeB février 2008)

Vrais et faux chiffres : extrapolations et manipulations

Des chiffres estimant notre patrimoine religieux circulent de 40 000 à 100 000  édifices en passant par 60 000….

Que disent aujourd’hui les recensements à l’œuvre ? Quatre  recensements sont en cours. Au 25 septembre 2013 nous comptions :

  • L‘Observatoire du patrimoine religieux recense 48 552 édifices cultuels en France dont 44 976  églises et chapelles catholiques  sur 57 départements (42 865 en mai 2011), 1602 temples protestants et 102 églises orthodoxes ;
  • Clochers de France recense 47 223 églises et chapelles sur 33 426 communes (36 040 sur 25 585 communes en mai 2011)
  • 40 000 clochers recense 43 451 églises ( 35 276 en mai 2011)
  • La base mérimée, établie par les services de l’Inventaire du ministère de la Culture, propose une liste de 25 910 églises, chapelles et temples d’intérêt patrimonial (25 424 en mai 2011)

Le cas des églises menacées

Là aussi les chiffres sont à manier avec précaution. Car à vouloir trop bien faire, certains vont trop loin. Certains en évoquant des milliers d’églises danger font dire à un rapport du Sénat ce qu’il ne dit pas :

« Dans un document finalisé en janvier 2003, la Direction de l’architecture et du patrimoine (DAPA) a mis en lumière « l’état sanitaire » préoccupant des monuments historiques, et en particulier des monuments classés. Elle évalue à 20 % la proportion de ces monuments qui seraient en situation de péril, soit environ 2 800 sur un total de 15 000.

Suivant ces estimations, les édifices en grande difficulté appartiennent, dans leur grande majorité, à des communes de moins de 2 000 habitants qui, à de rares exceptions près, ne disposent pas de ressources suffisantes pour financer les investissements nécessaires, sans l’aide de l’Etat ou d’autres collectivités publiques.   (Source : http://www.senat.fr/rap/r06-038/r06-0383.html#toc28) :

Un récent communiqué de presse de l’OPR, au titre inquiétant « Combien d’églises détruites dans 20 ans ?« , a eu un grand retentissement dans la pesse. Sa réponse à la question était  :

« La seule incertitude reste désormais de savoir combien de monuments religieux seront détruits ou abandonnés d’ici à 20 ans, sachant que, sauf mobilisation majeure des Français, près de 5 à 10 % de cet ensemble monumental pourrait avoir disparu horizon 2030, soit entre 5 et 10 000 édifices ! « 

une extrapolation étabblie sur une base de 100 000 édifices religieus (qui n’est pas établit par son propre recensement) et dont je ne comprends toujours pas la méthode de calcul. Cette estimation, sans r&el fondement, a encore été récemment citée dans un article du Figaro en janvier 2013.

Plus raisonnable, Alain Guinberteau, 40 000clohers.com, évoque 400 édifices environ en péril en France. Estimation que pour ma part je rejoins plus volontiers. En effet, selon ma comptabilité laborieuse (Liste validée au 9 octobre 2013, publiée le 11 octobre 2013 sur ce blog) :

  • 267 églises menacées (dont 17 à Paris) dont 27 nouvelles ont été signalées depuis le 1er janvier 2013
  • 19 églises récemment démolies depuis l’an 2000 figurent dans cette liste dont 5 ont été rasées en 2013

Ces églises me sont connues par la revue de presse quasi quotidienne de la PQR, (elle a aussi ses lacunes) et des internautes qui me signalent les éfifices menacés qu’ils connaissent.

La difficulté de cette collecte d’information vient sans doute du fait que peu de propriétaires publics ou privés se vantent de posséder ou d’avoir la responsabilité d’une église en péril ou mal entretenue et que, dans le pire des cas, les responsables préfèrent miser sur le pourrissement de l’édifice avant d’avoir à déclarer sa mise en périlet l’abbatre par nécessité et sécurité !

Dieu merci, pour empêcher de ruiner et démolir en rond,  il existe en bien des lieux des associations de défense qui naissent et se mobilisent en faveur d’une église en danger.

Cela étant dit, il faut constamment rappeler que notre pays avec toutes ses forces vives, communes, Etat, mécènes (sauvegarde de l’art Français, fondation du patrimoine et quelques autres dans un moindre mesure) et associations de sauvegarde, n’a jamais autant restauré d’église que depuis les années 80.

II) Ce que disent les grandes campagnes en faveur des églises

La campagne de presse sur les menaces qui pèsent sur nos édifices religieux ne faiblit pas depuis 2007. Il ne se passe pas un mois, sans que plusieurs journaliste ne me contacte pour lui donner  un état des lieux de la situation ou un contact pour un reportage sur le terrain.

Il est vrai que l’actualité favorise régulièrement, hélas ! les intérêts journalistiques (Abbeville au printemps, Gesté cet été). Cas qui ont eux même  essaimé d’autres articles lors des journées du patrimoine en septembre. Octobre poursuit cette lancée. Lundi 14 octobre 2013, je serai à ce titre le grand témoin de la matinale de Radio Notre-Dame sur ce sujet précis.

Mais cette campagne médiatique n’est pas la première. Deux autres l’ont précédé au cours du XXe siècle avec la mêm virulence, si ne n’est plus

La grande pitié des églises de France

Celle menée à partir de 1910 par Maurice Barrès, écrivain, éditorialiste et député :

  • Une campagne politique qui visait au-delà des clivages partisans à accoucher d’une loi (Barrès obtient notamment l’appui du socialiste Marcel Sembat dans son combat pour sauver les églises de France). la loi de 1913 sur la protection des monuments historiques en est l’un des fruits, même si Barrès regrettera que la protection ne soit pas étendue à toutes les églises : «  …Je vous demande la sauvegarde de toutes les églises, pour celles qui sont laides, dédaignées, qui ne rapportent rien aux chemins de fer, qui ne font pas vivre les aubergistes… (…) Enfin, je viens parler en faveur des églises qui n’ont pour elles que d’êtres des lieux de vie spirituelle. » (…) « Il n’y en a pas de laides pour un homme qui a du goût, pour un Français qui a de l’âme.»
  • Une campagne médiatique aussi menée à partir d’un reportage photo de 40 églises menacées, Publié dans la presse et affichée au parlement.
  • Soutenu par un livre La grande pitié des églises de France en 1913, réédité jusqu’en 1925.

« J’ai relevé 1200 églises… Je suis loin d’avoir connu tous les cas, toute l’étendue du désastre. » écrit-il notamment. puis plus loin dans les notes :  » « Combien d ‘églises en France ? personne n’est à même de nous le dire. M. de Chènevières avait commencé à dresser un inventaire… »

De ce livre dont j’encourage  la lecture je vous livre cette perle parmi d’autres :

« c’est pour moi que je me bats. Une église dans le paysage améliore la qualité de l’air que je respire. Chacun de nous trouve dans l’église son maximum de rendement d’âme. Je défends les églises au nom de la vie intérieure de chacun. « 

Pierre de Lagarde et ses chefs d’œuvre en péril

Pierre de Lagarde, historien, produit et réalisé l’émission Chefs-d’œuvre en péril, diffusée de 1962 à 1993 à la radio puis à la télévision française. De 1963 à 1975 son émission lui a permis de sauver de la ruine plus de cent-cinquante monuments dont beaucoup d’églises.

Son action est largement relayée par la presse comme en témoigne un numéro de Connaissance des arts que j’ai retrouvé et qui publiait en 1971 publie un dossier consacré à la question avec des titres explicites :

  • 1) L’ABANDON Des églises agonisent parce que les campagnes se dépeuplent et les villes se transforment, le culte évolue Même vides et isolées, il faut les conserver; la campagne attirera de plus en plus de citadins qui ont besoin de calme et de détente. Extrait : « Dans le Pas ce Calais, la fermeture progressive des houillères entraîne la mise en vente de 55 églises leur appartenant. L’inévitable exode de population incite peu l’église à racheter ces édifices. Pourtant tout espoir n’est pas perdu. Une enquête effectuée en 1969 a démontré que les Français restaient dans leur majorité très attachés à leurs églises… »
  • 2) L’ABSENTEISME Le nombre des fidèles diminue et beaucoup trop souvent l’entretien de la « maison de Dieu » est négligé Il faut attirer les gens pour qu’ils portent intérêt à l’église; des solutions : y organiser des concerts et des spectacles son et lumière. Extrait :  » Ces initiatives nouvelles (concerts NDLR) se justifient, semble-t-il, doublement. Sociales, elles intègrent davantage l’édifice à la vie de la Cité. Financières, elles permettent d’affecter les recettes de certaines manifestations à sa sauvegarde. Par exemple, les concerts donnés à la cathédrale de Chartres ont permis d’achever la restauration des grandes orgues inaugurées le mois dernier…
  • 3) LE MANQUE DE SOIN Souvent faute d’argent et de goût les églises se dégradent, faute de protection on les dévalise Il faut entretenir les églises, engager des gardiens, sceller les statues, constituer des « trésors » efficacement protégés, bien présentés. Extrait : « Des vols aussi bien dans les campagnes que dans les villes se multiplient de façon inquiétante. Ils sont vraisemblablement organisés par des bandes spécialisées. On ne retrouve pratiquement jamais rien, pas même des oeuvres aussi connues et invendables que le bas-relief de Saint-Denis (sans doute fondu), et que le tableau de Carle van Loo dérobé l’an dernier dans l’église Saint-Merri. les groupes et les statues naïves, pleines de charme, qui peuplent tant de petites églises rurales, disparaissent à une cadence accélérée… »
  • 4) LE REMPLOI Spacieux, bien des édifices religieux ont depuis la Révolution fait du « service laïc », souvent au péril de leur vie Il faut leur trouver des affectations qui n’attentent pas aux lieux : musée (bien sûr), hôtel de ville, salle des fêtes, bibliothèque, etc… Extrait : « On peut envisager la transformation de certaines églises et chapelles désaffectées en bibliothèque (modèle du genre, celle des Arts et Métiers, à Paris), en mairie comme à Souillac (Lot) et même (…) en syndicat d’initiative, en bureaux de poste, en banque, en foyers ruraux… Tout mieux que la destruction. »

Action de sensiblilisation également relayée aussi par un livre aussi qui fit du bruit :

« églises en ruine, Eglise en péril », par Michel de Saint-Pierre (Plon 1973). Un ouvrage polémique et idéologique, mais servi par une belle plume et qui a le mérite de traiter de cas concrets, avec un cahier iconographique présentant des églises qui ont aujourd’hui disparues (Puteaux, Courbevoie), mais d’autres qui ont connu une résurrection depyuis lédition de l’ouvrage et qui contredisent en partie la thèse de l’auteur : Je pense à la résurrection de l’abbaye de Sylvanès, par exemple en Aveyron, dénoncée par l’auteur comme à l’abandon à l’époque (ce qui était vrai) mais qui est devenue depuis un centre rayonnant du renouveau liturgique, sous l’impulsion du dominicain André Gouze

L’émission de Pierre de Lagarde a le grand mérite d’avoir sensibilisé plusiers gégérations de France à la question de la sauvegarde du patrimoine. Les Journées du patrimoine créées par Jacques Lang en 1983, lui doivent beaucoup.

On remarquera grâce notamment aux archives vidéos de l’Ina, que la question des ventes d’églises se posait déjà dans les années 70 :

III) Quel avenir pour les églises menacées et la question de la vente des églises

Certes il existe des critères objectifs, déjà soulevés en 1970, qui menacent les églises rurales :

  • La désertification des campagnes, même si on observe un retour des habitants dans les campagnes péri-urbaines;
  • L’abandon de la pratique religieuse (273 000 baptêmes d’enfants de moins de 7 ans en 2011 sur une moyenne de 800 000 naissances vivantes en moyenne par an);
  • L’impécuniosité des pouvoirs publiques et de l’Eglise catholique;

Malgré cela on doit pouvoir conserver nos églises si on le veut, et pour cela je preconise une réflexion en trois temps

  1. L’affectataire doit ouvrir l’église et la faire vivre, et pas seulement le temps d’une messe. il existe beaucoup de manière de présenter le message chrétien, la culture en est un… (Cf la Nuit des Eglises)
  2. Si la communauté chrétienne ne peut à elle seule faire vivre l’église, peut-on en partager l’espace (CF les églises -espaces communautaires au Québec)
  3.  Si rien n’est possible, peut-on vendre et réaffecter l’édifice ?

La question de la vente des églises

La vente d’églises est phénomène connu en France depuis la révolution française (les Biens du clergé) qui a permis dans certains cas leur sauvegarde (abbaye de Noirlac, de Fontenoy…) et bien d’autres grâce à une réaffectation, ou à leur destruction pure et simple ainsi l’abbatiale majestueuse de Cluny.

Depuis quelques années, moins de dix ans en France le phénomène revient sur sa scène du marché immobilier avec suffisamment d’insistante pour que l’on s’intéresse au sujet. Sujet qui devient « un marronnier » dans le jargon de la presse. Vandœuvre-les-Nancy et Vierzon ont défrayé la chronique.

Lire aussi  Le Monde des religions et la vente des églises

Dans un article du Figaro du 31 janvier 2013 ont pouvait lire les choses suivantes :

Selon Patrice Besse :  » En ce moment, j’ai cinq églises à vendre». (…), «les diocèses céderont un quart à la moitié de leurs églises d’ici à 20 ans». Quant aux mairies, elles devraient vendre 5% de leurs biens, soit plus de 2000 monuments, en seulement cinq ans.

Dans le même article L’OPR avançait que : «Faute de pouvoir les entretenir, les mairies et les diocèses n’hésitent plus à vendre leurs églises.» Selon lui, 10 à 20 seraient ainsi cédées chaque année.

Ma réponse était alors la suivante : Ventes d’églises en France Qui connaît les vrais chiffres ?

Selon une photographie des ventes sur interent que j’ai prise en février 2013 , je comptais alors 43 églises et chapelles (ou anciennes églises et anciennes chapelles)  à vendre dont

  • 3 églises et chapelles appartenant à des communes ou collectivités territoriales
  • 6 églises et chapelles appartenant à des diocèses
  • 1 églises et chapelles appartenant aux congrégations religieuses

Les 32 autres appartenant à des propriétaires privés dont 14 étaient dans un état proche de leur origine cultuelle et 18 transformées en habitation ou autre.

Pour ma part et après enquête, je constate que la vente d’église n’est pas aisée Ce type de bien restent souvent plusieurs années sur le marché avant de trouver acquéreur.

Acheter une église pour en faire quoi ? la question de la réaffectation

On trouve des hôtels  à Nantes, des restaurants à Angers, le projet immobilier abside à Tourkoing a été abandonné, mais celui de logements sociaux à Aulnoyes-Emmeries est en cours. Un musicien a acheté une grande église art déco à Saint Quentin. Une église de Roubaix récemment acquise  abrite désormais l’atelier d’un charpentier. D’autres sont devenues des magasins de mode, de vente pour Emmaüs, des médiathèques, des bibliothèques, des salles de concert….

Le sujet n’est pas simple en 2008 en Allemagne selon Libération du 5 mai 2008 , sous la plume de Nathalie Versieux :

L’Allemagne déconcertée par la seconde vie de ses églises.. » (…) que faire de ces églises devenues inutiles depuis que les fidèles ont cessé de les fréquenter ? En dix-sept ans, 20 des 2 000 églises protestantes et 20 des 200 églises catholiques de Berlin ont fermé. Le bilan est plus lourd encore dans la Ruhr (32 fermetures d’églises protestantes depuis 1985, dont 22 pour la seule année 2005), à Hambourg (les deux tiers des églises doivent fermer dans les années à venir) et en ex-RDA. »

On peut également lire plus loin que « Confrontées à la chute de leurs recettes, elles ne peuvent plus faire face à l’entretien des 20 000 églises protestantes et 60 000 églises catholiques classées que compte le pays. »

Lire l’intégralité du reportage sur Libération.fr

L’émoi est grand chez les Allemands, chrétiens ou d’origine chrétienne, qui voient des églises à Berlin devenir des mosquées, ou ailleurs des banques ou des restaurants…

Les autorités religieuses semblent aujourd’hui plus prudentes et plus vigilantes quant à la destination des églises désaffectées. Mais le problème reste entier. Certains pensent même qu’il vaille mieux raser une église non classée que de la voir transformée en discothèque ou en mosquée…

« Face à l’urgence, les évêques allemands se sont mis d’accord sur un code de bonne conduite : la destruction d’une église ne peut être envisagée qu’en dernier recours. La vente d’un édifice à une autre confession est proscrite. Les églises inutilisées sont de fait de plus en plus souvent barricadées dans l’attente de jours meilleurs, où elles seront de nouveau utilisées par les fidèles de demain… »

Sur ce sujet on écoutera avec intérêt « Comment vendre une église en France ? par Patrice Besse, agent immobilier, spécialiste des ventes d’églises en France.

Mon avis est que tout est possible  si le « respect du lieu » est maintenu. Mieux vaut un changement d’emploi que la démolition.

C’est ainsi que le Mont-Saint-Michel, haut-lieu spirituel  a pu redevenir une abbaye et ne pas connaitre le sort d’un autre autre lieu spirituel phare de l’occident,  l’abbatiale majestueuse Cluny aujourd’hui ruinée.

On peut en dire de même pour d’autres églises rendues au culte  :  Sylvanès, Lumbres, Arc-sur-tille et tant d’autres.

Lundi 14 octobre 2013

3 réponses pour “Eglises menacées : Chiffres et réalités”

  1. Redigé par Comité Laennec-Turgot:

    Benoit de Sagazan un grand merci pour votre excellent article, ce n’est pas aisé, évident de répertorier ainsi l’état de ces églises, chapelles en péril. Les associations qui œuvrent pour que ces monuments sacrés ne soient pas démolis devraient se regrouper, me semble-t-il, recouper leurs sources et clarifier le tout, fédérer ce mouvement ne pourra que l’amplifier, nous, nous le savons, que l’union fait la force.

  2. Redigé par jean Omnès:

    Bonjour
    J’ai recensé pour le pays des Vallées des Gaves (Cantons de Lourdes, Aucun, Argelès-Gazost, Luz-Saint-Sauveur dans les Hautes-Pyrénées pratiquement la grande majorité de ses églises et chapelles. Je peux vous informer que la plupart ont été restaurées, aussi bien les extérieurs que les intérieurs qui possèdent souvent un beau retable baroque. Si certaines attendent encore une restauration, peu sont en délabrement avancé. Il est un fait que nombreuses, sont celles d’origine romane, elles représentent pour ces régions un de leurs trop rares patrimoines bâtis.
    Dans le site http://www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr , allez à dossier patrimoine architectural.

  3. Redigé par Benoît de Sagazan:

    Merci de ces bonnes nouvelles !

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