Pétition contre la désacralisation de Sainte Catherine de Bruxelles

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BELGIQUE

l'église sainte Catherine à Bruxelles en 1900 (sur Wikipedia)Reçu ce message de Véronique Hargot-Deltenre qui se se bat contre la désacralisation de l’église Sainte Catherine à Bruxelles. L’occasion pour moi de dire tout le bien que je pense de son ouvrage :

Message reçu : 

 » Déjà 8.600 signatures: aidez-nous à en récolter 10.000 avant le 12 mai!
Merci à tous ceux qui pourront signer notre pétition « Non à la désacralisation de l’église Sainte-Catherine » de Bruxelles. Cette église est une des plus grandes églises historiques de Bruxelles, cumulant mille atouts en termes pastoraux. Rien ne justifie sa désacralisation et réaffectation. Votre soutien nous est important pour que nous puissions empêcher l’irrémédiable. D’avance, merci!

Signer la pétition en cliquant sur le lien suivant : http://www.eglisesaintecatherinebruxelles.be/  »

 Inspirée d’églises françaises du XVIe siècle, selon la notice de wikipédia, telle l’église Saint-Eustache près des Halles de Paris – l’église Sainte-Catherine présente une architecture hybride, entre des formes gothiques et une décoration baroque.

Ne désacralisons pas nos églises ! par Véronique Hargot-Deltenre

image008.png  Véronique Hargot-Deltenre se présente comme une chrétienne (théologienne) engagée en politique dans l’action municipale  à Bruxelles, comme l’explique en détail sur son site personnel.

Un de ses combats est la mobilisation forte de paroissiens, « les amis de l’église sainte Catherine » de Bruxelles  contre le projet de sa désacralisation puis de sa transformation en marché couvert.

Outre le récit de la mobilisation de chrétiens contre la désacralisation de leur église (fait pas si fréquent que cela), son essai présente à mon sens deux intérêts majeurs : le premier est la réponse donnée aux arguments avancés par ceux qui souhaitent la désaffectation (comme par ceux qui en France préconisent une démolition) ; la seconde est appel et une réflexion forte apte à réveiller les consciences chrétiennes sur la nécessité de faire vivre leur église.

Les arguments nous les connaissons : nos églises seraient trop nombreuses, trop concentrées, trop peu fréquentées, trop chères pour la collectivité, surdimensionnées par rapport à la baisse de la pratique religieuses et au nombre déclinant de prêtres… et que dire de ce christianisme appelé à disparaître ou du souhait exprimé par certains clercs d’une Eglise qui abandonnerait ses représentations trop ostentatoires pour privilégier la discrétion, enfouissement, l’image d’une pauvreté…

Les contre-arguments avancés par Véronique Hargot ne manquent pas non plus de force. Elle dénonce notamment l’absence de statistique sérieuses sur la fréquentation des églises durant les offices mais aussi hors des offices, que Bruxelles ne possède qu’une église pour 10 000 habitant (est-ce trop ?), que certes elles sont plus nombreuses en centre-ville mais n’est-ce pas là que concentre le plus de population ?

J’ai goûté particulièrement cette réflexion à propos de la « surdimension » des églises au regard du nombre de fidèle. « les places vides dans nos églises, observe l’auteur, doivent stimuler notre évangélisation. si l’option pastorale est de concentrer un petit reste dans des espaces toujours plus limités et réduits, pourquoi inviter ceux qui sont au loin, car il n’y aura vite plus de place pour les accueillir ! (…) est-ce nos églises qui sont surdimensionnées ou nos unités pastorales, privées peu à peu de leurs églises ? »

Je la rejoins également quand évoque les églises comme à patrimoine à valoriser, accueillant à tous, au priant comme au touriste. Y compris quand elle note que cette vie (culturelle et touristique) doit surgir et s’articuler autour de la vie spirituelle de nos églises et non la supplanter ».

Mais là où je la trouve particulièrement convaincante et interpellante c’est quand elle exhorte les chrétiens à revitaliser leurs églises, comme en témoigne ce vibrant appel :

« Faut-il continuer à fermer nos églises ou faut-il les ouvrir davantage ? Les raréfier ou les démultiplier ? Les éteindre ou les rallumer ? Les réduire ou les revaloriser ? Qui peut prédire l’avenir proche et plus lointain : la soif de spiritualité, au terme d’un individualisme et d’un matérialisme desséchant n’ira-t-elle pas croissante ? En cas de menaces oud ‘épreuves à venir, ne verront-on pas des priants affluer davantage encore ?

Elles sont mortes ? A nous de leur donner vie ! Elles sont vides ? A nous de les remplir ! Elles sont f roides ? A nous de les réchauffer ! Trop lourdes à gérer ?regroupons nos forces ! Trop difficiles à animer ? Mettons en commun nos disponibilités respectives ! Trop chères ? Une plus-value pour la collectivité ! Il n’y a plus assez de prêtres ? Suffisamment pour nourrir les foules ! La foi n’est plus annoncées ? Laissons nos églises de pierre en parler. Elles tombent en ruines ? A nous de les rebâtir ! Elles sont un poids pour nos  communautés ? Et si elles étaient un catalyseur ? « 

Véronique Hargot-Deltenre, se mobilise fortement pour que Sainte Catherine conserve son usage cultuel, car elle craint à Bruxelles l’effet de domino. Crainte qui ne semble pas vaine, car selon RTL, « à Bruxelles, environ 30 églises pourraient subir de tels changements dans les 20 prochaines années ».

De son côté la ville de Bruxelles ne désarme pas. Elle a lancé  » Une boîte à idées pour l’église Sainte-Catherine », argumentant ainsi :

« La Ville veut sauvegarder ce bâtiment historique et lui trouver une nouvelle affectation. Les personnes intéressées peuvent répondre, pour le 12 mai 2014 au plus tard, à un appel à idées pour son nouvel aménagement et sa future exploitation. Les propositions doivent comporter une proposition générale, plus ou moins élaborée, pour l’affectation du lieu et une proposition d’aménagement intérieur de l’église et de ses différentes parties. L’objectif final de l’opération est d’offrir une seconde vie au bâtiment qui puisse contribuer à la dynamique du quartier, notamment en l’animant et en l’ouvrant au public. Le projet devra être d’une grande qualité architecturale qui assure la pérennité et la mise en valeur des caractéristiques patrimoniales du lieu par la conservation de ses éléments architecturaux… » »

(En savoir plus sur « la boite à idée« )

 Où se procurer l’ouvrage Ne désacralisons pas nos églises !

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Olivia van Hoegaerden
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Olivia van Hoegaerden

Dieu n’existe pas, sinon dans le cœur des hommes. Transformer cette église en lieu d’accueil pour les sans abris (réfectoire, douches, dortoir,lieu d’échange et dons de vêtements, coopérative pour petits budgets et pourquoi pas, un petit lieu de culte pour ceux qui y tiennent) ne serait-il pas la marque de la vraie charité qu’elle soit chrétienne ou non ?

bernadette
Invité
bernadette

Désacraliser une église est en accord avec notre société de profanation et de violence.Tout doit etre fait pour que le respect et la piété (douceur) reste dans le coeur de l’homme. Merci Mme Hargot et les autres chrétiens « non honteux ».

Pascal de Roubaix
Invité

SAINTE CATHERINE : les marchands pourraient sauver le temple ! Comme simple catholique mais aussi comme ancien président de la Fabrique d’église de la Sainte Famille à Schaerbeek, je voudrais donner mon avis au sujet de la désacralisation en projet concernant l’église Sainte Catherine. Quand j’étais président de Fabrique notre conseil a pris conscience que nous n’avions plus les moyens d’entretenir seuls notre église devenue bien trop grande pour le nombre de pratiquants plus ou moins réguliers. Responsable de cet édifice destiné au culte, j’ai poussé mes collègues à prendre conscience de ce fait. Et aussi à réaliser que tôt… Lire la suite »