Et si nous n’avions pas trop d’églises en France ? Partie 1Article pouvant être lu en 3 minute(s) (hors éléments audio ou vidéo)

Pas assez de cultes = trop d’églises ? Partie 1

Comme annoncé dans mon commentaire sur Sablé-sur-Sarthe démolit une chapelle pour créer un parking de 15 places, je voudrais livrer ici l’état de ma réflexion sur l’avenir de nos églises.

(c) BS Pour Patrimoine-en-blog

 Et si nous n’avions pas trop d’églises ? (c) BS Pour Patrimoine-en-blog

Mon premier propos est de renverser une équation pernicieuse qui semble s’imposer à tous comme une évidence mais qui selon moi relève du sophisme.

L’équation que je conteste est celle-ci : moins de prêtres + baisse de la pratique religieuse dominicale = trop d’églises.

L’accepter, c’est légitimer l’abandon des églises et des chapelles qui donnent à notre pays des paysages uniques, ne sélectionner que celles qui esthétiquement serait « muséables » ou « collectionables ». L’accepter c’est devenir fataliste quand l’une ou l’autre sont démolies.

Je ne nie pas le manque de prêtres ni la chute de la pratique religieuse le dimanche.

Et pourtant si le problème ne venait pas ni du manque de prêtres ni de la chute de la pratique religieuse dominicale, mais davantage d’un oubli collectif : nous ne saurions plus faire vivre nos églises et nos chapelles !

Et pourquoi aurions-nous oublié cela ? J’y vois deux raisons principales, l’une qui serait plus récente et une autre plus ancienne.

La première est que dans un passé récent (avant 1968 pour faire simple), nous pouvions compter sur suffisamment de prêtres pour faire vivre nos clochers, sans avoir à se poser de véritables questions sur ces derniers (encore que la question du patrimoine religieux n’est pas nouvelle)… Beaucoup d’entre nous ont encore le souvenir dans leur jeunesse d’une vie paroissiale intense, y compris dans le monde rural.

La seconde est que, depuis le concile de Trente (1545-1563), l’église s’est peu à peu fortement sanctuarisée autour de la seule Eucharistie. Sans contester l’importance suprême de ce sacrement, et même si j’ai conscience de quelque peu grossir le trait, il est progressivement apparut aux clercs comme aux fidèles que « la messe seule » suffisait à justifier et à faire vivre une église. Plus de messe, plus d’église ?

Mon propos est nous aider collectivement à prendre conscience qu’il existe différentes manières de faire vivre une église sans dénaturer la raison fondamentale de son édification.

Dans mes prochaines notes, j’aborderai d’autres aspects de la question :

  1. Et si nous n’avions pas trop d’églises;
  2. la charge symbolique exceptionnelle des édifices religieux ;
  3. les conditions humaines de leur vie et de leur avenir ;
  4. le rôle que les églises et chapelles jouent en terme de communion et de mission (à l’attention des chrétiens), de cohésion sociale et de création de lien social (à l’attention des non-religieux) ;
  5. les trois champs à explorer pour maintenir une vie chrétienne dans les églises et les chapelles, y compris quand le manque de prêtres de fait sentir ;
  6. les conditions et les réflexions à entreprendre quand l’avenir cultuel et religieux d’un édifice de culte ne semble plus envisageable…

J’espère que ces propos permettront de voir autrement nos églises et donneront l’envie de les faire vivre pleinement au profit de tous.

A bientôt

Vos commentaires sont les bienvenus

Benoît de Sagazan

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